Con

Depuis quelques jours, je réfléchissais quant à la possibilité de changer de téléphone.

Je cherchais toutes les justifications possibles et inimaginables pour me convaincre qu’il était primordial que je le fasse.

L’important, c’est de croire les histoires que l’on se raconte, non ?

Je me disais : « Cela fait 4 ans que tu as le même téléphone, si tu changeais, tu pourrais faire de plus belles photos ».

Je me disais aussi : « Si tu revends l’ancien, finalement, ça ne va pas te coûter si cher ».

Ou encore : « Imagine tout ce que tu vas pouvoir faire de plus avec ce nouveau téléphone ».

Franchement, j’étais à deux doigts de plonger, de dépenser 500 euros pour « rien ».

Car tous les arguments que je m’inventais n’étaient que de la poudre aux yeux.

Est ce que faire des meilleures photos allait améliorer ma vie ?

Pas un instant, sachant qu’actuellement toutes les photos que je publie sont celles de mon ami photographe Julien dont je suis plus que satisfait.

Est-ce que le fait d’avoir le même téléphone depuis 4 ans nuit à mon bonheur et à ma positive-attitude ? Evidemment que non.

Est-ce que cela m’empêche de réaliser certains projets ? Bien sur que non.

Concrètement, à quoi me sert mon téléphone à part filmer de temps en temps des vidéos pour partager du contenu sur Youtube ? (Et à téléphoner / envoyer des messages)

Le pire, c’est que je ne filme pas dans la meilleure qualité possible, c’est à dire en 4K car mon ordinateur sur lequel je monte les vidéos n’est pas assez puissant (Il a passé les 5 ans).

Quant à la dépense de 500 euros, je ne sais pas si je suis complètement fou (enfin presque) mais quand on y pense, c’est assez énorme.

C’est le prix d’un ordinateur qui peut faire le job pendant des années sans soucis.

La vérité, c’est que j’ai failli me faire avoir par la publicité.

Par les possibilités dont je ne me servirais jamais de ce nouveau téléphone.

J’ai failli croquer 500 euros de mon travail contre quelque chose qui n’aurait rien apporté de positif à ma vie et qui aurait trôné sur la table à côté de moi lorsque je travaille.

J’ai failli dépenser mon énergie, si on estime que l’argent est de l’énergie, pour que dalle.

Sacrée affaire que j’allais faire dis donc.

Pourtant, quand j’y pense, on est dans un drôle de monde.

On essaie par tous les moyens de nous donner envie, de jouer avec nos émotions, pour nous faire acheter des objets, des vêtements dont on n’a pas besoin.

On essaie le plus possible d’influencer notre vote (chaque achat est un vote), de façonner le monde en nous manipulant ouvertement et avec la plus totale décontraction.

Non, on n’essaie pas d’améliorer nos vies, de nous rendre plus heureux.

On essaie de nous rendre de plus en plus prisonnier de cette consommation à outrance.

Vite, il me faut ce nouveau téléphone.

Vite, il me faut ces nouvelles chaussures.

Vite, c’est les soldes, j’ai besoin d’acheter même si je n’en ai pas besoin.

Vite, vite, vite, prenez-moi pour un con, j’en redemande et j’en redemanderais.

Ca peut faire sourire mais pourtant, c’est ce qu’il se passe.

C’est complètement dingue.

J’ai eu cette réflexion en allant mercredi matin dernier en allant sur le lac d’Annecy pour m’entraîner au Kayak.

J’étais en train de m’imaginer les photos que j’allais faire avec mon nouveau téléphone tout en me rappelant qu’aujourd’hui, cette société de consommation nous avait complètement perverti.

Est-ce que vous vous souvenez quand on prenait nos photos avec un appareil Kodak ?

On réfléchissait avant de prendre une photo car on avait que 24 ou 30 photos en moyenne à faire à cause de la pellicule qu’il fallait aller développer ensuite et qu’on attendait plusieurs jours.

