Faute

A l’heure où nombreux sont ceux qui font leur bilan de l’année, je me pose moi aussi des questions sur ce que j’ai appris au cours de 2019.

J’oserais dire que mon année s’est déroulé comme prévu avec la concrétisation de trois projets qui n’étaient pas vraiment prévu : L’achat et l’ouverture de la Villa SuperPhysique, l’application SP-Training et mon livre « The Leader Project« .

Certains pourront penser que c’est exceptionnel mais j’estime que c’est la suite logique de tout ce que j’ai entrepris depuis 2006.

Si on m’avait parlé de ces projets en fin d’année 2018, j’aurais dit que c’était possible. J’aurais pu envisager tout cela.

Je suis néanmoins heureux d’avoir écrit The Leader Project car il m’a permis de scruter encore un peu plus profond en moi et surtout m’a poussé à poser ce que j’estime être une vie pleine de sens qui rend heureux, le « chemin ».

Ce n’est évidemment pas la seule voie possible mais c’est une voie en laquelle je crois et qui me montre chaque jour, par ceux qui la suivent en se l’appropriant, que cela fonctionne effectivement de ce point de vue.

Néanmoins, plus le temps passe et plus j’ai l’impression de manquer de temps, comme s’il défilait de plus en plus vite.

Je pourrais encore avoir 20 ans mais lorsque je me regarde dans le miroir avec mes quelques cheveux blancs (je dis bien quelques !), cela me rappelle à la réalité.

J’ai longtemps pensé que tout était de ma faute dans ma vie.

Que la réussite, l’atteinte de ses objectifs ne dépendait que de soi, de l’implication qu’on y mettait.

Le récit social du travail dur m’a toujours convenu et j’ai choisi d’y croire plus que tout, comme pour me rassurer que si on faisait les choses bien avec persévérance, on serait obligatoirement récompensé.

Celui-ci m’a poussé et me pousse à continuer puisqu’en pratique, il semble fonctionner pour moi.

Je ne pense pas avoir besoin de vous dire que nos croyances nous définissent, que ce que nous choisissons de croire décidera de ce dont nous sommes capables.

Mohammed Ali disait d’ailleurs :

« C’est en répétant une affirmation qu’on parvient à y croire. Et lorsque ce voeu se mue en conviction profonde, il commence à se passer des choses ».

C’est la fameuse loi de l’attraction avec tout ce qu’elle implique.

Cette année, j’ai appris que cela n’était pas forcément vrai et j’avoue que cela m’a enlevé un « poids » monstrueux sur les épaules.

J’ai appris à reconsidérer la chance pour comprendre tout n’était pas de ma faute.

Que si mes projets fonctionnaient, c’est que j’étais né sous une bonne étoile. Dis comme ça, ça peut faire sourire mais nous ne sommes égaux face à la réussite.

C’est comme si la vie me souriait dès que je me mettais en mouvement.

Bien sur, en s’employant, on augmente ses probabilités, ses opportunités.

Ma façon d’être, mon expérience, mes croyances font que je suis qui je suis et que j’attire mais cela n’a jamais été un objectif pour moi. C’est naturel.

Je me suis forcé pendant certains moments et je me force encore certains jours mais la plupart des actions que j’entreprends ne sont qu’une extension de moi-même, des croyances que j’ai choisi de croire pour me définir.

Je me raconte des belles histoires et cette année, j’en ai pris plus que conscience, notamment en écrivant le premier chapitre de mon livre.

Mais j’ai décidé d’arrêter de croire que tout était de ma faute, que le mérite était forcément récompensé car ce n’est pas le cas.

On peut se « mentir » volontairement un temps mais je crois qu’il faut arrêter de se voiler la face à partir d’un moment.

Nous vivons dans un monde complètement inégal et injuste. Nous n’avons pas tant de pouvoir que cela sur notre vie en fonction d’où nous naissons, de qui nous naissons, de ce que nous recevons en terme d’héritage génétique et surtout de l’environnement dans lequel nous grandissons.

Nous en avions d’ailleurs parlé dans ce LeaderCast.

Le problème est que personne ne nous a dit, lorsque nous étions petit, que le monde était injuste.

Personne ne nous a dit que ce serait dur. On nous a caché la vérité, on nous a raconté de fausses histoires.

Après, je ne sais pas si c’est l’âge qui fait que je me rends vraiment compte aujourd’hui, que tout n’est pas vraiment de ma faute.

En même temps, cela me soulage énormément car j’en ai plus que marre des discours à la con qui disent que tout le monde peut faire ci ou ça.

