Choix

ROUGE OU BLEU ?

10 juillet 2019

Samedi dernier, alors je rentrais en voiture d’une escapade au Lac d’Aiguebelette afin de faire du Kayak, je me suis permis d’allumer la radio.

Il faut dire, qu’en temps normal, jamais je n’allume la radio, ni ne regarde la télévision.

Les banalités dont on nous abreuve via ces médias, non pas par choix personnels, mais par défaut, pour nous abrutir, très peu pour moi.

Mais il m’arrive, de temps en temps, d’allumer la radio quand j’ai des trajets assez longs à faire, écoutant plutôt des Podcast quand je mange ou que j’essaie de faire ma marche quotidienne pour me détendre après avoir « trop » travaillé.

Vous ne devinerez jamais ce que j’ai entendu.

Il semblerait que j’ai fait « Le bon choix » en écoutant la radio.

Ce n’est pas moi qui le dit mais le présentateur : « Vous avez fait le bon choix »…

Alors je me suis demandé si vraiment, des gens croyaient à ces bobards.

Si des personnes étaient heureuses d’être prises pour des nigauds, à se faire rassurer d’avoir allumé la radio pour entendre de telles conneries.

Si c’est ça, un « bon choix », alors, je vous le dis mais on est mort ! 😀

Il y a deux jours, l’un de mes élèves, Fred, qui s’entraîne dans ma salle qu’est le SuperPhysique Gym, me disait alors que nous discutions de son alimentation actuelle pour perdre du poids que suivre une diète était facile en soi mais que le problème était les autres.

Même constat du côté de mon élève Boutch avec qui nous publions notre Web-série Start une fois par mois sur ma chaîne Youtube.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’une des premières vidéos de ma Formation SuperPhysique apprend à déterminer ses objectifs.

Parce que j’ai la fâcheuse impression, qu’aujourd’hui, de moins en moins personnes sont vraiment décidées, arrivent à faire des choix.

Ce à quoi, j’assiste le plus souvent, ce sont des envies qui ne sont pas soutenues par des actions.

Des rêves qui n’en sont pas vraiment parce que l’on est influençable, parce que l’on n’a pas pris le temps en amont de se poser et de décider de ce qui était vraiment important pour soi.

Alors on voit des gens qui ne décident jamais de rien, qui sont passifs dans leurs vies, qui n’ont pas d’entrain, pour rien.

Qui laissent le temps passer en attendant que quelque chose se passe comme si cela allait tomber du ciel.

Je vois des gens qui commencent une activité parce que c’est la mode et qui abandonnent quand ils se rendent compte que si l’on ne s’y investit pas, on ne peut avoir de résultats.

Il y a, pour moi, une constante claire que j’ai retrouvée dans presque chacune des auto-biographies et biographies que j’ai lues (Le résumé de celles-ci se trouvent dans le LeaderBook), c’est celle de s’accorder du temps seul, loin de tout, loin de toutes notifications, de toutes distractions afin de savoir ce dont on a vraiment envie de faire dans la vie, dans sa vie.

Si on est constamment à courir, à court de temps et que l’on ne se pose jamais seul avec soi-même, en s’introspectant, je comprends que l’on puisse ressentir le besoin d’être rassuré par quelqu’un qui ne vous connaît pas le moins du monde (le présentateur radio) et qui vous dit que vous avez fait le bon choix.

C’est un trait de psychologie souvent utilisé en vente d’ailleurs et très bien expliqué dans le livre de Robert Cialdini « Influence et Manipulation ».

Donnez un trait de caractère à quelqu’un et le comparer à ceux qui achètent un produit augmente les chances de ventes.

Par exemple, si je vous dis que vous avez vraiment du potentiel et que tout ceux qui ont acheté le LeaderBook ont réussi à exploiter le leur après sa lecture, cela donne envie de passer à l’action, du moins plus que si je ne vous avais rien dit.

Pourtant, tout cela n’est que foutaise et manipulation.

