LE PROBLEME DE L’INFORMATION

Si vous êtes comme moi, passionné de plusieurs sujets, ce n’est pas l’information qui manque.

Mais le problème est que l’on n’arrive plus à savoir quelles sont les bonnes informations.

Je viens d’une époque, le début des années 2000, où seuls les passionnés, pratiquement, étaient présents et partageaient leurs expériences, leurs savoirs que ce soit en librairie ou sur internet en écrivant des articles.

Ainsi, il y avait peu de chances de se tromper d’autant plus que le commerce sur le net étaient inexistant, à ces balbutiements. Personne ne cherchait rien à nous vendre.

Ceux qui arrivaient à dégager quelques revenus du net le faisaient à l’aide de bannières Google qui ne rapportaient pas plus de 100 euros par mois pour les plus gros sites.

Puis, vous l’avez sans doute vécu, ca a été l’explosion. Alors qu’à 15 ans, j’avais lu tout ce qu’il était possible de lire sur le net concernant la musculation et l’alimentation, d’un coup, chacun a voulu apporter sa contribution.

Des forums de musculation se créaient chaque jour alors qu’il n’y en avait que deux à l’origine : Poweratitude, « décédé » depuis et Smart Weight Training qui deviendrait SuperPhysique par la suite en 2009.

Chacun voulait apporter sa pierre à l’édifice, avait sa vision des choses mais cela restait encore un repère de passionnés. Je me souviens de Planetemuscle de Thierry où on pouvait discuter avec des bodybuilders professionnels, de Play-musculation qui était orientée Crossfit ou encore de Bodyinfos réservés aux compétiteurs naturels de bodybuilding…

Chaque site, chaque article essayaient d’apporter quelque chose, même si l’on pouvait discuter de la pertinence des propos de certains pour notre plus grand plaisir. Le pire, c’était les débats animés avec mon ami Vincent où nous passions nos journées à essayer de comprendre ce qui déclencherait le plus de croissance musculaire.

Au milieu des années 2000, les choses se sont donc accélérées. Les réseaux sociaux ont fait leurs apparitions et ont donné la parole à tous. Il y avait une sorte de hiérarchie toutefois, de ceux qui avaient le vécu, l’autorité via leurs expériences et leurs résultats en regard de la masse.

Mais c’était parti et cela est devenu aujourd’hui le règne de la désinformation.

Alors qu’en 2009, je crée SuperPhysique pour répondre à cette problématique de la désinformation, coachant depuis 2006 et me rendant compte que les personnes qui me contactent sont véritablement perdus parmi la masse d’information, je me dis que je vais tenter de résoudre le problème avec deux axes.

Le premier, montrer ce qu’il est possible de faire naturellement, sans dopage. Le deuxième, de démocratiser les « bonnes » connaissances, sans débat, en donnant des réponses claires et surtout en les expliquant par A + B car tout ou presque peut s’expliquer logiquement tant qu’on ne cherche pas à devenir Mr Olympia.

Pendant plus de 10 ans et encore aujourd’hui, il se passe rarement un jour sans que je n’écrive quelque chose, même quelques lignes mais en 2023, au moment où j’écris ces lignes, je dois bien admettre que mes objectifs n’ont pas été atteint pour la grande majorité.

Bien sur, quand on découvre SuperPhysique et qu’on commence à lire les articles, à lire les Forums (qui sont désormais les derniers forums de musculation du web), on comprend, on se dit qu’au final, c’était tellement simple.

Mais c’est aujourd’hui comme chercher une aiguille dans une meule de foin. Nous sommes le petit village Gaulois qui fait de la résistance aux envahisseurs romains parce que nous sommes tombés dedans quand nous étions petits.

La vérité, c’est qu’aujourd’hui, la situation est pire qu’à mes débuts. Que malgré tout ce que j’ai mis en place, avec la démocratisation de la musculation, plus de personnes perdent leurs temps et se font du mal que jamais et je ne crois pas que cela soit prêt de s’arranger.

Parce que n’importe qui peut écrire sur internet, n’importe quoi, sur des sujets qu’il ne connaît pas 5 minutes auparavant.

Parce qu’il y a des rédacteurs web qui écrivent sur tous les sujets. Parce qu’il y a des opportunistes prêts à tromper leurs proches pour gagner de l’argent. Parce qu’il y a des manipulateurs qui n’ont pas honte de jouer de prendre les autres pour des mougeons.

Si vous n’êtes pas passionnés d’un sujet, vous ne pouvez plus savoir qui dit vrai, la véracité, la pertinence d’un contenu, que ce soit un article, une vidéo… Parce qu’aujourd’hui, on peut vivre uniquement de ses apparences derrière un ordinateur (Mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrais ultérieurement).