On espérait avoir fait des belles photos, avoir immortalisé les bons moments.

Parfois, on était déçu mais le plus souvent, on était heureux comme tout.

Il y avait aussi les appareils Kodak qui allaient sous l’eau. C’était toute une révolution.

On se foutait de la gueule des asiatiques parce qu’ils prenaient des photos à tout va, qu’ils avaient le déclencheur facile.

Aujourd’hui, que faisons-nous ?

Nous faisons des photos, des photos et encore des photos.

Au lieu de réfléchir à faire une photo, on prend.

Plutôt trop que pas assez et surtout on voit le résultat tout de suite.

Au pire, on effacera plus tard si ça ne nous plait pas.

Le plus souvent, on accumule alors il nous faut des téléphones avec plus de mémoires… Toujours plus, plus que sur un ordinateur….

On n’a plus la surprise, le plaisir, le bonheur de découvrir les photos ensemble.

On mitraille à tout va plutôt que de vivre le moment présent.

Le plus important, c’est la photo alors qu’avant, on posait pour prendre une photo.

Et surtout, c’était réel ensuite. On avait un bout de papier que parfois, on encadrait.

Avant les souvenirs étaient dans la tête.

On vivait les moments.

On n’avait pas besoin de regarder son téléphone pour se rappeler de quoi que ce soit.

Avant, on était cultivé.

On n’avait pas besoin de Google.

On lisait des livres, on s’instruisait.

On ne regardait pas des vidéos toute la journée pour voir la vie des gens parce qu’on en avait rien à foutre.

On vivait.

On n’était pas là à s’énerver parce que truc-muche ne répond pas à notre sms qu’on a envoyé à peine 5 minutes plus tôt.

On se fixait des rendez-vous et on les respectait.

On était patient, on était plus humain, j’ai envie de dire.

On était là, plus vivant, plus en vie, c’est ça le mot.

On était pas là à s’exprimer pour ne rien dire, surtout en public.

Parce qu’on écrivait sur du papier, que ça demandait un effort.

En plus, on faisait attention à son orthographe, à comment on écrivait.

On pesait chaque mot et celui-ci avait son importance.

Pas comme aujourd’hui où la majorité s’exprime pour nous tirer vers le bas, pour faire semblant d’exister et de vivre.

Pour réagir au lieu d’agir.

Pour s’exposer et se comparer, sait-on jamais qu’on serait meilleur que le voisin.

On ne pouvait pas effacer un mot, on était obligé de réfléchir avant d’écrire sinon on était bon pour recommencer sur une nouvelle feuille.

Avant, on s’envoyait du courrier et on était heureux d’en recevoir.

On recevait des lettres manuscrites qui démontraient qu’on avait de l’importance pour les gens qui les écrivaient parce qu’ils avaient pris du temps pour.

Aujourd’hui, on envoie un email comme on respire.

On écrit aux gens comme si ça n’avait aucune importance.

Et finalement, c’est ce qui se passe.

Plus rien n’a d’importance.

Tout devient futile avec cette tendance de l’hyper.

Il faut toujours que ce soit hyper, c’est le mot je crois.

Hyper rapide.

Hyper beau.

Hyper économique.

C’est comme si plus rien n’avait de valeur.

Comme si on manquait de temps.

Comme si on ne savait plus « profiter » du temps.

Avoir ce plaisir d’être patient et pas dans l’immédiateté.

Alors, j’ai failli être con.

J’ai failli tomber dans ce piège de l’hyper.

Pour ?

Rien, absolument rien.

Ah si, pour perdre 500 euros qui m’ont demandé je ne sais combien d’heures de travail.

J’ai failli être comme tout le monde à devoir travailler pour pouvoir consommer.

Et non, à travailler pour vivre.

J’ose le dire et je n’ai pas peur de passer pour un vieux con : C’était mieux avant.

Je regrette ce temps où tout avait de l’importance.

