Fatigué

Je ne sais pas si je dois être consterné, révolté ou simplement spectateur de cette situation.

Je ne sais pas si je dois prendre le taureau par les cornes et essayer de changer les choses.

Pourtant, je ne peux m’en empêcher, c’est plus fort que moi. Je ne comprends pas ou plutôt je comprends ô combien cette société du toujours plus de confort nous pousse à être de moins en moins dans l’inconfort, comme si celui-ci était à fuir autant que possible, comme s’il était dangereux, voir fatal.

Grâce à LeaderCast, de nombreuses personnes m’écrivent ou me consultent afin de me parler des problèmes qu’elles rencontrent. Parfois, cela débouche sur un coaching (prochainement disponible) parce que la personne est déjà avancée dans ces projets, qu’elle a déjà commencé, qu’elle a fait les 90% que personne ne peut faire à sa place.

Mais parfois, je ne peux pas apporter mon aide direct.

Parfois, je me heurte au « Je n’ai pas le temps » dont nous avons déjà parlé et qui est plutôt une question de priorité et qui dénote d’un manque d’envie certains.

Mais le plus souvent, je me heurte à « Je suis fatigué, trop fatigué ».

Alors je pense à mes amis qui ont des enfants et qui me disent tous la même chose : « Je ne pensais pas pouvoir être plus fatigué » qui régulièrement me répètent cette phrase et qui le sont de plus en plus.

Si ce n’est pas une question de temps, alors c’est une question de fatigue. Mais qu’est ce que la fatigue exactement ?

Je me pose des questions : Est-elle dangereuse ? Devons-nous la fuir autant que possible ? Sommes-nous vraiment fatigué ?

Actuellement en train de lire un livre sur l’endurance, je me rends compte que la phrase « Tout est dans la tête » n’a jamais été aussi vraie.

Alors que l’on cherche des explications à la fatigue, il semblerait que tout vienne du cerveau.

Quand nous disons que nos muscles sont fatigués, par exemple, en vérité, ils ne le sont pas car ils disposent de ressources exceptionnelles.

Quand nous disons que nous ne pouvons plus continuer parce que nous sommes à bout de souffle, nous avons encore tellement d’oxygène en nous que nous pourrions continuer des heures.

Quand nous pensons que nous manquons d’énergie parce que nos réserves seraient vides, celles-ci seraient capables de nous faire faire un marathon allègrement.

Tout ce que nous pensions être de la fatigue, dans 99% des cas, n’en est pas.

Alors, je suis effaré de lire et d’entendre parler de fatigue par des personnes ayant des ambitions, de réelles ambitions et me dire qu’elles sont fatiguées de leur travail, de leurs journées, pire, parfois de ne rien faire comme si la fatigue appelait la fatigue.

En musculation, j’ai tendance à penser, presque avec certitude, que la réussite entraîne la réussite alors je me demande si la fatigue appelait la fatigue ?

Si le fait de se dire fatigué rendait fatigué, amorphe, sans énergie ? Et s’il s’agissait d’un engrenage, pourrait-on passer sa vie fatigué ?

De mes lectures, j’apprends que la fatigue peut être entretenue.

Je connais des gens que je ne citerais pas qui me disent, lorsque je leur demande si ça va, qu’elles sont fatiguées et qui lorsqu’elles ne travaillent pas, à ne rien faire de la journée sont également fatiguées.

Alors comment être en forme dans ces conditions ?

Je crois, d’une part, qu’il faut arrêter de se dire fatigué. Comme on peut influencer sa positivité en se souriant dans un miroir, on peut influencer sa forme en se disant en forme.

Aujourd’hui, au moment où j’écris cet article, je suis à moitié dans le noir. Il y a du brouillard dehors, il fait gris, très gris. Nous sommes pratiquement au jour le plus court de l’année, le soleil se lève, quand il veut bien se lever, très tardivement et se couche très tôt.

