Motivation

C’est drôle comme la vie nous rappelle toujours à l’ordre, nous indique le chemin à suivre.

Il y a peu, je réalisais un sondage via mon travail dans le milieu de la musculation pour savoir comment orienter mon contenu.

En effet, au début de l’année 2018, j’avais décidé de faire équipe avec une connaissance qui se lançait dans le référencement afin d’accroître le nombre de vue de mon site principal.

Il m’a fait la liste des articles que j’avais déjà écrit et qui avaient du potentiel pour être bien positionné sur Google. Il m’a conseillé d’écrire certains autres avec des mots clés spécifiques.

Après 9 mois de collaboration, il a presque disparu, ne souhaitant plus aider autrui mais se concentrer sur lui-même ; pourquoi pas ? Après tout chacun doit vivre sa vie comment il l’entend, se satisfaire avant de satisfaire les autres.

Il ne m’a pas laissé sans rien et durant cette période, j’ai écrit environ une centaine d’articles soit un tous les trois jours. Il y a des semaines où j’en écrivais chaque jour et d’autres comme la semaine dernière où juste un seul. Pour les connaisseurs, on parle d’articles de 1000 à 2000 mots.

Mon site a fait un bond en avant, j’ai « gagné » des vues mais cela ne s’est pas répercuté financièrement. Grâce à tous les trackings que je mets en place, je peux savoir quels articles fait vendre ou pas et cela n’est pas mirobolant. Certains qui me liront reconnaîtront sans doute cette situation.

Durant cette année, j’ai fait appel à de nombreux « spécialistes » pour faire des tests, pour tenter des choses que je n’avais jamais faites, pour voir leurs impacts.

Mais j’en arrive aujourd’hui où, c’est peut être la période, je suis lassé d’écrire sur le sujet de la musculation.

J’ai écrit mon tout premier article en 2004 sur la sélection des exercices pour les biceps en fonction de la loi physiologique de la relation tension-longueur. C’était pour un concours sur le net afin de gagner un pot de protéine.

De 2009 à 2016, pour mon site SuperPhysique, j’ai écrit de manière hebdomadaire au minimum sur des sujets spécifiques sans oublier tous mes articles sur mon site personnel et divers autres sites afin de me faire connaître.

J’ai écrit 13 livres numériques, réalisés un DVD, une dizaine de Formation vidéo et même un livre papier pour tout ceux qui ne me connaissent pas et qui auraient besoin d’une porte d’entrée très accessible pour comprendre ce que je recommande en musculation.

J’ai propulsé et innové sur des concepts comme la morpho-anatomie avec notamment ma propre classification, les cycles de progressions, la notion de perte tolérable, la table SuperPhysique… où l’apothéose se situe avec la Formation SuperPhysique je dispense, avec Certification, pour les Coachs et pratiquants vraiment motivés.

En décembre 2017, j’avais déjà pris ma « retraite » des vidéos « pédagogiques » sur Youtube après avoir commencé en 2007 et publié plus de 600 vidéos. J’en avais fait le tour et je n’ai jamais aimé faire de l’Entertainment.

J’ai toujours eu cette flamme de la transmission, d’aider à atteindre ses objectifs d’où la base même de ce que je fais, le coaching à distance en musculation dont j’ai été le pionnier en 2006.

Je m’arrête là car il ne s’agit pas de réaliser ma biographie mais vous pourriez désormais penser que je vais arrêter d’écrire sur le sujet de la musculation, que je vais stopper tout travail en rapport.

Et bien, pas du tout !

Suite au même sondage dont je vous ai parlé plus haut, j’ai découvert que la majorité d’entre-vous étiez plus âgé que moi et que votre principal problème était de manquer de motivation pour vous entraîner, au point où vous faites régulièrement des coupures au sein de votre pratique et qui explique donc que vous n’atteigniez jamais vos objectifs.

C’est pourquoi, je vais vous révéler un secret : Vous n’avez pas besoin d’être motivé pour faire.

Je crois que c’est un « mal » de notre époque, de croire que nous ne devons faire que les choses qui nous faisons plaisir sur le moment.

Que nous devons agir selon nos envies immédiates et ne pas faire ce qui pourrait nous faire plaisir sur le moyen et long terme.

D’agir en consommateur et non en constructeur d’une vie qui nous conviendrait.