Ce temps où on réfléchissait avant de faire quoi que ce soit.

Ce monde où tout n’était pas que consommation.

Où tout n’était pas fait pour nous faire croire que nous avions des besoins que nous n’avons en fait pas.

Je regrette ce temps où la majorité vivait et n’était pas hyper connecté (Vous voyez : HYPER !).

Il est « drôle » de constater comme il est facile de se perdre, se de faire avoir.

Comment on arrive à nous faire rêver de tout et de rien.

C’est « drôle » de constater que la fameuse moyenne vit ainsi, à la poursuite de faux rêves, à la poursuite de fausses vies.

J’ai connu ça, j’ai vécu ça.

A acheter, acheter, acheter parce que c’était en solde.

S’il y avait une promotion, il ne fallait surtout pas la manquer sinon on était un vrai abruti.

Maintenant, cela me fait sourire.

Car quand je suis à deux doigts de me faire avoir, je me pose toujours la même question : « Vais-je être plus heureux avec ? »

Certains me répondront qu’ils font parce qu’ils ont envie.

Que c’est l’envie qui rythme leurs vies.

Autrement dit, leurs émotions.

Cela me rappelle alors ce que j’explique dans le LeaderBook, que ceux qui succombent à leurs envies dès leurs survenues sont justement ceux qui ne vivront pas.

Ce seront ceux qui seront déjà morts avant d’être né.

Peut être qu’une des clés du bonheur, c’est justement de lutter contre ces envies passagères.

Contre ces mensonges qu’on nous vend, pas pour notre bien évidemment.

Franchement, le bonheur, il est simple.

Quand je suis sur mon Kayak le matin, presque seul au monde sur le lac d’Annecy, je ne pense pas à consommer.

Personne n’est là pour me dire ce dont j’ai besoin.

Je fais et c’est fluide. Je savoure, je profite, je suis heureux.

Je n’ai pas le loisir de penser aux conneries qu’on veut me faire acheter, à tout cet écosystème « Hyper ».

Parce que sinon, je tombe dans l’eau.

Je perds mon gainage, je perds l’équilibre et je tombe.

Je suis pas là en train de me questionner sur les photos que je vais faire sur mon Kayak ou les vidéos (J’ai d’ailleurs un GoPro qui pourrait faire le job mais qui me sortirait de mon bonheur).

J’ai l’impression qu’une partie du bonheur, finalement, c’est ça.

Être là, concentré, attentif.

Accorder son attention.

Accorder de l’importance à ce que l’on fait, à chaque chose que l’on fait.

Ne pas faire à la va-vite parce qu’il faut faire.

Il ne faut jamais (Vous pouvez relire cette phrase plusieurs fois).

Si on est là, on est là.

Je ne parle pas forcément du moment présent mais tout simplement d’être éveillé.

Récemment, j’ai vu un film au cinéma dont vous n’avez sans doute pas entendu parler : « Interview avec Dieu » (Il n’y avait qu’une séance unique par salle dans toute la France).

Je me permets donc de vous spoiler un peu.

A la toute fin, revenant d’Afghanistan, le personnage principal, journaliste, découvre qu’en fait, il n’était pas rentré.

Que sa tête était encore ailleurs.

Sa femme était partie.

C’est comme s’il était un fantôme, là sans être là.

Un peu comme Casper pour ceux qui ont connu et vu ce magnifique chef d’oeuvre qui ne peut pas partir du monde des vivants parce que quelque chose le retient psychologiquement.

Avec le temps, j’apprends à accorder de l’importance à ce qui m’importe, à ce qui me parle et surtout à ne pas me disperser, à ne pas toujours courir vers ce plus, plus plus en tout.

Il y a, et on en avait déjà parlé, cela ne me revient que maintenant, un juste équilibre.

Une question de priorité à mettre en place pour vivre.

Pour arrêter d’être un pantin, de subir sa vie, d’être pris pour un con.