Ce n’est pas vrai, c’est du pipeau.

Oui, beaucoup de choses que l’on pense impossibles sont possibles si on se sort les doigts mais certaines choses resteront impossible même avec tous les efforts du monde.

Malheureusement donc, je ne serais pas champion olympique de Kayak (Je sais, vous êtes déçu).

J’aime bien prendre l’exemple du Squat en musculation, un exercice qui d’après certains experts seraient une position naturelle pour tous, sans exception.

Quand dans la pratique, via les analyses morpho-anatomiques je réalise, les Coachings premium et mes propres tests sur moi-même, je vois bien que tout le monde ne peut pas y arriver.

Je me suis acharné dessus des années, chaque jour, pour ne toujours pas réussir à réaliser une flexion complète sans poids.

A s’entendre dire que tout le monde peut y arriver, à la fin, on culpabilise de ne pas réussir.

On se dit qu’on n’en fait pas assez, que c’est de notre faute, qu’il faut en faire plus, toujours plus.

Je me souviens de soirée où je passais 2 heures, de 21 à 23 heures, tous les soirs, à m’étirer, me mobiliser, me renforcer, en plus de mes séances d’entraînement pour réussir à faire ce maudit squat.

Alors qu’à l’inverse, je vois des personnes qui, pour rester sur notre exemple du Squat, n’ont jamais fait aucun étirement, absolument rien pour y arriver et qui en font à la perfection naturellement.

Parce que c’est une histoire de morpho-anatomie, tout simplement.

Je pourrais en vouloir à tout ces bien-pensants dont j’ai fait parti dans d’autres domaines, même si cela fait un moment que je sais que réussir, selon la définition commune n’est pas accessible à tous.

Mais la vérité est qu’il faut suivre ce qui nous apparaît naturel pour être heureux.

Si vous n’arrivez pas à faire un mouvement, oui, vous pouvez travailler pour essayer d’y arriver mais si après 3 mois à 3 sessions par semaine axés dessus, vous n’y arrivez toujours pas, il faut tout simplement accepter que vous n’êtes pas fait pour, que vous êtes un moule unique.

On aime croire que si on fait tout correctement, du moins avec nos connaissances actuelles, on ne serait jamais malade, que l’on n’aura pas de cancer.

Quand on voit, preuves à l’appui, que cela arrive parfois à ceux qui faisaient tout bien.

Quand certaines personnes m’écrivent pour me parler de douleurs et qu’après analyse, je ne trouve absolument rien d’anormal dans ce qu’elles font, cela me rappelle que nous ne sommes pas égaux.

Que tout n’est pas une histoire de volonté, que tout n’est pas de notre faute, de ma faute concernant ce qui m’arrive.

Tout ce qui m’arrive et vous arrive n’est pas dû à votre mérite. On le voit d’ailleurs encore une fois bien en musculation où certains s’entraînent n’importe comment, sans aucune logique et gonflent comme des ballons sans dopage quand d’autres vont ne laisser presque aucune place à la chance pour progresser et n’atteindront jamais la moitié du physique des gars « doués ».

Je ne dis pas de s’apitoyer sur son sort.

Je dis qu’il faut relâcher la pression que l’on se met et de faire ce que l’on aime parce que c’est ce ce qui rend heureux, en dehors de toutes histoires à la mords-moi le noeud. Du bonheur naissent des résultats. Quels résultats ? Je ne sais pas et ils ne sont si prévisibles que cela.

Miguel Ruiz dans son livre « Les quatre accords toltèques » dit de ne rien prendre personnellement quand cela vient d’autrui.

J’oserais aujourd’hui conseiller de ne rien prendre personnellement de ce que la vie nous réserve car notre libre arbitre n’est pas si important que nous le croyons.

Peut être que tout n’est pas prédéterminé mais nous avons moins de « pouvoir » que ce nous croyons.

Je crois de plus en plus qu’il ne faut rien dramatiser, qu’il ne faut pas accorder trop d’importance aux choses.

Cela se fait ou cela ne se fait pas mais ce qui est fait est fait ou n’est pas fait.

Tout ne dépend pas que de vous, de votre volonté.

Je dis souvent que je sens quand une personne va réussir dans son domaine, comme une histoire d’onde et c’est toujours le cas.

Mais c’est plus une histoire d’environnement, d’où on se trouve et avec qui (et ça, on peut le changer !).

Vous le voyez aussi bien que moi beaucoup dans ce monde est une histoire de réseaux.