Dans la réalité, vous ne devriez pas avoir besoin d’être rassuré sur ce que vous faites, sur qui vous êtes.

Vous n’avez pas besoin de vous entendre dire que c’est bien, que vous avez fait le bon choix.

Vous n’avez pas besoin d’entendre de faux compliments, de vous entendre dire que vous êtes une bonne personne, que vous avez bon fond… Personne n’en sait fichtrement rien.

Ce dont vous avez besoin, c’est avant tout de déterminer ce qui compte pour vous, vos objectifs, de vous connaître.

On cherche tous, à tord, je le crois, à être rassuré, à savoir que l’on est sur le bon chemin, à fuir l’incertitude.

J’en ai encore eu la preuve concrète la semaine dernière sur les Forums SuperPhysique où un jeune souhaitait planifier sa progression sur un an tout en comprenant que cela était impossible mais il en avait besoin pour être rassuré, pour se dire qu’il avait la certitude de progresser autant.

Bien que je milite pour la planification, pour faire des plans, je sais aussi d’expérience que les plans ne sont qu’une trame à suivre et qu’ils doivent être adaptés et modifiés en fonction des résultats.

Par exemple, en musculation, on modifie ce que l’on appelle ces cycles de progression en fonction des difficultés rencontrées lors de la précédente séance.

C’est de cette difficulté que l’on planifie ce que l’on va faire à la séance suivante.

Ainsi, ce n’est jamais aussi déterminé que ce que l’on pense, surtout quand on débute ou semi-débute en musculation et que l’on n’a pas encore de vrais records, qu’on ne sait pas de quoi on est capable.

Après, avec l’expérience, à force de « réussir », de progresser, on peut planifier sa progression sur plusieurs semaines, parfois plusieurs mois sans se « tromper », presque avec certitudes sauf imprévu.

Je prends l’exemple de la musculation mais c’est la même chose quelque soit le projet que j’entreprends.

J’ai un plan global, une vision comme dirait Bob Bowman dans son livre que je relis actuellement « Les règles d’or de l’excellence » et j’essaie de faire du mieux que je peux à chaque étape, tout en sachant d’avance qu’il y aura des imprévus, des choses qui ne se passeront pas comme prévu.

C’est pourquoi je suis convaincu que la question du choix est primordial dans un monde qui ne veut pas nous le laisser, qui veut nous imposer sa dictature, sa façon de penser, sa façon de consommer.

Qui veut que l’on ait un comportement grégaire.

C’est d’ailleurs une façon de manipuler expliqué dans livre de Robert Cialdini, celui de dire que tout le monde fait ci ou ca.

Parce que pour la majorité des gens, si tout le monde dit que c’est noir, c’est que c’est noir. Il n’y a pas de débat possible.

Une foule ne se tromperait pas ?

C’est pourquoi je pars toujours du postulat inverse, parce que j’ai cet esprit de contradiction et que je me dis : Si tout le monde dit la même chose, c’est louche. Il y a forcément anguille sous roche.

Et à n’importe quel niveau, c’est ce que vous devez faire.

Vous devez comprendre que rien n’est jamais sur dans ce monde et que vous devez, malgré tout, faire des choix.

Oui, vous vous tromperez peut être mais celui qui ne se trompe jamais est celui qui ne fait rien.

J’ose croire qu’on ne se trompe pas en faisant des choix.

On se trompe justement en n’en faisant pas, en se faisant porter la vie, par le temps.

J’ose penser que l’action, la décision ne se regrette pas, que l’on regrette toujours ce que l’on ne fait pas, ce que l’on ne décide pas de nous-même.

A l’instar du titre volé à Matrix au moment où Néo doit faire un choix dangereux, un choix sans certitude, il ne se passera rien dans votre vie si vous ne faites pas de choix.

Si vous ne décidez pas vous même de ce dont vous avez besoin, alors on décidera pour vous.

Et si on décide pour vous, ce n’est plus votre vie.