J’aimerais pouvoir aider chacun d’entre-vous à définir ses priorités mais je crains que cela ne soit pas possible, du moins au départ.

Vous devez trouver ce qui vous importe et donc ce qui vous rend heureux, quel est le sens de votre vie.

Et surtout ne pas faire parce qu’on vous a dit de faire comme ci ou comme ça, que c’est mieux comme ci ou ça.

Je fais ce que j’estime être le mieux pour moi.

Je fais faire, à ceux qui me demandent de les aider à progresser en musculation, ce que j’estime être le mieux pour eux.

Et surtout, je fuis tout ce qui ne m’intéresse pas et ne pourrait avoir mon attention.

Parce qu’à alors, je crois que cela serait comme être un mort vivant.

Là, sans être là, à vivre sans vivre.

Alors ne soyez pas con comme j’ai failli l’être.

Réfléchissez avant d’agir.

Rudy

Ps : Si cet article vous a aidé, merci d’avance de votre soutien.

14 réponses
  1. Jeremy Fachin
    Jeremy Fachin dit :

    Une réflexion me vient à l’esprit en lisant ton leadercast c’est que les gens cette fameuse (ou fâcheuse) moyenne à tellement l’habitude d’être hyper connecté de faire tous vite et sans grands efforts qu’il est peut être parfois trop dur pour eux d’accorder du temps, de faire avec attention, en écoutant véritablement les autres, en se mettant à leur place pour les comprendre, en essayant d’échanger des idées utiles avec eux pour les aider à trouver des solutions à leur problème. Comme si cela demandait trop d’efforts car ce qui devrait être la norme dmne l’est parfois plus. À être trop feignant ou égoïste pour aider un ami ou un parfaite inconnu dans le besoin car il faut se dépêcher d’aller regarder la dernière vidéo YouTube de un tel ou de jouer en ligne avec des inconnus que l’on ne rencontrera jamais. Un monde de fou comme tu dis car ce qui compte vraiment c’est l’échange, le partage il n’y a que comme cela que le bonheur, le vrai, puisse se répendre.

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  2. Stéphane BELABBES
    Stéphane BELABBES dit :

    Salut Rudy,

    Fabrice avait raison!! (cf podcast superphysique sur l’utilisation des smartphones!) 🙂
    Sinon, tu demandes si on peut te suggérer des podcasts autour des réussites entrepreneuriales. Je ne sais plus si je t’en avais déjà parlé dans un commentaire mais David Laroche est aussi un entrepreneur qui partage ses clés de réussite et donne des conseils / coaching dans le domaine de l’entrepreneuriat et du développement personnel. Il ne fait pas de podcast à ma connaissance mais possède une chaine YouTube et il est assez actif.
    D’ailleurs je ne sais plus si c’est toi ou lui qui avait partagé cette doctrine que j’essaie d’appliquer : quand je veux quelque chose je ne l’achète pas tout de suite. Si cette volonté d’achat revient régulièrement, je commence à me dire que c’est peut être un vrai besoin. Si cette volonté passe, c’est que je n’en avais pas besoin (et je me fous des offres promotionnelles qui influencent le consommateur à acheter tout de suite parce que dans 15 jours le prix sera supérieur ou autre argument fallatieux).
    De la même manière à la maison: si je tombe sur quelque chose que je n’ai plus utilisé depuis des années, c’est que je n’en ai plus le besoin donc je donne / je vend / je jète (en fonction).

    Bien à toi.

