Legitimite

SILENCE, ON TOURNE

25 septembre 2019

Récemment, j’ai animé une conférence sur réussir et entreprendre sur Internet en 2019.

Le titre, bien qu’aguicheur, n’avait pas vraiment pour but d’apprendre à ne réussir que sur internet mais plutôt à se trouver soi-même, quelle était sa plu-value et comment la transmettre à d’autres personnes pour les aider à atteindre leurs objectifs.

Je suis, de plus en plus, convaincu que le vrai bonheur est dans le partage, dans l’épanouissement collectif plutôt qu’individuellement, de son côté et souvent au détriment des autres.

Je ne crois pas qu’il y ait de meilleures missions, de sens à la vie que de rendre service.

Lorsque l’on se sent utile et qu’on l’est, on est envahi d’ondes positives qui ne demandent qu’à se propager.

Certains pourraient reprocher à ces services d’être payant mais dans un monde régit par l’argent, où rendre service sans se faire rémunérer pour, ne remplit pas l’assiette et ne met un toit au dessus de la tête, tout échange de service / temps mérite rémunération.

L’expérience que chaque personne a accumulé vaut plus qu’on ne le pense, que vous ne le pensez surement.

Car lors de cette conférence, j’ai découvert un problème que je ne soupçonnais pas, que beaucoup d’entre-vous rencontrent.

Je n’avais pas conscience de cette difficulté majeure.

Dans une société où « tout le monde » s’exprime, pratiquement à visage découvert, sans pseudo, je ne pensais pas que ceux qui avaient vraiment quelque chose à apporter, ne le faisaient pas par crainte de ne pas être légitime.

Pire, que ceux que je juge personnellement légitime de le faire, le fasse en utilisant des pseudos plutôt que cela soit un prolongement d’une partie de leurs personnalités.

Lors de cette journée, j’ai vu des gens qui avaient vraiment des choses à m’apprendre et à vous apprendre, ne pas oser le faire de peur de ne pas être à la hauteur, d’être jugé alors que nous étions entre nous, que nous étions une trentaine de personne en totale bienveillance pour que chacun puisse, à la fin, apporter sa « contribution » au monde.

J’ai vu des gens se cacher derrière des pseudos, j’ai vu des gens ne pas parler de leurs passions avec passion… ce qui est, vous en conviendrez est bien dommage (Je ne les citerais évidemment pas mais j’espère qu’après cet article, ils vont nous transmettre ce qu’ils ont à transmettre).

Le problème de la légitimité se pose seulement quand on n’est pas clair avec soi-même, que l’on n’a clairement pas défini ce que l’on souhaitait faire, que l’on ne sait pas où l’on va.

Il est vrai que si l’on dit une « connerie » sur le net, on peut être fustigé très rapidement par une horde de bien-pensant qui pensent que l’erreur n’est pas humaine et que vous devez être parfait.

La bonne nouvelle, si on peut dire, c’est que vous ne devez rien avoir à faire de ce genre de personnes car ce n’est pas pour eux que vous souhaitez vous exprimer.

Je ne pense pas me tromper en disant que vous n’avez pas spécialement envie d’aider les gens qui vous jugent et qui vous critiquent à vos moindres faits et gestes.

Il faudrait être complètement maso.

Alors le première chose à se dire, lorsque l’on doute de sa légitimité, c’est de réfléchir à qui on souhaite s’adresser, qui on souhaite aider.

Si je prends mon exemple personnel, en musculation, je souhaite aider les personnes qui ont entre 25 et 45 ans, qui ont perdu du temps à appliquer des conseils à dormir debout, qui ne savent pas où donner de la tête, qui sont perdus parmi la masse d’informations et qui n’ont pas envie d’être pris pour des cons avec des programmes de 12 semaines à 397 euros.

Je souhaite aider ces personnes qui ont des contraintes professionnelles, familiales, sociales à progresser en musculation tout en évitant les blessures et donc de perdre du temps.

Je souhaite en même temps aider toutes ces personnes qui pensent avant tout à leurs santés plutôt qu’à faire des compétitions de bodybuilding auto-destructrice.

Quand j’écris un article, fais une vidéo ou un podcast avec mon associé Fabrice, je m’adresse à ces personnes principalement.

Je ne m’adresse pas aux jeunes qui débutent la musculation, qui sont encore étudiants, qui n’ont aucunes contraintes et qui peuvent récupérer de tout.