Vous ne profiterez pas de la chance d’être ici et maintenant.

Vous serez influençable, vous vivrez comme un mouton dans un troupeau et vous regretterez de ne pas avoir fait certains choix.

Vous ferez peut être de la musculation parce que j’en fais, parce que c’est à la mode mais pas parce que l’activité en elle-même vous fait plaisir.

Vous ferez peut être un site parce que vous vous dites que l’on peut vivre de son site sur internet, « tout le monde le dit ».

Mais vous, que voulez-vous exactement ?

Qu’avez-vous envie de faire ? De tester ?

Prenez une feuille, faites une liste.

Je suis sur que vous avez des vraies envies qui ne dépendent presque que de vous, que vous pouvez faire tout seul.

Pour l’anecdote, la dernière fois, je voulais apprendre à faire un site.

J’aurais pu comme beaucoup me dire que « je ne savais pas faire ». J’aurais pu déléguer la tâche, payer quelqu’un pour le faire.

Mais non, je me suis documenté, j’ai cherché et je l’ai finalement fait, même si ce n’est pas grand chose mais suffisant pour ce que j’avais envie de faire.

J’y ai passé des heures, plus que ce que je pensais mais je ne les aies pas vu passé.

L’important dans la vie, avant toute chose, c’est de savoir faire un choix.

Et je comprends que ce soit difficile parce que choisir, c’est renoncer à d’autres possibilités.

C’est fermer des portes, c’est dire au revoir à certains projets, à certaines personnes.

C’est choisir une autre voie, une autre vie, sa vie.

C’est accepter de prendre des risques.

Je connais des personnes qui ne font jamais de choix, qui veulent avoir le plus de possibilités possibles.

Mais avoir des possibilités sans les concrétiser, ça ne donne rien.

C’est seulement attendre en vain qu’un déclic se produise.

Mais maintenant, tout de suite, vous pouvez faire un choix.

Celui d’agir en connaissance de cause, de vous prendre en main et d’accepter que tout n’est qu’incertitude.

Qu’aujourd’hui, si vous ne choisissez pas, on choisira pour vous. On vous dira quoi faire, quand faire, comment faire.

Alors peut être que ce qui est difficile, c’est les autres.

Tout ceux qui vous influencent, tout ceux qui vous entourent mais si vous faites vraiment un choix, si vous faites vraiment quelque chose qui vous importe, que vous le décidez pour de vrai, alors je peux vous assurer que les autres ne seront pas un problème.

Même si on réussit mieux avec un entourage approprié, il n’en reste pas moins vrai que rien n’arrête celui qui est décidé, rien.

Effectivement, on peut avoir peur de faire le/les mauvais choix mais de mon expérience, il n’y a pas qu’un seul bon choix, il n’y a pas qu’un seul bon chemin comme le démontre les livres et interviews que j’écoute régulièrement en Podcasts.

Il n’y a seulement que votre choix.

Et celui-ci, je peux vous l’assurer, c’est le bon.

Alors que décidez-vous ?

Rouge ou Bleu ?

Leader pour vous-même ou mouton du monde ?

Rudy

Ps : Si cet article a de la valeur pour vous, merci de votre soutien.

5 réponses
  1. ABDELKADER GAALICHE
    ABDELKADER GAALICHE dit :

    très bon podcast comme d’habitude dans lequel je salue en toi ce souffle progressiste et cet esprit révolté qui incite toujours au non suivisme et qui encourage sans arrêt à faire confiance en soi /à ne pas dépendre des autres /à frayer son propre chemin entre les embûches et vaincre les difficultés par ses propres moyens /cesser d’être un mouton qui suit à la lettre ce qu’on lui dit et ce qu’on lui demande.Cependant il va sans dire que si on est contre le béni oui oui il faudrait qu’on échange avec les autres/écouter les avis et les opinions d’autrui d’ailleurs l’adage arabe dit deux opinions valent mieux qu’un mais la décision finale ne sera que la tienne.Un navire ne peut être commandé par deux personnes sinon il chavire.