    Répondre
  3. Nathalie Flamant
    Nathalie Flamant dit :

    Salut Rudy,
    tu m’as fait rire quand j’ai écouté ton podcast car j’ai eu l’impression de me reconnaitre …. à me persuader que j’ai besoin de ce nouveau truc génial qui vient de sortir…. J’ai adopté moi aussi la méthode qui consiste à attendre avant d’acheter quelque chose qui me fait envie pour voir si c’est vraiment « indispensable » et ça fonctionne ! Ce qui me dérange dans cette surconsommation c’est la destruction des ressources naturelles pour des conneries mais c’est un autre sujet. Alors oui, je pense que c’était tellement mieux avant tous ces réseaux sociaux qui ne font qu’abrutir le monde !
    A la semaine prochaine pour un nouveau leadercast !! j’ai hâte

    Répondre
  4. François D
    François D dit :

    Salut Rudy,
    Merci pour ce super podcast! comme d’habitude tu nous régale et tu nourris mes réflexions. Je pense que partager ensemble les podcasts que l’on écoute est une super idée. Pour ma part en se moment j’ai deux podcasts que je suis assidûment, Leadercast bien sur mais aussi les Strongfit podcast que tu peux retrouver sur youtube ou spotify. C’est en anglais mais l’un des deux podcasteur est français avec un accent plutôt facile à comprendre. Ce podcast parle d’entrainement mais va vraiment très loin et remet en question un grand nombre de concept, avec toujours en ligne de mire la pratique avant la théorie.
    J’espère que tu continueras ce podcast encore longtemps et pour m’a part j’y apporte ma modeste contribution de $2 par mois avec plaisir.

    Répondre
  5. claude
    claude dit :

    Salut a tous,

    conso acteur c’est tellement important, c’est devenu plus important que le droit de vote.
    on peut faire changer le monde en consommant différemment.

    pour ma part, en conseil techno, j’en ai fini avec les grands type samsung et apple depuis longtemps.
    le modèle de xiaomi est intéressant car il déjoue le système actuel avec une politique de prix tellement agressive et de qualité également, qu’ils sont entrain de changer ce monde.

    peut être une idée sur une prochaine réflexion,
    les cliques des réseau sociaux sont comme la consommation, ils sont aussi important que des votes, on appellerai ca alors des « conso’cliqueur »

    bonne journée à tous

    Répondre
  6. Jerome Belinguier
    Jerome Belinguier dit :

    Alors je suis peut-être un con parce que j’écris ce commentaire avec un ordinateur flambant neuf !
    Cela fait quelques temps que mon PC est HS et que je râle de n’avoir que mon téléphone pour lire tes articles et participer aux forums. J’ai d’abord pris la décision de l’investissement sans chercher quoi acheter, et vu que cela me semblait hors de prix, ça a pris un bon mois. Je me suis alors mis à la recherche d’un PC portable ( un seul moyen mon téléphone, quelle merde ! ) et j’ai découvert des modèles bien moins chers que ce que je pensais. 15 jours à consulter et réfléchir. Je n’étais pas malheureux sans ce nouvel ordinateur et je ne serai pas plus heureux maintenant…quoique. Les « petits bonheurs » que cela va me procurer en lisant plus confortablement, en participant plus souvent aux forums, en ne râlant plu (ça c’est du bonheur pour les autres), ne sont pas à négliger. En bonus, l’application SP Training fonctionne sur Chromebook , et voilà un « petit bonheur » de plus 🙂

    Répondre
  7. Pierre Antoine
    Pierre Antoine dit :

    Salut! Très bon podcast comme d’habitude, je suis entièrement d’accord sur le fait que tous ces téléphones ou gadgets dernier cri sont parfaitement inutiles, ce n’est que de la frime. Pour ma part, tant que l’appareil a ma disposition fonctionne je le garde sans me poser la question de le changer, j ai moi même un téléphone qui date de 2015 et qui s’avère parfait pour faire ce que j ai besoin de faire et je n’ai pas l’intention de le changer demain. Malheuresement ces courses à la consommation ne datent pas d’hier et la situation n’est pas prête de s’améliorer. A bientôt. PA. PS : Rudy penses tu qu il serait possible de faire partager quelques photos de la villa superphysique (via patreon par exemple pour rester discret)? Je vais regarder la vidéo de boutch en attendant 🙂. A+