Autrement dit, il fait noir toute la journée. Nous savons tous que la lumière, l’ensoleillement nous met de bonne humeur, nous « éveille ». Il n’y a qu’à voir l’été où tout le monde semble plus en forme sauf s’il fait « trop » chaud ce qui est une nouvelle raison de se plaindre.

Quand je me suis levé ce matin, je me sentais « fatigué ». Peut être parce que je me suis réveillé au mauvais moment à cause de mon réveil. Je pourrais chercher toutes les justifications possibles et inimaginables et y croire.

Je pourrais me raconter une belle histoire disant qu’aujourd’hui, j’ai mal dormi, que je me suis levé fatigué, que rien d’extérieur ne me pousse pas à me réveiller, à m’éveiller et à reporter cet article à demain.

Je pourrais alors m’allonger dans mon canapé et passer la journée à regarder une saison entière d’une série dont certains se vantent comme s’il y avait une quelconque glorification à cela. J’y vois, pour ma part, une médiocrité sans nom.

Je pourrais ne rien faire, rester dans un état léthargique et me coucher ce soir fatigué.

On adore se raconter des histoires et y croire plus que tout (Ce sujet est abordé en détail dans The Leader Project)

Mais la vérité, c’est que je ne suis pas vraiment fatigué.

La vérité est que si je me dis que je suis fatigué alors je le suis, que si je ne me sors pas moi-même de cette fausse fatigué, alors je peux ne jamais me réveiller.

Il y a plusieurs types de fatigues à distinguer bien évidemment et toutes ont un impact sur les autres.

La première des fatigues, nous pourrions la penser « physique ».  Par exemple, vous faites du sport et vous arrêtez parce que vous êtes fatigués, parce que vous n’en pouvez plus.

Dans la réalité, vous pouvez encore continuer mais c’est votre cerveau, de manière conscience et inconsciente (théorie du gouverneur central), qui vous fait arrêter alors que vous avez encore de nombreuses ressources que ce soit musculaire, énergétique ou encore nerveuse.

La deuxième des fatigues, c’est la fatigue morale, psychologique. Pour l’imager, vous pouvez facilement comprendre que lorsque j’écris un long article, je ne suis pas capable, du moins c’est ma croyance, d’en écrire un deuxième dans la foulée.

J’ai besoin de décompresser, de bouger, de récupérer car, même si j’enchaîne avec une activité physique, je serais moins en forme que sans cette activité psychologique.

Néanmoins, progressivement et vous le savez certainement, à force de faire nous repoussons nos prétendues limites.

Par exemple, en musculation, nous arrivons à faire des répétitions que nous aurions penser impossible à nos débuts après quelques mois, quelques années d’entraînement. Pourtant, à nos débuts, nous pensions forcer, être à bout, ne pas pouvoir faire plus.

Je le vois bien également sur les séances que l’on fait avec mon pote Bernard sur l’ergomètre pour le Kayak. Nous en sommes à faire des séances impossibles que je n’ai jamais vu personne faire.

C’est comme la douleur ou la sensation de froid qui sont des sensations que l’on apprend à accepter petit à petit à force d’y être exposé.

J’en avais fait l’expérience que je vous avais retransmis dans cette vidéo :

On apprend à mieux tolérer la douleur, à ne plus s’en servir que comme Feedback de l’effort. Il faut d’ailleurs distinguer la douleur et de la sensation d’effort qui ne sont pas forcément corrélées.

Par exemple, quand je fais du Kayak, je ne ressens pas de douleurs mais je ressens que l’effort est difficile.

Mais à force de faire des séances de plus en plus dures, les précédentes séances deviennent « faciles », moins difficiles.

Je me souviens ainsi d’une interview de Frédéric Danielou dans un ancien magasine français (Le monde du muscle) à propos de sa pratique du powerlifting, une discipline apparentée à l’haltérophilie et qui expliquait qu’il enregistrait mentalement chaque performance qu’il avait faite et que cela lui permettait de s’appuyer dessus par la suite pour faire mieux.

A force de faire quoi que ce soit, cela devient donc normal, à condition d’essayer de faire mieux car si on se contente de faire toujours la même chose, alors il n’y a pas cet effet de « normalité » qui se met en place.

