Questions

Lorsque je publie du contenu sur les réseaux, notamment dans mon domaine qu’est la musculation, j’évite, dans la mesure du possible, de raconter ma vie.

Je me concentre sur ce qui a de la valeur à mes yeux, c’est à dire apporter des problèmes à des solutions.

Alors dernièrement, j’ai décidé de tester une fonctionnalité disponible en stories sur Instagram.

De base, je l’avais rejetée car j’en voyais les limites et l’exacte opposé de ce que j’aime faire, c’est à dire pouvoir apporter de vraies réponses à des questions et pas seulement les survoler.

Mais pour l’expérience et suite à une remarque que j’avais reçu, je me suis dit « Testons ».

Alors j’ai proposé à tout ceux qui suivent mes stories de poser leurs questions via un encart spécialement conçu pour qui encourage à la participation.

On pourrait penser que lorsque l’on a vraiment une question à poser à quelqu’un, on lui écrit.

On n’attend pas la permission de lui écrire.

On prend son « courage » (Je ne sais pas si on peut parler de courage quand même) et on lui écrit en privé, par email… Le mieux étant pour moi les Forums car on peut y développer sa situation, ce qui permet d’apporter une vraie réponse.

Je pensais donc à mal.

Car j’ai reçu près d’une centaine de questions.

Alors je me suis appliqué à les lire, à y répondre, bien qu’en quelques lignes et avec une téléphone, ce ne soit pas la meilleure façon de faire.

J’y ai passé plus de 3 heures (véridique) mais cela m’a plus énervé qu’autre chose.

En effet, cela m’a rappelé pourquoi je ne faisais jamais cela, pourquoi je ne jouais pas le jeu des réseaux sociaux, le jeu du voyeurisme, le jeu du « Je vous dis quand je mets ma chaussette gauche ».

Cela m’a aussi fait réfléchir sur un trait de caractère commun qu’ont tout ceux qui réussissent (Cf le LeaderBook) et que beaucoup pourraient développer, pourraient avoir facilement à condition d’en avoir conscience.

Ce « jeu » m’a énervé car je me suis rendu compte que la majorité faisaient fausse route.

Que la majorité avait des questions « impossibles ».

Par exemple, on me demandait mon avis sur un répartition d’entraînement en musculation en me demandant ce que j’en pensais parce que la personne pensait que c’était la meilleure…

Quand j’ai écrit des dizaines d’articles sur comment répartir son entraînement, trouvable en moins de 3 secondes avec n’importe quel moteur de recherche, où j’explique les avantages, inconvénients de chacune afin de pouvoir déterminer la meilleure pour soi.

On m’a aussi demandé quelle marque de compléments je recommandais alors que chaque jour, je fais justement la « publicité » en stories sur Instagram, précisémment vers 8h30, de ma propre marque SuperPhysique.

Plus « drôle », quelqu’un m’a demandé si je faisais du coaching alors que j’étais le premier en France à en faire à distance en 2006 via mon site RudyCoia.com

Je m’arrête là car le but n’est pas s’apitoyer sur son sort, de blâmer la majorité mais de trouver des solutions à ce qui m’apparaît comme un problème pour notre évolution, quant à l’atteinte de nos objectifs, de nos rêves, de nos ambitions (Cf ce LeaderCast).

Il y a maintenant plus de deux années, la chaîne « National Geographic » avait produite une série biographique du nom de « Genius » dont la première saison était consacré à Albert Einstein.

Lors du dernier épisode, vous me pardonnerez ce spoiler qui ne change rien à l’intérêt de regarder la saison en entier, celui-ci nous révèle son secret.

Il nous explique ce qui fait qu’il est lui, comment il a fait pour remettre tant de choses en questions et qu’il continue encore et toujours à mesure qu’il se rapproche de la mort.

Une fillette d’une dizaine d’année lui demande comment il a fait et alors sa réponse, d’une clarté absolue, est la suivante : « Je n’ai jamais cessé de poser la question : Pourquoi ? »

Ce trait de caractère me parle car j’ai grandi ainsi et que dans chacune des biographies et des auto-biographies que je lis, celui-ci est présent (J’ai tout résumé dans le LeaderBook).

Ceux qui m’ont connu à mes débuts sur les Forums de musculation s’en souviennent, je n’avais que ce mot à la bouche.

Et alors que le net n’en était qu’à ses débuts, avant de dire ce mot « magique », j’avais déjà cherché tout ce qui existait sur le sujet ou presque.