Je ne m’adresse pas aux compétiteurs de Force athlétique.

Je ne m’adresse pas aux compétiteurs culturistes.

Je m’adresse à une catégorie précise de personnes parce qu’il est tout bonnement impossible de parler à tous.

Parce que je n’ai pas les compétences nécessaires, ni la crédibilité suffisante pour apporter quoi que ce soit.

C’est d’ailleurs pour cela que ma Formation vidéo « Mes secrets pour le Développé couché » n’est pas réalisée par mes soins mais par un ami qui vient d’ailleurs de réaliser les 200 kg à la claque.

Lorsque l’on ne sent pas légitime, je pense que c’est parce que l’on ne définit pas bien en amont qui on souhaite aider et donc comment parler.

On essaie de plaire à tous en oubliant que si l’on ne déplaît à personne, c’est tout simplement que l’on n’est pas soi, que l’on n’apporte rien à personne.

Que l’on est une image, que l’on essaie d’être parfait mais que l’on ne trompe personne au final parce que notre vraie nature fini toujours par resurgir.

La vérité, c’est qu’en vous adressant à un type de personne en particulier, ce que l’on appelle sa « niche » en marketing, vous êtes sur de ne pas vous tromper et surtout d’être légitime, de vous sentir à la hauteur.

Il ne me viendrait pas à l’idée d’essayer d’aider un pratiquant de Force athlétique qui vise les 300 kg au Squat. Pourquoi ?

Parce que cela est complètement hors de mes compétences.

Je ne peux qu’imaginer ce que cela représente et mon expérience personnelle est tellement lointaine de cela que je ne peux que conseiller théoriquement.

Or, on n’est jamais aussi légitime, efficace, utile que lorsque l’on conjugue la théorie et la pratique.

La théorie, c’est bien mais en théorie.

Il ne s’agit évidemment pas de faire 300 kg au Squat pour être légitime pour conseiller et aider un pratiquant qui souhaiterait y arriver mais d’avoir, au moins une expérience pas si lointaine de la chose.

Si je n’ai jamais mis plus de 200 kg sur mon dos, il faudrait être un sacré imposteur pour m’improviser, c’est bien le mot, spécialiste pour faire squatter à 300 kg.

En un sens, aujourd’hui, et c’est peut être l’effet du net, peut être l’effet de l’éducation avec laquelle nous avons grandi mais devant notre manque de confiance plus ou moins grand, nous avons tendance à ne pas nous remettre en cause.

A ne pas accepter de ne pas savoir.

A dire « Je sais », même quand nous ne savons pas.

Comme si c’était une honte de ne pas savoir dans un monde où, on croit à tort, que toutes les connaissances du monde sont à portées (surtout la théorie, pas la pratique qui se vit).

La vérité, c’est que lorsque l’on ne sait pas quelque chose, c’est une occasion de s’interroger sur le sujet, de se former, d’apprendre si cela a de l’importance pour nous.

Ne pas savoir, ce n’est pas gravé pour la vie. Ce n’est pas fatal.

Je ne suis pas pour le syndrome de l’imposteur dans cette optique de légitimité. Vous savez celui d’avoir les apparences de la personne que l’on désire être et que l’on va devenir par la suite.

Ça, c’est une technique d’escroc que beaucoup utilisent malheureusement.

Il y a pour moi, une meilleure utilisation à en faire (Ce sera l’occasion d’un prochain Leadercast).

Le problème de légitimité, de se sentir à la hauteur, c’est peut être tout simplement de savoir rester à sa place et d’accepter de ne pas être légitime pour tous, ce qui me semble normal avec le recul.

Vous ne pouvez pas aider ou sauver la terre entière.

Mais par contre, vous pouvez aider toutes les personnes qui passent par les différents stades par lesquels vous êtes passés.

Si vous vous êtes passionnés pour la photo et la vidéo, que vous avez cherché le meilleur logiciel pour les traiter, les monter, les finaliser… et qu’aujourd’hui, vous faites plus ou moins des belles photos,

Vous êtes tout à fait légitime pour expliquer à ceux qui débutent comment trouver le meilleur appareil photo, comment retoucher leurs photos, comment tirer le meilleur parti de leurs matériels…

Parce que vous êtes passé par là.

Evidemment, comme je le disais plus haut, cela risque de déranger certains.