Bien sur, nous n’avons pas tous les mêmes capacités à endurer mais je suis convaincu qu’avec de la progressivité, chacun peut aller bien plus loin qu’il ne le pense. Je le vois avec mes élèves régulièrement qui finissent par atteindre des niveaux qu’ils ne soupçonnaient pas possible, qui apprennent à accepter la douleur, à endurer et qui ne sont limités, par la suite, que par leurs choix de vies, tout comme moi.

Alors comment se sentir en forme, pas fatigué ou du moins pas autant, pour faire et agir ?

Car il n’est normal d’être fatigué toute la journée, même si on a mal dormi, qu’on a sauté un repas ou quoi que ce soit d’autres. Nous avons, en nous, presque une énergie infinie à condition d’y aller petit à petit.

Des études ont démontré que si vous sautiez le petit déjeuner, alors cela influait négativement un effort réalisé à 17 heures, quand bien même vous avez rattrapé les kcaloriques manquantes au cours du repas du midi.

La raison ? L’histoire que vous vous racontez : « Si j’ai sauté le petit déjeuner, je suis moins en forme » quand dans les faits, sur une journée ou deux, cela ne change absolument rien.

Personnellement, voici ce que je fais, surtout en ce temps froid et gris, pour faire :

Premièrement, dès que je me lève, j’allume mon ordinateur afin de répondre à mes élèves, de faire leurs programmes. Je me mets une obligation pour commencer la journée.

Il est évident que si on ne travaille actuellement pas et que l’on ne se met pas une raison de se lever avec une obligation d’activité à faire, on ne risque pas de se lever tôt et encore moins d’avoir une journée heureuse (Le bonheur est l’action, pas dans la passivité).

Deuxièmement, pour me rythmer, je ne prends pas mon petit déjeuner avant d’avoir fini de m’occuper de mes élèves ce qui m’oblige à ne pas me lever tardivement sinon, adorant ce repas, je ne suis pas prêt de manger.

Si je traîne, je le « paie ».

Troisièmement, en mangeant, j’écoute un Podcast, souvent une interview d’un entrepreneur, quelque chose qui va me tirer vers le haut. Etant seul chez moi pour travailler, je me crée un entourage et un environnement pour m’élever.

J’en profite pour apprendre certaines choses, prendre des notes si j’en ressens le besoin.. Parfois, cela peut être une vidéo mais c’est rare. Je préfère écouter que regarder.

Quatrièmement, pendant que je prépare mon café, je jongle. Bien que les mouvements circulaires des yeux soient pas mal mis en avant de nos jours pour la « connexion » de nos deux hémisphères, j’associe plutôt cela à « être actif ».

Ce n’est pas grand chose comme activité mais cela me suffit à me faire faire quelque chose de conscient, à bouger pendant 4-5 minutes. C’est peu mais cela me met dans la bonne dynamique.

Je suis alors prêt à m’installer avec mon café, qui souvent, n’en a que l’apparence, de l’eau chaude pourrait faire également l’affaire, derrière mon ordinateur pour écrire peu importe le temps qu’il fait, la lumière qu’il y a ou toutes les excuses que je pourrais me trouver.

Enfin, cinquièmement, je mets mon casque, de la musique qui m’aide à être productif et c’est parti pour écrire. Je suis concentré, dans les bonnes conditions pour être créatif et inspiré.

Pour me sortir de la fatigue que je pourrais embrasser, je mets donc en place des rituels, des habitudes qui m’amènent à un certain Mindset.

Sans, il est évident que je n’y arriverais pas.

Pour chaque activité qui compte pour moi, j’ai des rituels de la sorte, des petites habitudes. Quand ca compte, il faut que ca fasse tilt !

Alors peut être que le problème de départ, c’est de savoir pourquoi vous vous levez le matin, qu’est ce qui vous anime au plus profond, de quoi avez-vous envie dans cette vie ?

Je crois que l’on accorde trop d’importance à sa propre vie, à avoir peur de ce qui pourrait bien nous arriver si nous décidions de faire (on y reviendra dans un prochain Leadercast).