Aucune personne dans ce monde ne réussit sans poser cette question.

Mais surtout, personne n’atteint son et ses buts en attendant que les réponses lui tombent toutes cuites dans le bec.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ces dernières années mais nous avons complètement oublié ce qu’est être proactif.

Nous avons carrément oublié l’expression « Prendre le taureau par les cornes ».

Je viens d’une époque où lorsque l’on avait une question, on n’attendait pas la permission de la poser.

Où, on allumait son ordinateur, on utilisait tous les moteurs de recherches (je dis bien tous et pas juste un seul) et on tapait sa question à la recherche de réponse.

On ne se contentait pas d’une seule réponse, de lire un seul article, on les lisait tous.

On achetait également des livres sur le sujet qu’on dévorait, qu’on relisait parfois plus de 10 fois (vraiment).

Je ne sais combien de livres de Jean Texier, qui était l’écrivain phare du Monde du Muscle, que je connais presque par coeur.

A un moment, je pouvais même vous dire dans lequel des 300 numéros du MDM untel était interviewé et ce qu’il y racontait.

Alors, quand des gens, qui à priori, suivent et sont intéressés par mon travail me posent des questions improbables, je me dis qu’il y a un problème.

J’ai l’impression de me retrouver dans le film « Idiocracy ».

On pourrait penser que c’est parce que je ne parle pas de mon travail mais, sans avoir un compte 100% publicitaire (qui n’aurait d’ailleurs aucun « succès »), il me parait difficile de faire plus en sachant que je partage des articles, des podcasts ou des vidéos tous les jours qui renvoient sur l’un de mes sites à chaque fois.

Je ne sais pas vous mais quand je lis un article sur un site et que celui-ci m’a aidé, je dévore le site en question.

Pas plus tard qu’hier, c’est ce que j’ai fait après avoir fait une recherche sur un sujet qui m’intéressait.

Heureusement, le site en question n’avait qu’une vingtaine d’articles mais je les aies tous lus, l’ai mis en favoris pour y revenir et me suis inscrit à la newsletter pour être tenu au courant de la parution de nouveaux articles.

Ce qui m’apparaît donc être du bon sens ne l’est, semble-t-il plus aujourd’hui.

En me livrant à ce petit jeu des questions / réponses, je m’attendais à recevoir, naïvement, des questions sur moi, sur ce que je faisais, sur des choses que je ne dévoile pas.

Pas sur ce que je partage déjà chaque jour depuis 13 ans et qui est déjà disponible d’un simple clic, d’une simple lueur d’intelligence.

C’est comme quand je propose deux sujets différents, dont un complètement inédit, pour animer une conférence sur Paris, normalement courant septembre 2019, et que la majorité des gens me demandent un sujet que j’ai traité en long et en travers que ce soit dans la Méthode SuperPhysique et plus encore dans la Formation SuperPhysique, un sujet que je ne pourrais pas approfondir plus que je ne l’ai déjà fait et que je propose abordable à toutes les bourses.

J’ai bien évidemment conscience que le rôle d’un éducateur est de se répéter indéfiniment.

Mais c’est aussi pour cela que j’avais arrêté de faire des vidéos de contenus en musculation pendant un temps, parce que je croyais que 10 années de vidéos hebdomadaires suffisaient pour permettre à chacun de dénicher le vrai du faux, d’améliorer ses connaissances, d’éviter de perdre du temps…

Mais je me suis trompé, et aujourd’hui, ce qui me semble de la pure logique, que je ne qualifierais même pas d’intelligence, je me retrouve obligé, parce que j’ai à cœur que l’on fasse mieux ensemble, que l’on évolue, pas que l’on dés-évolue à vous rappeler ou à vous expliquer plus qu’une évidence.

Lorsque l’on aspire à devenir un Leader pour soi-même, dans tous les sens du terme, c’est à dire à pouvoir compter sur soi en tout temps, à pouvoir se faire confiance, à vivre sa vie tout simplement, on ne peut pas se contenter d’attendre d’avoir la permission de poser ses questions.

On ne peut attendre d’autrui qu’il nous livre la réponse parfaite, sur ce que nous devons faire.

On ne peut pas attendre que la réponse à une question que l’on se pose nous soit livrée par hasard, au petit bonheur la chance.