Dans un livre que je viens de finir et qui est le meilleur livre que j’ai lu cette année dans ma démarche de remise en question « La vie parfaite n’existe pas » de Paul Dolan, celui-ci dit très justement :

« Cela me dépasse complètement qu’une personne sensée, dotée d’une faculté d’introspection, sans parler de la multitude de données disponibles puisse croire à l’illusion méritocratique que n’importe qui peut réussir s’il ou elle fournit suffisamment d’efforts, quel que soit son milieu d’origine »

Aujourd’hui, j’ai envie de relativiser et de remettre en perspective ce que j’ai accompli.

Cela permet aussi de remettre au centre l’humilité où finalement personne n’est meilleur que personne et où beaucoup de choses sont un concours de circonstances.

C’est pour cela que dans mon projet du Club SuperPhysique qui ne prend pas, plutôt qui ne fonctionne pas réellement, j’essaie de mettre chaque individu au centre et ce quelque soit son niveau.

Je sais, après discussion, que certains voudraient être mis en avant, voudraient occuper le devant de la scène, avoir une sorte reconnaissance car leurs progrès seraient mérités.

Mais la vérité, c’est ce que ce n’est pas le cas.

La vérité, c’est le mérite est une notion totalement subjective.

J’ai adoré y croire mais je sais aujourd’hui que c’est n’importe quoi, que c’est un mensonge que l’on nous vend.

Vous devez bien le voir si vous travaillez dans une grosse entreprise où tout est cadenassé, vous aurez beau vous démener autant que possible, cela ne suffira pas à vous faire avoir une promotion si vous n’êtes pas dans les petits papiers.

C’est pourquoi, j’essaie avec le Club SuperPhysique, de rendre le « monde » plus équitable parce que l’important, c’est que chacun progresse à son niveau grâce aux autres.

Si tout le monde progresse autour de soi, on progresse car cela devient la norme. Stéphane, mon élève, le dit d’ailleurs très justement dans la vidéo qui sortira dimanche sur ma chaîne Youtube.

Le problème étant que le monde agit suivant un mode de compétition plutôt que de collaboration, où de nombreuses personnes veulent gagner au détriment des autres.

Alors je comprends que ma vision actuelle ne fasse pas l’unanimité auprès de personnes qui croient encore à l’histoire du mérite et qui se sentent supérieurs.

La vérité, c’est que personne ne vous ait supérieur. C’est de la flûte.

Alors aujourd’hui, je relativise.

Je fais ce qui me rend heureux et on verra où cela me mène.

J’ai, en fait, toujours fait ainsi ou presque.

C’est d’ailleurs pourquoi avec mon livre « The Leader Project« , je ne promets pas la richesse mais plutôt le bonheur.

C’est pourquoi je dis que cela peut vraiment changer votre vie même si cela fait sourire certains qui ne me connaissent pas, qui ne liront pas le livre parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’est vraiment le bonheur et qu’ils croient des histoires complètement erronées.

Je remets tout en question via la maïeutique si cher à Socrate pour vous permettre de trouver votre voie (Merci Baptiste pour la référence).

Paul Dolan dit d’ailleurs très justement dans son livre :

« Si l’impression d’être doué de libre arbitre peut souvent être bénéfique sur le plan individuel, croire que les autres agissent volontairement est, en général, peu propice à la justice sociale. L’idée, par exemple, que n’importe qui peut réussit dans la vie en travaillant suffisamment dur trouve son origine dans une ignorance délibérée des inégalités systémiques qui caractérisent notre monde moderne. Plutôt que d’essayer d’établir l’égalité des chances, ce qui n’arrivera jamais, nous devrions chercher comment mieux redistribuer les ressources, de manière à entraîner des résultats juger équitables. C’est un problème bien plus facile à résoudre »

C’est d’ailleurs l’un des problèmes auxquels on assiste avec les grèves de ces dernières semaines en France concernant les retraites où ceux qui dirigent demandent, comme à chaque fois, aux mêmes de se sacrifier sans qu’en haut, on ne fasse le moindre effort et que des abus soient considérés comme normaux.

Rendre le monde équitable, c’est donc commencer par comprendre que tout n’est pas de votre faute ou de la faute d’autrui.

C’est comprendre que vous n’êtes pas votre voisin et que se comparer à lui ne peut que vous rendre malheureux, surtout s’il est fait pour quelque chose auquel vous aspirez.

C’est arrêter de tout prendre personnellement.

Je me fais sourire de constater que finalement tout se met en place petit à petit dans ma tête comme sans doute beaucoup d’entre vous avant moi et comme d’autres encore auparavant.