Ces rituels que j’ai mis en place pour moi, vous pouvez les mettre en place après votre travail, en fin de journée, n’importe quand. Vous pouvez et devez trouver la bonne façon de vous mettre en condition pour avancer sur vos projets.

Sinon, vous pouvez accepter la fatigue. Vous pouvez passer votre vie au lit ou dans votre canapé à regarder des séries niaises.

Vous pouvez regarder, avec intérêt, la vie d’autres personnes au lieu de vivre la vôtre.

Vous pouvez être de plus en plus fatigué à en faire de moins en moins.

Je crois que chaque jour est une opportunité de se rapprocher de la vie que vous désirez.

Comme je ne sais plus qui disait : L’excellence, c’est les cinq prochaines minutes ou rien du tout.

Peut être que le mot excellence vous fait peur mais comme vous l’avez (re) compris aujourd’hui, tout est relatif.

Ce qui me semble difficile aujourd’hui n’est pas ce qui vous semble difficile.

Mais je peux vous assurer d’une chose : Vous n’êtes pas vraiment fatigué et surtout, vous avez plus de ressources en vous que vous ne le croyez.

Des personnes battent des records que certains experts pensaient impossibles pour l’être humain et nous font reconsidérer les notions de limites.

Ne prenez donc pas aux pieds de la lettre tout ce que l’on vous dit vous concernant, pour votre confort.

Osez l’inconfort, osez mettre en place des habitudes et vous battre pour les tenir jusqu’à tant qu’elles soient ancrées en vous après plusieurs dizaines de jours.

Parce que la fatigue, c’est dépassé.

C’est un faux concept fait pour être repoussé, pour être exploré car on peut toujours être plus fatigué.

J’oserais conclure en disant que l’action appelle l’action.

Alors, comme d’habitude, ne soyez pas dans l’attente, faites, même si vous croyez être fatigué.

Vous ne l’êtes pas et je me surprends parfois à retrouver de l’énergie alors que je croyais être rincé de ma journée en étant actif.

Le secret est peut être, pour le coup, de ne pas se laisser abattre.

Si ce n’est pas l’heure d’être fatigué, décidez de ne pas l’être.

Qui sait donc ce que vous accomplirez ainsi ?

Rudy

9 réponses
  1. grace
    grace dit :

    le travail procure du bonheur, un homme sans projet est un homme mort. c’est la societé qui nous pousse a croire que le bonheur c’est de devenir libre sans travail et sans projet mais remplis des biens materiels de luxe,selon moi c’est une tentative de suicide.

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  2. Romain Colas
    Romain Colas dit :

    « Les habitudes nous manquent. »

    En voilà justement une super idée de podcast : les habitudes ; la routine.

    Ce serait un sujet intéressant à développer. Que gagne-t-on à instaurer une routine afin d’être plus productif ? Comment s’y prendre ? …

    Une des phrases que l’on entend souvent : « Ah mais tu fais toujours la même chose ? Ta vie doit être chiante ! »
    Notez qu’elle est généralement prononcée par un(e) adepte du métro/boulot/netflix/dodo.

    Aujourd’hui j’ai vraiment la sensation que si on s’impose (un bien grand mot, on le fait par envie et ambition) quoi que ce soit d’extérieur à notre vie professionnelle on est un paria. Avoir des impératifs c’est pas bon, il faut pas trop en faire. Une fois qu’on a finit le boulot on doit se reposer, regarder la télé, boire un coup ou sortir sociabiliser.

    Ce que j’en retiens : n’en faisons pas trop, ne sait-on jamais, on risquerait de s’épanouir.