Si on s’intéresse à un sujet, peu importe lequel, on ne peut pas attendre que Youtube nous recommande une vidéo ou que la télévision passe une émission sur ce sujet.

A attendre, attendre et encore attendre sans faire le seul choix qui fait vraiment la différence, on peut rester un mouton toute sa vie et passer complètement à côté.

On peut ne jamais atteindre ses objectifs, renoncer à ses rêves et se dire que ce que l’on fait dans la vie n’est qu’une question de chance, d’être là au bon endroit.

Mais la vérité, ce n’est pas ca.

La vérité, c’est qu’un véritable Leader, quelqu’un qui a des questions n’attend pas que les réponses lui tombent dans le bec.

La vérité, c’est qu’un Leader, et même pas au sens où la société l’entend, va chercher les réponses.

Il ne se contente pas de la chance.

Il se crée la chance, des opportunités.

Si j’ai une question sur le meilleur photophone (Un sujet que je suis assidûment), je ne vais pas me contenter de la fiche de vente du dernier téléphone qui vient de sortir.

Je vais éplucher tous les sites de tests, comparer les tests, comparer tous les modèles sorties récemment et me faire mon propre avis.

Pire, je vais même me déplacer dans les magasins pour les tester moi-même et voir ce qu’il en est réellement.

Je vais me bouger le cul.

Je ne vais pas être dans la réaction.

Je vais être dans l’action.

Je ne vais pas réagir à ce qui me passe sous le nez par hasard.

Je vais agir parce que le sujet m’intéresse.

Aujourd’hui, j’ai cette fâcheuse impression que la plupart a perdu la notion d’action, la notion de « travail », de recherche, d’être curieux.

Peut être est-ce la faute à l’éducation que reçoive beaucoup de jeunes désormais, aux mauvaises images que transmettent les réseaux sociaux et notamment celles de certaines influenceuses qui gagnent leurs vies en se montrant cul nu qui fait croire que tout tombe dans le bec, qu’il suffit de demander quand l’occasion se présente.

Quand dans la réalité, pour la majorité, c’est en cherchant soi-même les réponses aux questions que l’on a que l’on réussit.

Que c’est en étant pro-actif dans sa démarche, quel qu’elle soit.

Je me souviens, quand j’avais 15-16 ans, sur les premiers forums de musculation, quand je posais une question, un des intervenants me donnaient toujours des livres à lire.

Il ne me répondait jamais vraiment, il me disait « Tu devrais lire tel livre ».

Alors je lisais tel livre et je finissais par comprendre, comme je vous le dis aujourd’hui, que ce n’est pas, en plus, vous rendre service que de vous donner une réponse à votre question.

Certes, sur le court terme, cela peut vous aider.

Mais sur le moyen et long terme, il n’y a qu’en comprenant ce que l’on fait, ce que l’on doit faire que l’on avance véritablement.

C’est pourquoi, dans chacun de mes articles de musculation, plutôt que de donner une réponse franche et directe, j’essaie de vous donner toutes les cartes en main pour que vous compreniez le cheminement qui m’amène à telle réponse ou recommandation.

Pour que vous ne soyez pas comme beaucoup à dire « Untel dit ça, toi tu dis ça, je ne sais plus qui croire ».

Si vous êtes dans cette situation, soyez conscient que ce n’est pas une histoire de croyances.

C’est une histoire de compréhension, d’intelligence, de bon sens.

Car si vous n’êtes pas acteur de votre compréhension, si vous n’êtes pas prêt à être pro-actif, si vous agissez comme un mouton, alors toute votre vie, vous serez le meilleur des esclaves.

Vous serez un « croyant ».

Sortez-vous donc les doigts.

Parce que votre vie en dépend.

Et qu’on ne peut attendre que l’on agisse à notre place.

Vous avez des questions ?

Apprenez à trouver les réponses tout seul.

Et surtout, n’attendez pas qu’elles apparaissent comme par magie.

Ca, c’est le comportement d’un mouton.

Pas d’un Leader.

Rudy

Ps : Si cet article vous a apporté de la valeur, je compte sur vous 😉

4 réponses
  1. Jérôme Belinguier
    Jérôme Belinguier dit :

    Cela me fait sourire cet article et me rassure aussi. Lorsque j’ai vu que tu te lançais dans ce truc de question sur instagram je me suis dit : ça y est il a vendu son âme. Ma première idée était de te poser la question « Est-ce un test ? » Puis je me suis ravisé car je connaissais déjà la réponse que tu nous confirme aujourd’hui. Ce réseau social est vraiment LE CANCER de notre TEMPS PERSONNEL . Je viens d’y réfléchir et compter que je passe 30 min chaque jour sur Instagram. Autant de pages de lectures (en ce moment le livre de Fabrice )en moins. Je vais je penses faire comme ce dernier et fuir tout ça.