    Répondre
  8. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    Si nous prenons la nature pour guide, nous ne nous égarerons jamais.
    Cicéron

    bon je sens que je vais encore être trop long. je trouve facile de dire que c’était « mieux avant », et d’ailleurs cette expression est déjà vieille comme le monde parce que tout simplement depuis l’évolution industrielle les hommes ne peuvent plus s’appuyer sur les repères et valeurs ancestraux, il faut constamment se réinventer. je pense plutôt que c’est malheureux de renoncer aux bonnes choses que peut nous apporter le progrès en rejetant tout en bloc, mais il est clair et net qu’on a perdu beaucoup, avec l’obsession de s’épargner la peine. c’est l’effet Ascenseur : je ne sais pas quel est l’oeuf et quelle est la poule, mais je vois surtout des gros sortir des ascenseurs.
    Pour juger du progrès, il ne suffit pas de connaître ce qu’il nous apporte, encore faut-il tenir compte de ce dont il nous prive. (Baudoin de Bodinat)
    (pour ta gouverne, les appareils photos dit « reflex » dont le miroir se soulevait pour laisser la lumière s’imprimer sur une pellicule on appelait ça un « argentique »)
    un peu plus âgé que toi, j’ai aussi pris de nombreuses photos sur pellicule, j’ai aussi appris le vélo avec les changements de vitesse au cadre, puis la guitare sur une guitare « sèche » ou classique, j’écrivais à mes amis par la Poste et j’ai même connu le téléphone fixe à « clavier » rotatif. je me rappelle vingt cinq ans après du numéro de téléphone de mes parents que je composais chiffre par chiffre et je suis encore capable de rester concentrer sur un texte que je rédige parce que je considère que mon interlocuteur mérite mieux que l’éruption de tout ce qui me passe par la tête à l’état brut. j’ai appris à juger d’une côte d’un coup d’oeil et à choisir la bonne vitesse avant de m’élancer parce qu’après on ne pouvait plus changer. j’ai appris à jauger la lumière avant de régler mon appareil photo, mais j’ai surtout appris à dessiner d’abord, donc à composer une image avant d’avoir le luxe de pouvoir l’immortaliser sur pellicule. maintenant j’ai un vélo moderne, un appareil numérique, et c’est parfait pour les photos d’enfants qui changent d’expression en une fraction de seconde, donc parfois c’est le progrès qui permet l’économie de matière et d’argent, mais je viens de râper mes carottes avec la râpe qu’utilisait ma mère en 1986 et la scie sauteuse que j’utilise appartenait à mon père à la même époque, parce que celle que j’ai achetée en m’installant a survécu deux maigres années.
    tu idéalises néanmoins un peu, parce que l’époque dont tu parles était aussi l’enfance ou la jeunesse. comme on dit « on est tous le con de quelqu’un » alors je ne me compare jamais aux pires, je reste vigilant en veillant à faire mes choix consciencieusement sans rien me faire vendre. un petit « truc » est de toujours différer les achats, de quelques jours au moins. s’il y avait de l’envie, elle retombe comme la colère. c’est valable dans l’autre sens pour de « bonnes choses », le nouvel exercice qui tue, la super bonne résolution infaisable… on verra demain. restent les besoins et les solutions.

    parce que le vrai problème derrière tout ça est que :
    Tout est fait pour que l’individu ne se rencontre pas, au long de sa vie. Parce qu’alors il développe un jugement et un sens critique, et là il est ingouvernable. Donc les religieux, les commerçants comme les politiques n’ont aucun intérêt à ce que l’individu se trouve. Statistiquement, dès l’âge de deux ans l’enfant est un consommateur. Si en plus on peut lui coller une religion, alors là c’est parfait. Ces trois valeurs dominantes font un mal de chien : sans même s’en rendre compte, les gens sont assujettis à des règles. L’avenir n’est pas forcément négatif, il faut apprendre à se cultiver, il faut se méfier beaucoup, de l’environnement, de ceux qui parlent, de ceux qui dominent. L’éducation, la vraie, est la méfiance des règles. Apprendre à se trouver soi-même. Il faut cultiver son Soi.
    Albert Dupontel

    Répondre
  9. Jérémy CORON
    Jérémy CORON dit :

    Moi aussi j’ai été con…

    Pendant longtemps…

    (Et d’ailleurs je dois l’être encore sur de nombreux sujets mais je ne le remarquerais que plus tard, avec la maturité ou le recul).