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  2. Manocia
    Manocia dit :

    Dans l’audio « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un en face à face, one to one, qui était un gros connard ! » Ah Rudy ! Comme on l’entends dans « 100 000 dollars au soleil » le film de Michel Audiard : « Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent. » 😀😉

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    • Belinguier Jérôme
      Belinguier Jérôme dit :

      Tellement vrai…je pèse 70 kg. Autant te dire que des cons qui te prennent de haut parce qu’ils sont « costauds  » (en fait Gros cf superphysique PODCAST ) j’en ai rencontré quelques uns

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  3. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    Etre soi-même, c’est se faire exclure par certaines personnes, être comme les autres, c’est s’exclure soi-même.
    Jean Céré

    Ce n’est pas vrai que l’homme veut être libre. Ce que l’homme voudrait, c’est avoir les avantages de l’indépendance sans avoir aucun des devoirs et des duretés de la liberté. Jacques Ellul

    L’homme est un coopérateur et un imitateur-né, bien avant d’être un innovateur ; il a été sélectionné par la pression darwinienne pour ces facultés. Les sociétés archaïques se méfiaient des inventeurs, les considéraient comme des hérétiques. Ce qui comptait c’était de transmettre un fragile patrimoine culturel, avec des gestes répétitifs, des rites, des psalmodies… Vouloir fonder une société d’innovateurs est affreusement stupide : seule une infime partie de l’humanité est en capacité de réellement innover, les autres adoptent les nouveaux comportements par mimétisme.
    Philippe Bihouix

    A chaque fois que vous vous retrouvez à penser comme la majorité des gens, faites une pause, et réfléchissez.
    Mark Twain

    Ce qui a été cru par tous, et toujours, et partout, a toutes les chances d’être faux.
    Paul Valéry

    Ceux qui sont en mesure de voir au-delà des ombres et des mensonges de leur culture ne seront jamais compris et encore moins crus par les masses.
    Platon

    La vraie force intellectuelle, c’est d’échapper au groupe, aux influences. A tout déterminisme social.
    Anders Behring Breivik

    alors oui, nous sommes à raison des êtres grégaires, la question est de savoir si nous sommes loups ou moutons. les meutes de loup sont structurées comme une équipe de sport collectif ; tous suivent un capitaine (un couple même), celui qui veut prendre sa place doit soit lui passer dessus soit s’éloigner pour fonder sa propre meute, et à la chasse chacun tient son rôle, guide, rabatteur, assassin. en louant sciemment l’individu notre société produit des moutons si habilement convaincus d’être « libres » et pourtant si prompts à suivre le premier effet de mode qui passe que tous correspondent à un standard ou à un autre, et surtout sont tellement terrorisés dès qu’on propose une alternative que cela se solde souvent par des insultes : devenir végétarien, s’informer autrement, renoncer à la médication-business… ou édicter simplement ses propres règles de vie sont vécus comme un crime contre le groupe.
    tu dis deux choses fondamentales : choisir c’est renoncer au reste, or la maladie de notre temps est de vouloir tous les possibles, voire plus. je crois qu’il n’en est pas de meilleur exemple que les parisiens, qui ne savent pas pourquoi ils vivent là, fiers de « tout avoir sous la main », qui appellent ça un niveau de vie et qui ont tous une vie merdique et consensuelle. ici toutes les voitures sont grises.
    ensuite tu dis avoir le réflexe de faire un pas en arrière dès que tu vois un mouvement de foule ; je sais combien dans ce cas on passe pour une tête de con. non qu’une paire de godasses à la mode ne soit jamais bien ou qu’un succès du grand écran ne soit jamais effectivement « à voir » et alors je me réjouis que tant de gens l’aient vu, comme ce fut le cas pour Matrix, mais ça me paraît primordial de se poser la question.

    laissons le dernier mot à l’immense Alain :
    Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien.

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