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  3. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    très sensible à la discipline que tu t’imposes ; je préciserais que pour ma part, je m’en suis bêtement voulu de ne pas arriver à des objectifs délirants (… tout faire) avant de simplement me forcer à tester et mémoriser des « schémas » qui fonctionnent ; typiquement, quand j’ai dix heures de retard sur le sommeil, la sieste l’aprem me flingue la journée, me recoucher à neuf heures pour deux heures après quelques tâches est plus productif. c’est beaucoup moins confortable, mais il faut choisir. j’ai aussi découvert sur le tard le sommeil d’avant minuit, tellement meilleur en qualité.
    cependant j’adhère totalement à ton discours anti-fatigue. il y a quelques années je découvrais la longue distance à vélo, donc rouler la nuit sans sommeil ; depuis la naissance de mon fils j’ai deux boulots et je me motive en me disant que je fais désormais le Paris-Brest toutes les semaines, récupérant le week-end. il m’arrive souvent de descendre à la salle alors que je piquais du nez sur un bouquin, et quelques minutes après je rigole de l’énergie que je suis capable de déployer « sous les barres ». et à moi le solitaire il apparaît de plus en plus certain que les cadres, contexte et compagnie comptent beaucoup, que ce soit un collègue qui nous attend le matin ou une bonne ambiance à la salle… il faudrait être inhumain pour trouver autant de ressources dans une réelle solitude, d’autant plus que la fatigue est grande.
    alors attention, ce n’est pas un jeu, ce n’est pas virtuel ; je comparerais simplement l’énergie à un compte en banque ; on peut très bien se mettre « cher » après une longue journée de travail si on n’a pas d’autre choix, il faudra simplement prévoir une phase de récup adéquate par la suite. on peut dépenser un petit peu tout le temps ou un mois de salaire d’un coup, il ne faut simplement pas se raconter qu’on pourra acheter un ordinateur en fin de mois alors qu’on était déjà court au début… d’ailleurs les banquiers ne s’y trompent pas, et accordent plus volontiers de découvert ou de crédit selon que vous êtes jeune, en bonne santé avec des revenus réguliers.
    évidemment il est souvent sagesse de garder l’argent au chaud, alors que l’énergie est faite pour être dépensée, d’autant que plus on dépense, plus on en a ; mais pour en terminer cette analogie, j’ai bien de la peine pour ces économes neurasthéniques qui tremblent d’être fichés à la banque de France à chaque fois qu’ils sortent leur carte bleue.

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  4. Gayadine Davy
    Gayadine Davy dit :

    Je ne sais pas si tu as vu le film ‘’SPLIT’’ ou un homme a de multiple personnalité et que pour un même corps il peut être fragile comme un enfant doux comme une femme fort comme un strongmen, la seule chose qui change c’est son esprit qui est persuadé d’être ce qu’il est ( il y en a même qui sont diabétique et sous insuline et d’autres non ) même si le concept est poussé un peu plus loin voir exagéré le message est clair le corps est influencé par l’esprit.

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  5. Philippe
    Philippe dit :

    Hey Patron !

    J’ai écouté, encore une fois, avec beaucoup d’attention ton podcast.

    L’idée de découper le podcast en deux est bonne ! J’ai écouté ce podcast en 3 fois parce que d’une traite c’est compliqué 🙂

    La fatigue… Je crois qu’on pourrait en écrire une encyclopédie. Mais dans les grandes lignes je suis persuadé qu’on n’est pas tous égaux devant cette foutue sensation. Evidemment la volonté doit (ou peut) jouer sur ce ressenti qui est propre à chacun.
    Je fais la différence entre motivation et fatigue, je joue peut être sur les mots mais c’est comme ça que je le ressens. Quand tu manques de motivation tu te sens molasson, t’as pas vraiment envie de bouger… Tu te mets un coup de pied au cul et c’est parti.

    Par contre, la fatigue c’est différent. J’ai bien connu ça pendant une dizaine d’années où je bossais jour et nuit. Le jour pour ma propre société et la nuit pour des discothèques lyonnaises. Bon, j’étais plus jeune 😀 Je tapais des semaines de 100/105 heures en moyenne. A chaque fois qu’on me demandait comment je tenais je répondais que « la fatigue c’est dans la tête » jusqu’au jour où mon corps à dit stop ! Et là… je peux te dire que t’as beau te mettre dans la tête que tu vas te relever, bah tes 2 genoux restent par terre.