    J’aime acheter des habits, j’aime être bien habillé.
    J’aime l’image que je revoie au travers de telle ou telle tenue.

    Plus jeune j’étais dans les achats compulsifs, dans les soldes, dans ces vêtements à « date de péremption » tant pour leur qualité que pour leur « popularité ».

    Maintenant… je suis toujours passionné par les fringues.
    Mais mon rapport à elles a bien changé.

    Je n’achète des vêtements qu’auprès de deux ou trois marchants sélectionnés et qui répondent à mes valeurs actuelles : respect du vêtement, beaux matériaux, belle technicité, …

    Il n’est pas rare que je trouve un vêtement qui me plait mais que mon acte d’achat ne se fasse que quelques semaines voire mois après.

    Je ne suis plus dans l’achat compulsif et dans l’achat émotionnel mais bel et bien dans l’achat réfléchi.

    Alors pour tous les passionnés de vêtements, qui, comme moi, en ont marre du surconsomérisme je vous invite à découvrir la marque Bonnegueule qui apporte une toute nouvelle vision du vêtement.

    Répondre
  10. Adrien ANTHONY
    Adrien ANTHONY dit :

    Bonjour Rudy et à tous les Patreots!
    un jour j’ai été con, moi aussi, il y a des années. Le jour où j’ai appris que mon supérieur, qui avait fait de grandes études (Saint-Cyr), et qui alors avait des enfants, ne possédait, à son domicile, aucune télévision !! QUOI ?
    J’étais abasourdi, outré, « comment cela est-il possible », « cela ne m’étonne pas de lui », « tout s’explique », « quelle éducation va-t-il donner à sa famille »…. après l’écoute de ton podcast je me suis rendu compte à quel point j’ai été con ce jour là.
    Aujourd’hui, j’ai toujours une télé, mais je ne la regarde uniquement que pour me socialiser avec mes proches (femme, enfants) pour partager des moments précieux avec eux, pas pour apprendre ou donner une éducation grâce au support, ce qui compte c’est l’échange, la transmission, le partage. Ce qui compte c’est de vivre maintenant.
    Merci pour tout Rudy, sincèrement.

    Répondre
  11. Simon Rochwerg
    Simon Rochwerg dit :

    Salut Rudy,

    Très bon podcast, je suis d’accord sur le fond.
    Par contre, pour moi aussi qui suis entrepreneur et qui travaille 6/7 voire 7/7 je fais des achat de « confort » qui améliore grandement mon quotidien.
    Je m’explique. J’ai besoin d’un ordinateur puissant, rapide, pareil pour mon téléphone.
    J’ai aussi besoin de plusieurs cables de téléphone (1 pour le boulot, 1 pour chez moi, etc).
    J’ai aussi besoin d’un abonnement premium à mes plateforme de musique préférées pour éviter les pubs horribles, la perte de temps.
    Pareil pour les plateforem de streaming, pas le temps de télécharger etc.
    Je pourrais en citer plus.

    Tu l’auras compris, ces toutes ces petites choses pratiques, confortables qui me permettent d’éviter les frustrations du quotidien. SI je vois qu’une frustration (réelle) peut être évitée par un achat matériel, je n’hésite pas.
    Par contre je n’irais jamais acheter des vêtements de marques inutiles, etc.

    Je pense qu’il faut aussi savoir dépenser pour se faciliter la vie et se concentrer sur les choses importantes.

    Répondre

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