Ceux, qu’en fait, vous ne souhaitez pas aider et qui se sont perdus en atterrissant sur votre travail.

Ils vont vous critiquer, vous rabaisser, essayer d’ébranler votre confiance en vous.

Parce qu’ils se croient meilleurs que vous mais que la plupart du temps, ils ne font rien et n’apportent pas leurs plu-value au monde.

Mais quelle est l’importance de l’avis de ces personnes puisque vous ne les ciblez pas ?

Y’a-t-il autre chose à leur répondre que : « Désolé que mon contenu ne vous aide pas mais je fais mon mieux pour aider « mon public » (à remplacer par celui que vous souhaitez aider et pour lequel vous êtes légitime).

Tout simplement et alors l’importance que vous accordez aux commentaires désobligeants que vous n’aurez pas forcément au début disparaîtra et vous serez plus libre d’être vous-même, d’aider les gens comme bon vous semble, sans « limite », sans jeu de faux-semblants.

Je pense que tout le monde est au moins légitime dans un ou plusieurs domaines.

Le tout étant de savoir dans quoi exactement et si vraiment, on a cette flamme de la transmission.

De nombreuses personnes ne se lancent pas parce qu’elles attendent d’avoir « fini » comme si on pouvait faire un jour le tour d’un sujet.

Je dois dire qu’après plus de 18 ans de musculation et 13 ans d’entreprenariat, chaque jour, je me pose des questions, je fais des tests, j’essaie de mieux avancer.

L’erreur est de croire que l’on doit attendre de tout maîtriser, d’être « parfait » pour être légitime.

Alors qu’il suffit simplement d’avoir résolu un problème et de parler aux gens qui sont en train de vivre ce problème, qui sont perdus et qui aimeraient bien une solution.

Tout le monde n’a évidemment pas envie d’être aidé (problème d’ego) mais de nombreuses personnes ont envie de régler leurs problèmes.

C’est à eux que vous parlez, c’est à eux que vous apportez votre valeur.

Et pour eux, je peux vous assurer que vous êtes légitime.

N’attendez pas d’être parfait pour transmettre si vous avez cette envie au plus profond de vous-même.

Ciblez juste les bonnes personnes et vous verrez que vous ne vous poserez plus la question d’être crédible.

Vous avez résolu votre problème alors vous l’êtes forcément.

Le tout étant après de savoir rester à sa place et de ne pas s’égarer dans des sujets où l’on n’a justement aucune légitimité comme on le voit trop souvent.

Il ne me serait jamais venu à l’idée de parler d’entreprenariat si je n’avais pas lancé tant de projets ces 13 dernières années.

C’est parce que beaucoup de personnes se retrouvent dans la situation où je me retrouvais que je prends la parole pour aider, pour vous aider à vous lancer via Leadercast.

C’est parce que je suis heureux que j’essaie de vous aider à l’être.

Après la question qui peut se poser si on souhaite vivre de sa passion est : « Est ce que ma niche est suffisamment grande ? »

Mais cela fera l’objectif d’un autre LeaderCast tellement il y a de choses à dire.

En attendant, exprimez-vous sur les problèmes auxquels vous avez apporté des solutions et vous serez, à mes yeux, déjà bien plus légitime que 99% des gens qui s’expriment à partir des théories qu’ils ont lu sans avoir pratiquer eux-mêmes.

Ce n’est pas parce qu’on peut s’exprimer sur tout et n’importe quoi très facilement qu’il faut le faire.

Là est peut être la nuance entre devoir et pouvoir.

Pouvoir ne signifie pas devoir, au contraire du devoir qui devrait signifier pouvoir.

Alors qui souhaitez-vous aider ?

Rudy

Ps : Voici les habitudes des meilleurs.