Finalement, c’est comme si tout était presque déjà écrit et que les évidences qui sont devant notre nez n’étaient pas prises en compte.

On continue de s’acharner là où ça ne passera jamais parce qu’on choisit de croire à des récits sociaux qui sont promulgués partout, sans cesse.

Il y a une autre voie et elle est devant notre yeux.

Dorénavant, même si ce n’est pas facile, j’accepte que tout n’est pas de ma faute.

J’accepte de poser le poids du monde que je transportais avec moi ces dernières années.

Car tout ne dépend pas que de moi. Je me déresponsabilise du « global » pour me responsabiliser en « local ».

Voilà ce que j’ai appris de plus important cette année.

Rudy

Ps : N’oubliez pas de suivre ma Formation Gratuite si ce n’est pas encore fait 😉

4 réponses
  1. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    le podcast en un bloc va très bien, faire un clic à 20mn si on ne veut pas d’intro c’est pas compliqué. mais… aujourd’hui il faut payer « sans contact » pour s’épargner de taper un code!

    Répondre
    • June
      June dit :

      Coucou Rudy !!
      D’abord, je répond à la question du podcast en deux parties: Je trouve qu’en une partie c’est très bien, et que c’est une introduction sympathique au sujet du jour.
      Maintenant, le podcast. Ton clin d’œil m’a bien fait rigoler et m’a touché !
      Effectivement, à vouloir toujours bien faire, faire plus, faire mieux, sans que les choses ne s’améliorent, on se heurte à la culpabilité, et parfois cela touche même à l’ego, ou nous renvoie à des échecs ou des peurs plus profondes.
      Mais je n’aurais plus peur de dire: ce n’est pas ma faute. Sans avoir besoin de me justifier, il faut apprendre à composer au mieux avec ce qui nous convient (que ce soit en musculation ou dans la vie), et surtout faire ce qui nous porte, comme tu le dis.
      Certes nous ne réussirons pas tous, ou ne serons pas tous des champions. Mais l’on peut au moins prétendre à faire ce qui nous rends heureux, accompli, et c’est encore mieux si cela se propage ou si l’on peut transmettre quelque chose.
      Merci encore pour ce très chouette podcast, que je vais également lire ce soir.

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  2. grace
    grace dit :

    merci coach! moi meme aussi d’experience je me rend compte que le bonheur ne vien pas du fait d’etre necessairement le premier,le plus riche ou le meilleur

    Répondre
  3. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    Si parfois, de part sa nature on ne dit rien, il ne faut pas pour autant écouter la voix du groupe, mais réfléchir et choisir en homme libre… sans se soumettre à l’idéologie dominante.
    Frédéric Delavier

    Je vois beaucoup de gens qui vont mal ; ce n’est pas parce qu’ils sont nuls, parce qu’ils ne sont pas beaux, parce qu’ils n’ont pas su s’adapter au monde de la performance, mais parce qu’il y a en eux une richesse humaine que la dictature du quantitatif n’arrive pas à écraser. Quelqu’un qui « va mal » est quelqu’un qui finalement, n’a pas encore pu être totalement colonisé par le factice du monde.
    Francis Cousin

    Je vais droit au but pour faire court 🙂
    …Nous sommes profondément aliénés ; la Justice n’existe pas plus que le Bien. ce sont justement des idées humaines crées pour s’opposer à l’état naturel, et d’ailleurs nous parlons de Nature comme si nous n’en étions pas partie. J’y ajouterais l’idée de Sécurité créant de facto l’Insécurité. mais il n’y a pas d’injustice quand le meilleur crève comme un con d’une tuile sur la tête, c’est la vie – enfin la mort… (j’ai assisté un touriste japonais en voyage de noces à Paris qui venait de prendre une barre de fer tombée du deuxième étage dans le crâne, son cerveau était sur le trottoir et sa femme traversait un moment de doute sur la justice du monde).
    Tant mieux que l’on fasse tout pour éviter cela, il faut juste faire taire son cerveau avant qu’il cristallise cette idée puérile que l’on est tous semblables, égaux. La seule justice est création – de systèmes pour que l’incident n’arrive pas, ou une méthode de musculation pour chacun se développe à son maximum. Un garçon de cinq ans comprend vite lorsqu’il réclame ce que possède son copain. « Même s’il a mieux que toi, tu n’es pas lui, sa mère n’est pas ta merveilleuse mère ; et s’il a ces jouets bruyants en plastique coloré il ne va pas jouer en forêt avec un chien, il n’a pas de canoé ou de beau vélo comme le tien ; ce n’est pas toi, ici, maintenant ».

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