Vous devez déjà sans doute le savoir mais il existe plusieurs types de motivation. Celle qui provient de soi, la motivation intrinsèque.

On fait les choses parce que cela nous parle au plus profond. Par exemple, on ne fait pas de la musculation pour se montrer mais parce que nous entraîner nous fait plaisir, fait parti d’un tout plus global.

A l’inverse, il y a la motivation extrinsèque qui est, aujourd’hui, vraiment exacerbée. Pour reprendre ce que je disais, ce coup-ci, on cherche une validation extérieure de ce que l’on fait. On n’agit pas pour nous mais pour les autres.

On va à la salle pour un prétendu statut social que cela donnerait d’être musclé, d’avoir un corps de rêve quand de l’autre côté, on va en salle pour prendre soin de soi, pour les bénéfices psychologiques que cela implique notamment sur la confiance en soi, pour la rigueur, la discipline, l’hygiène et surtout le fait que l’on aime s’entraîner.

Nous avons tous les deux types de motivations en nous mais j’ai pu remarqué, dans mon domaine en tout cas, que pratiquer surtout une activité pour l’image que cela pourrait renvoyer de nous aux yeux du monde ne permet pas de véritablement se transformer.

Parce que l’on prend la motivation à l’envers. Dans un cas, on cherche le résultat avant tout et on le veut rapidement quand dans l’autre, les résultats viennent d’eux-mêmes, comme une conséquence de bien faire.

Prenons un autre exemple pour aller plus loin : Les relations de couple

Au début, c’est obsessionnel, c’est la passion. On pense à l’autre nuit et jour, on fait des choses que l’on ne ferait jamais, qu’on n’a jamais faite.

Puis la passion fini par se tasser environ au bout de 6 mois.

Que se passe-t-il ensuite ?

Dans la majorité des cas, la relation s’arrête là. Ce qu’on voulait, c’était vibrer, avoir tout maintenant et surtout ne pas tomber dans une routine, plus ou moins, sans passion, sans plaisir immédiat et disproportionné. (Un bon reflet de la société de consommation vous constaterez).

Minoritairement, la relation continue et on se met alors à envisager la vie à deux, à ce que l’on pourrait faire ensemble. L’amour est toujours là mais différemment. On accepte les qualités et défauts de l’autre, comment est la personne (progressivement, pas du jour au lendemain), on communique, on fait des projets.

En clair, nous évoluons !

La motivation, c’est pareil. Elle évolue au fil du temps suivant divers paramètres. Entre un temps ensoleillé et un temps gris et pluvieux, déjà cela peut changer quand il s’agit de se lever de son lit, d’entreprendre, d’agir.

Mais cela ne change absolument pas nos objectifs au plus profond, cela ne change pas ce à quoi nous aspirons.

Quand chaque année, en fonction de période que j’ai clairement définie avec l’expérience, mes élèves me disent qu’ils sont moins motivés, qu’ils n’ont plus envie de s’entraîner… Qu’est ce que je leur dis ?

Que c’est normal ! Moi aussi, ca m’arrive et qu’il faut continuer coûte que coûte. Que c’est de continuer malgré les hauts et les bas qui fera la différence à terme.

Que vous avez envie de faire ou pas n’a pas sa place dans l’équation en fait.

La vie, c’est une perpétuelle remise en question, une incertitude complète mais qui ne doit pas nous faire arrêter de faire.

J’ai peut être été particulièrement bien formé avec tous les DVD de culturistes professionnels que j’ai regardé à mes débuts en musculation où je voyais leurs alimentations affichées sur la porte du frigo qu’ils suivaient aveuglément, que dis-je, religieusement quelque soit leurs envies du moment ou quand ils se levaient à 6h du matin pour faire une heure de cardio sur un stepper en contractant leurs fessiers à chaque répétition dans la quête d’avoir les fessiers striés sur scène.

On ne vous demande donc pas si vous avez envie tout le temps, personne n’a d’ailleurs envie tout le temps.

Ce qui différencie sans doute ceux qui réussissent leurs vies, ceux qui s’épanouissent est cette capacité à continuer malgré l’évolution naturelle de leurs émotions grâce à leur volonté.

La volonté, la motivation, je crois que finalement que ce n’est qu’une question d’habitude à mettre en place, des habitudes qui finissent par devenir semi-automatiques.