Au fil des années, je reçois des messages de gens de plus en plus perdus. Ils me disent avoir tout essayé, ne plus savoir quoi faire. Parfois, ce sont des professionnels et ils me demandent quelles formations suivre, comment dénicher les bonnes informations, améliorer leurs compétences pour être de meilleurs coach, de meilleures personnes…

Comment trouver les bonnes informations alors ? 

Pour moi, cela peut se résumer en 3 points.

1 – La bonne information n’est pas transmise derrière des pseudo sur des forums obscures ou en commentaire sous des photos et vidéos.

Elles sont transmises par des gens à découvert et qui, par leurs façons de s’exprimer démontrent qu’elles ont vécu ce qu’elles partagent. Elles ont l’expérience de ce qu’elles transmettent.

On le sent, on l’entend, on le voit quand quelqu’un sait de quoi ils parlent.

Son langage est le nôtre, il ne joue pas un rôle, il n’est pas dans les apparences extrêmes. Ils ne cherchent pas à nous vendre quelque chose à chaque fois qu’il partage.

Il n’a pas besoin de tout soigner comme le ferait un menteur professionnel et surtout quand il ne sait pas, il le dit. Il n’a pas peur d’être lui-même car il sait que les autres sont déjà pris (Cf « L’imposteur est parmi vous« )

Quand on lit un article sans vie, une pâle copie d’un autre, où l’on apprend rien, où c’est du remplissage, on s’en rend bien compte et ca, c’est de la mauvaise information.

La bonne information, elle sent l’expérience, le vécu au delà de tout ce que l’on peut lire et entendre sur les études qui sont souvent là, en pratique, pour ne confirmer que ce qu’on voit sur le terrain.

2 – La bonne information est transmise avec passion.

Personnellement, j’adore les passionnés car vous pouvez les lancer sur leurs sujets et passer des heures à les écouter. Ils respirent leurs sujets, ils vibrent avec, vous sentez que c’est plus grand qu’eux.

Vous voyez qu’ils se questionnent, cherchent, trouvent des réponses partielles et continuent de chercher parce que cela ne répond pas complètement à leurs questions, qu’ils ne sont pas satisfaits de la réponse.

Quand on s’exprime avec passion, on utilise son propre langage, parfois loufoque, bien loin des recommandations marketing de Branding à la con.

La passion, c’est ce qui différencie l’amateur du professionnel. C’est ce qui différencie l’arrogance de l’humilité car le passionné sait que ce n’est jamais fini.

3 – La bonne information est transmise par des gens qui donnent confiance.

Or, la confiance ne s’achète pas. Elle se crée avec le temps, à force d’être là, de partager, de s’acharner à trouver des réponses.

Elle ne tombe pas du ciel parce que l’on nous dit « Faites-moi confiance ». Elle se prouve, se gagne parce qu’on dure et qu’on ne cherche pas à faire un Hold-Up ou à escroquer des gens.

C’est ce que beaucoup ne comprennent pas sur le net en cherchant le plus d’abonnés possibles alors qu’il s’agit de construire une relation.

La confiance s’acquiert parce qu’on est cohérent dans ce que l’on dit et ce que l’on fait, que nos paroles sont corrélées à nos actes, que l’on dure.

Elle ne s’acquiert pas en un claquement de doigt.

A partir de là, vous verrez que finalement, il n’existe que peu de personnes qui peuvent transmettre les bonnes informations dans un monde où tout va très vite et où beaucoup disparaissent du jour au lendemain alors qu’ils semblaient être passionnés et de confiance…C’était une passage !

Personnellement, j’ai toujours été adepte de trouver des mentors et de dévorer tous leurs contenus. Par exemple, en ce moment, je lis tous les ouvrages de Malcolm Gladwell que je recommanderais à tous d’ailleurs.

Ca a toujours été ma manière de fonctionner car j’ai vite compris qu’il n’y avait que peu de personnes compétentes selon mes critères.

Et encore plus de nos jours où n’importe qui peut écrire un « livre », enfin un torchon de mon point de vue, parce qu’il a X abonnés sur les réseaux, où n’importe qui peut vous vendre sa formation juste en jouant le jeu des apparences, sans aucun vécu, sans aucune passion…

Parce qu’il croit que le succès, c’est de faire de l’argent rapidement, d’avoir des abonnés rapidement où que sais-je encore.

Ce n’est pas le succès.

Ainsi, quand vous cherchez à améliorer vos compétences, vos connaissances, faites bien attention à qui vous accorder de l’intérêt car beaucoup ne souhaitent que profiter de vous.

La bonne information ne tombe décidemment pas du ciel 😉

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