    Tu sais, dans mon dernier rapport hebdo je te disais que je me sentais vidé en fin de semaine, comme si on m’avait retiré mes batteries. Depuis le temps qu’on échange tu sais bien que je suis une tête de con, que quand il y a un mur devant moi j’ai plutôt tendance à le faire tomber plutôt qu’à m’appuyer contre. Pourtant la semaine dernière, après avoir « trop » bossé, après avoir porté, tiré, soulevé, déplacé, etc. beaucoup plus de charges que d’habitude – puisque d’ordinaire la seule charge que je pousse c’est ma souris au bureau (sans compter les soucis autres qui ne sont pas physiques 😉 ) et après avoir peu dormi, j’ai attaqué la semaine avec un gros coup de moins bien. Des courbatures partout, cette sensation que le cerveau flotte, des douleurs dès que je bouge. J’ai pas été du tout efficace ni efficient au taf le lundi.

    Qu’est-ce que j’ai fait pour reprendre des forces ? Je me suis couché tôt. Et le lendemain ça allait mieux, j’étais pas super motivé mais du coup, je me suis mis un coup de pied au cul et c’était reparti. J’ai décalé ma séance dos au début de l’AM parce que je me sentais pas de la faire à 7h et tout est passé, j’ai serré les dents mais j’ai tout validé parce que j’en veux et tu sais combien c’est important pour moi de réaliser les objectifs chaque semaine.

    Avec les années je sais que pour être efficace il me faut 8h de sommeil, au moins. On n’est pas tous égaux avec ça, certains se contentent de 5h, d’autres ont besoin de 12h. Je ne suis pas scientifique et de ma propre expérience je ne me suis jamais habitué au manque de sommeil, j’ai juste appris à faire avec mais… en étant moins efficace.

    Bon, allez, je vais me regarder une saison complète de Friends 😀
    Mouhahahahahah, j’déconne Patron, j’vais me bouger le cul ! 😉

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  6. JARRY Pierre Antoine
    JARRY Pierre Antoine dit :

    Salut Rudy, Je valide les 2 podcasts par semaine, en effet, la partie introductive et la partie sujet de tes podcasts sont très bien mais en y consacrant 30 minutes de plus pour chacune d’elle ce serait top.
    Petit commentaire sur la fatigue : en effet, je suis souvent confronté à des coups de barre après le travail vers 18h30, si je m’écoutais, je ne ferais rien, je rentrerais chez moi pour rien faire, et il y aurait de nombreuses soirées de perdue. Finalement quand je commence l’activité prévu après le travail par exemple la musculation : tu t’échauffes, la forme revient et la « fausse fatigue » disparaît.
    Autre chose, je suis tombé sur un petit article concernant le sommeil polyphasique qui peut être t’intéressera : http://sante.lefigaro.fr/article/le-sommeil-polyphasique-est-il-vraiment-reparateur/
    Petite question de curiosité : combien de temps dors tu la nuit ? A+. PA

    Répondre
  7. Dimitri
    Dimitri dit :

    Contenu vraiment creuse

    Jaimerais ajouter des nuances dans tes propos, lorsque notre État d’esprit est dans cette optique de toujours s’améliorer et faire mieux, la fatigue n’est qu’un obstacle.

    Bien évidemment pour les gens qui se posent des questions, on se rend compte facilement que la société depuis ces 70 dernières années a inculqué un système de croyances sur nos capacités et notre place Dans celle-ci. (comme tu l’illustres très bien dans ton exemple « tout dépend de l’histoire que l’on se raconte »)

    Mais découle une économie non plus sur l’homme mais sur le volontarisme et l’épuisement humain. Certains secteurs sont plus marqués que d’autres de manière visible (agriculture…) ou non visible (burn out).

    Bien entendu je ne ferais pas le vieux con qui dit que c’était mieux avant…

    La question donc est que faire lorsque de par les circonstances on est encore dans la « rat-race » (métro boulot dodo) comme beaucoup de gens (moi le premier) mais que l’on a des ambitions qui dépassent la norme.