Cela peut être comme quand j’écris ce long texte : Avoir un casque avec de la musique bêta dans les oreilles, regarder mes notes en rapport avec ce sujet que j’ai pris tout au long de la semaine, m’isoler, avoir une tenue vestimentaire en rapport avec la motivation (vraiment pour moi)…. Je me mets dans les bonnes dispositions pour faire une activité et pour chaque activité, j’ai une petite série de semi-automatismes pour faire avec « succès ». C’est comme mettre sa tenue de sport pour aller faire du sport, logique, non ?

Vous ne devez pas vous laisser mener à tout instant par vos émotions, sinon vous n’arriverez à rien. Combien de personnes abandonnent une activité après avoir commencé passionnément ? Au moins 97%.

Cela signifie que seulement 3% finissent par atteindre leurs objectifs.

Le problème, c’est peut être de croire que notre avis du moment a son importance, dans une société qui permet de donner son avis en tout temps (ce qui est une erreur à mon avis, il y a une différence entre pouvoir et devoir).

C’est peut être une façon militaire de penser ainsi, trop raisonnable mais il y a un temps pour tout.

Je parlais avec jeune de la salle que j’ai sur Annecy, Georis qui me disait justement manquer de motivation. Il faut savoir que c’est un ancien élève et qu’aujourd’hui, il ne va plus qu’une fois par semaine s’entraîner.

Il me demandait comme je faisais pour tout le temps être motivé : Je ne le suis pas.

Mais je continue et je priorise, j’organise mon temps pour faire ce qu’il faut quand il faut.

L’une des erreurs de Georis, c’est cela : Il fait quand il a envie. Par exemple, il peut regarder une vidéo Youtube complètement abrutissante en pleine séance de musculation quand ce n’est pas le moment et dire après qu’il manque de temps pour faire sa séance…

La réalité, c’est que vous devez agir quand c’est le moment, motivé ou pas, envie ou pas et parce que ca fait parti de vous.

Il y a des jours où je n’aurais envie de rien faire, où je n’ai pas envie de m’entraîner, d’écrire, de partager, de transmettre…

Mais ce n’est pas cette vie qui va m’épanouir à terme.

Alors je vais m’entraîner, j’écris tous les jours et je vais continuer à écrire sur le sujet de la musculation (un peu moins mais je vous expliquerais pourquoi une prochaine fois). Je ne m’arrêterais pas.

Je continuerais à agir comme une machine quand il le faut car réussir sa vie est un savant équilibre à trouver pour avoir celle que l’on désire.

Il n’y a pas de plans préprogrammés, il n’y a que de l’incertitude à tous les recoins mais cela ne doit pas vous empêcher de faire ce qui compte pour vous.

Il faut arrêter de croire aux films Disney où tout est merveilleux, féerique, facile, faire l’enfant pourri gâté.

Rien n’est facile, jamais (Je dis souvent cela à mes élèves quand ils prennent une séance à la légère alors qu’ils ne devraient pas). Tout est dur en tout temps et ce qui fait la différence, entre réussir ou « mourir », entre vivre et et ne pas vivre, c’est de continuer, de persévérer tant que cela nous parle, résonne en nous.

C’est pourquoi, suites à vos nombreux emails après l’arrêt de ces longs textes, vous voici sur mon site Leadercast à me lire.

Parce qu’au plus profond de moi, cela me parle vraiment.

Alors n’attendez pas d’être motivé. Si vous avez commencé, vous avez déjà fait le plus dur.

Maintenant, continuez (on en reparlera).

Si vous souhaitez soutenir LeaderCast, cela se passe ici.

Rudy

1 réponse
  1. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    houla, ça me parle aussi ça, et finalement ça tourne encore autour de ton cheval de bataille : la sincérité à soi-même d’abord, l’authenticité dans la société du spectacle. j’ai envie de revenir sur ce paramètre de la motivation, je trouve ça fascinant en fait cette puissance des affects, la force de nos constructions mentales, et leur capacité à s’effondrer parfois du jour au lendemain comme un Goliath se retrouve faible et tremblotant sous l’effet de la fièvre… en quoi étais-je différent le soir où je me suis élancé à vélo pour rouler toute la nuit, la journée et encore la nuit suivante? un peu plus de cuisses mais surtout un schéma, un enchaînement d’idées qui faisait une motivation inébranlable.

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