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  2. Adrien
    Adrien dit :

    J’ai adoré ce podcast, je vais même le réécouter. Merci pour le film Idiocratie, que je n’ai pas encore vu. 🙂
    Concernant le sujet que tu soulèves sur « est-ce que internet, la disponibilité de l’information immédiate de tout, dans le monde, abruti les gens, les rend encore plus bêtes? »
    Je pense que la réponse est non: internet révèle au grand jour la bêtise manifeste et ce, de façon ininterrompue.
    Ainsi, le monde ne va pas de plus en plus mal, on le découvre simplement grâce à internet, un sacré feed-back! Je crois que le monde va au contraire de mieux en mieux mais avec internet et les réseaux sociaux, on se rend encore plus compte de l’immensité du travail qu’il reste à accomplir.
    Cela va prendre du temps, c’est sûr !!
    Et comme tu l’as déjà dit, il ne faut pas regarder tout ce qu’il reste à faire, sinon on ne se lance jamais, il faut faire petit à petit.
    ps: je pense (encore) que c’est ton meilleur podcast =)

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  3. ABDELKADER GAALICHE
    ABDELKADER GAALICHE dit :

    Salut Rudy cet article d’ailleurs comme tous les articles que tu publiais est très intéressant et reflète que tu es pédagogue en plus que sportif .En effet le savoir n’est qu’une réponse à une question posée.Et c’est nous même qu’on devait parvenir aux réponses à nos questions par nos propre recherches. D’ailleurs un adage chinois disait ne me donne pas un poisson mais fais moi apprendre comment l’attraper par moi même.

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  4. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    j’ai l’impression que tu tournes autour d’un problème récurrent : la plupart des gens ne posent pas de questions pour apprendre, mais pour obtenir confirmation de ce qu’ils pensent déjà, pour faire valider leurs préjugés par une sommité. ça va de « il fait chaud hein? » à des trucs beaucoup plus tordus ; je crois que c’est un biais de l’instinct grégaire qui sommeille en nous, qui nous incite à nous rapprocher de ceux qui font comme nous et à tenter d’agréger les autres à nos convictions, pour se rassurer de ne pas être sur une voie marginale.
    et ça me rappelle une phrase qui explique que dans l’autre sens, lorsqu’on s’exprime et qu’on est au moins écouté, on tombe sur une autre attitude tordue car :
    « il y a des gens qui écoutent pour comprendre, et des gens qui écoutent pour répondre. »

    je te trouve aussi à contrepied de l’époque – je ne suis pas d’accord avec toi : ça me paraît plutôt bien même inespéré aujourd’hui de trouver des gens qui ne se permettent pas tout d’emblée, et qui hésitent avant de solliciter une idole, un aîné ou un maître, parce qu’ils ont conscience de le « déranger » peut-être. dans la rue l’ambiance du jour est plutôt « ouais, c’est où la rue Machin? » – bonjour… et dans les milieux spécialisés les gens ne se demandent même pas qui tu es ou ce que tu as fait, car il suffit désormais d’être là, fier d’exister, pour alpaguer l’autre sans respect comme s’il était au service, comme s’il devait tout au premier venu. oui, autrefois on partait du postulat que les gens avaient une vie intérieure, et qu’on pouvait très bien le « déranger » pour demander seulement l’heure, mais poliment.

    bref, ça y est, t’es un vieux con! bienvenue au club. je crois que ce sujet est intéressant et mérite un développement, car c’est un sentiment universel que les choses se dégradent (et à quarante ans je le ressens moi aussi et plus vivement encore), voire carrément que « c’était mieux avant ». en termes de moeurs, Audiard disait déjà « à partir du moment où il n’y a plus « bonjour Monsieur », il n’y a plus rien. » Einstein : « deux choses sont infinies, l’Univers et la bêtise humaine ». dans de nombreux domaines, à commencer par la scolarité, beaucoup de gens le pensent, et pourtant cela ne peut être absolument vrai, ou alors il faudrait admettre que la décadence aurait commencé à une certaine apogée entre la préhistoire et nous…

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