    Les habitudes est un pillier essentiel que tu abordés très bien, mais je ne suis pas d’accord sur le fait de ne jamais s’écouter sur la fatigue.

    Pour réaliser des grandes choses il faut être demusure, mais on ne peut être demusure si on ne sait pas ce qu’on vaut à la base, connaître ses limites même si demain elles seront repoussées permet de ne pas se cramer avant la ligne d’arrivée.

    Merci rudy tu nous pousse à la réflexion, la ou elle est de plus en plus rare.

    Répondre
  8. Philipp de Toulouse
    Philipp de Toulouse dit :

    Salut,

    Je sors la tête de l’eau ou devrais je dire du nuage de fatigue dans lequel elle était.
    Comme tu le sais depuis la naissance de ma fille je tourne au ralenti et pourtant je ne suis pas du genre à me dire que je suis fatigué mais là je dois t’avouer que je suis fatigué…

    Tu as raison dans beaucoup de choses que tu abordes dans ce podcast et ton parallèle avec l’alimentation est lui aussi juste. En effet, sauter un repas voire faire un écart à sa diète ne va pas nous chambouler plus que ce que nous voulons bien en faire mais, comme tu le dis aussi, attention à ne pas répéter la chose.
    Beaucoup de mes anciens collègues de travail ou des personnes de mon entourage me demandent souvent où je trouve mon énergie et finalement je leur donne aussi les réponses que tu donne, je me couche tôt, j’essaie de m’alimenter du mieux que je peux et je fais du sport (moins depuis plusieurs semaines je te l’accorde).
    Lorsque je dis que je me couche tôt (21h et même parfois avant) les gens me demandent si je ne regrette pas de gâcher mes soirées, du coup vu que je suis taquin je leur demande ce qu’il font de si fabuleux de leur temps Font ils du sport, une activité artistique, se forment ils sur quelque chose? Non ils sont posés le cul dans le canapé et regardent la télé… Je suis bien heureux de passer à coté de ces évènements cruciaux qui chamboulent chaque jour la rotation de l’univers…

    Mais en ce moment, Rudy, je suis vraiment fatigué, pourquoi? Tu mets le doigt sur le problème, ce n’est pas la qualité du sommeil qui est en jeu ici ou mon état d’esprit vis à vis de la fatigue ressentie, mais bien le manque récurent de sommeil et celui ci est nocif pour le corps et l’esprit. Les personnes qui travaillent de nuit ont une espérance de vie réduite, et ce n’est pas dans leurs têtes, les personnes qui ont des dettes de sommeil récurrentes présentent un plus grand risque de développer des maladies, ici non plus ce n’est pas dans leurs têtes. De plus, nous sommes tous inégaux vis à vis du sommeil, mon directeur de recherches ne dort que 4 heures par nuit depuis son adolescence et il n’est pas en dette de sommeil…
    Les études sur la fatigue que j’ai eu l’occasion de lire lors de mon cursus universitaire abordaient la question de la fatigue et de son impact sur la cognition et les réflexes, l’une d’entre elles, montrait le même ralentissement d’une personne debout et active depuis 12h (une journée de travail par exemple) et une personne avec 0,5g d’alcool dans le sang… Attention à ceux qui partent en vacances le vendredi soir.

    Je vais terminer mon commentaire en étant encore un peu taquin, tu ne m’en voudras pas j’espère, tu nous invite toujours à passer à l’action, à mettre en pratique ou bien à expérimenter, je t’invite donc à faire la même chose de ton coté. Tu ne vois pas où je veux en venir? Tu sembles pourtant tout à fait équipé de ce qui est nécessaire pour mener à bien ce projet, tu m’as l’air en parfaite santé, tu as une maison, un travail et une copine. Il ne te reste plus qu’à passer à l’action! Avec un peu de bol tu vas faire des jumeaux et tu pourras troquer ta Ferrari blanche contre un magnifique Fiat Multipla 🙂
    Du coup on reparle de la fatigue dans un an?

    Merci encore pour tes podcasts et ton travail.

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