2 réponses
  1. Pierre BOUTTIER
    Pierre BOUTTIER dit :

    Un autre extrait des archives de Roshar, qui conclut le livre en beauté:

    « Les mots les plus importants qu’un homme puisse prononcer sont : « Je vais faire mieux. » Ce ne sont pas les plus importants quequiconque puisse prononcer. Je suis un homme, et ils sont ce que je devais dire.
    Le code ancien des Chevaliers Radieux dit : « Le voyage avant la destination. » Certains pourraient n’y voir qu’un simple lieu commun, mais c’est bien davantage. Un voyage comportera de la douleur et de l’échec. Nous ne devons pas uniquement accepter les pas vers l’avant. Nous devons aussi admettre les faux pas. Les essais. La certitude que nous allons échouer. Que nous allons blesser ceux qui nous entourent.
    Mais si nous nous arrêtons, si nous acceptons la personne que nous sommes lorsque nous tombons, le voyage se termine. Cet échec devient notre destination.
    Aimer le voyage consiste à ne pas accepter une telle fin. J’ai découvert, de douloureuse expérience, que l’étape la plus importante que quelqu’un puisse franchir est toujours lasuivante.
    Je suis persuadé que certains se sentiront menacés par ce récit. Quelques-uns s’en trouveront peut-être libérés. La plupart estimeront simplement qu’il ne devrait pas exister.
    Il fallait que je l’écrive malgré tout. »

    Répondre
  2. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    avec ce nouveau sujet tu te lances dans un col de haute montagne…
    s’il est déjà vrai que Plus on parle, plus l’on pense ; et plus l’on pense plus l’on s’éloigne de la réalité des choses (Seng Tsan) dans le sens où l’on ne pense bien qu’avec les mains, tu le vérifies toi-même à chaque article comme chaque personne qui s’attèle à un travail intellectuel, ou pire, se lance dans l’exercice périlleux du discours… aujourd’hui on a plus souvent envie de dire au contraire que Moins on parle, et bien souvent mieux on pense (Sainte-Beuve). deux perspectives pour nous rappeler que parler c’est communiquer, donc communiquer quelque chose, et qu’il convient avant tout de la fermer, bosser, apprendre, réfléchir, et comme disait un de mes profs, apprendre une deuxième fois pour pouvoir enseigner. parce que réussir n’est qu’une première porte. savoir pourquoi l’on a réussi, savoir le reproduire (ou comme disait le cycliste Philippe Gilbert lors de sa meilleure année « être au top est déjà difficile, y rester l’est beaucoup plus), tout cela n’est pas encore connaître son sujet sur le bout des doigts pour pouvoir l’enseigner, à tous et quelque soit les circonstances.
    il est tellement facile et répandu de pérorer dans le vide ; combien de « très très grands rouleurs » n’ai-je pas rencontré dans les magasins de vélo, pour les quelques phénomènes que j’ai tenté de suivre sur les routes, et qui bien souvent refusaient humblement tout compliment… encore une fois les forums et réseaux sociaux ont exacerbé cette faiblesse humaine au point d’en faire une culture. « pipi caca donc je suis ». les silencieux et laborieux cordonniers, paysans ou ébénistes d’antan ont laissé place à une société de services où parler suffit à beaucoup pour gagner leur vie. la parole qui était logiquement le privilège des anciens, de la sphère familiale à l’entreprise, car leur rôle était le conseil et l’expertise, est devenue le droit inaliénable du premier freluquet.
    je plains sincèrement ces générations de jeunes gens sans humilité et donc sans possibilité d’admirer. c’est justement cela qui conduit au fanatisme que tu dénonces parfois. ouah lui il est trop fort, comme s’il « était » comme ça, comme si le virtuose était né violoniste, ou la sauterelle avec 98kgs de muscles. je ne suis virtuose de rien et ne le souhaite même pas vraiment, mais si j’ai été bon dans quelques parties c’est que j’ai eu la richesse de vivre sous un ciel étoilé de gens exceptionnels qui me donnaient envie de mieux, de beau, de grand.
    je ne crois pas pour autant que le monde d’hier où les opportunités et les rencontres étaient rares soit regrettable, je me méfie aussi des vieux adages car beaucoup de nos valeurs ancestrales dépendaient de ce monde disparu (personne ou presque ne fait plus « carrière » d’un seul métier). mais peu de gens savent faire la part des choses entre ce qui est humain et éternel et tout ce qui évolue contrètement avec la technologie, mais surtout se démerder avec la morale dans ce monde changeant chaque jour. (ce qui est je crois précisément le sujet d’un film alléchant de la semaine, Ceux qui travaillent, avec Olivier Gourmet).
    alors quand certains progrès remettent réellement en question nos valeurs – les algorythmes des sites de rencontre produisent des couples plus durables que les rencontres naturelles – et que l’on en vient à questionner l’existence même de l’individu dans les sociétés futures, je crains que ceux de demain ne soient un peu perdus.

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