Talent

LE VRAI TALENT

26 juin 2019

Pour réussir dans un domaine, personne ne peut le nier, il faut être doué.

Nous avons tous en tête ces personnes qui, la première fois, qu’elle joue ou pratique une activité, démontrent des aptitudes incroyables.

Alors, on se dit que l’on est en face d’un futur champion, d’une future star, comme si toutes les portes s’ouvraient à elles.

Comme si, comme dans ce monde, plus on était riche, plus on devenait riche, ce qui est bien évidemment le cas.

Lors de mes débuts en musculation via les Forums SuperPhysique qui s’appelaient autrefois, avant que je les rachète durant l’été 2009, Smart Weight Training, j’ai pu voir au fil des années des personnes vraiment très douées.

Des personnes qui atteignaient des niveaux en terme de performance mais aussi des physiques incroyables en à peine quelques mois, en une année tout au plus.

Alors que je postais des photos une fois par an pour « montrer » mes progrès, ceux-ci faisaient vraiment pales figures à côté de leurs progrès.

Personne n’aurait pu dire que j’étais doué ou fait pour.

Très peu pariaient sur moi. Je me souviens même de « BlackMantis », son pseudo sur les forums, qui me disait, chaque année, qu’on ne voyait pas que j’avais progressé.

Pour la petite histoire, il m’a contacté il y a quelques années pour le suivre à distance s’excusant alors des commentaires peu encourageants à l’époque.

Lorsque j’ai débuté à 14 ans pour 54 kg sur la balance, j’avais du mal avec une barre de 20 kg au développé couché, j’avais du mal à faire plusieurs tractions à la barre fixe. Je me souviens de mes premiers squat avec 27 kg que je chargeais sur ma barre et que j’épaulais pour pouvoir faire l’exercice car je n’avais pas de repose barre.

Je me souviens m’être dit, en me comparant avec d’autres, que je n’étais vraiment pas doué, que je n’étais pas fait pour.

Puis les années ont passé et toutes ces personnes, vraiment toutes, ont arrêté la musculation ou continuent de pratiquer par intermittence.

Pour aujourd’hui, être pratiquement le « dernier » survivant d’une génération, à être, selon certains qui n’ont pas vu mon parcours au fil des années, être quelqu’un de particulièrement doués.

A avoir atteint un niveau que personne n’imaginait possible, à être pris, parfois et à tort de mon expérience, comme la limite de ce que l’on peut atteindre sans dopage.

Parfois, je peux même lire que je serais dopé quand je milite pour la musculation sans dopage depuis plus de 10 ans en combattant l’hypocrisie ambiante.

Alors aujourd’hui, j’aimerais vous expliquer ce qu’est réellement le talent.

Le talent, ce n’est pas l’innée.

Ce n’est pas d’avoir des facilités en dehors de tout entraînement.

Ce n’est de se réveiller un matin en ayant des prédispositions certaines à réussir dans une activité.

Ce n’est pas de progresser rapidement après avoir pensé que l’on n’était pas doué.

Ca n’a rien à voir avec tout cela.

Ca, c’est ce que croient la majorité.

Mais que donnent ces personnes jugées doués ? Sont-elles celles qui battent des records ? Qui révolutionnent le monde ?

Pour avoir lu des centaines de biographies dont j’ai fait le résumé dans le LeaderBook, très rare sont celles qui se situaient parmi les plus douées à leurs débuts.

Pourquoi ?

Parce que lorsque tout nous est servi sur un plateau d’argent, que tout est facile, on n’apprend pas quelque chose de fondamental.

On n’a jamais de vrais résultats.

Comme l’expliquait Christian dans sa dernière newsletter du site SuperCeption.fr :

« C’est une leçon pour les Leaders et Managers : Se concentrer sur le cheminement plutôt que la destination. La seconde est le produit du premier, jamais l’inverse ».

On n’apprend pas ce qu’est véritablement le talent.

Et surtout ce qui l’est de plus en plus de nos jours.

Je me souviens des débuts de Roger Federer, la légende du Tennis, dont j’attends l’autobiographie avec impatience et qui j’espère sortira un jour, que je regardais enfant sur Eurosport.

Je me souviens qu’il n’était pas très bon, qu’il perdait souvent. Dire qu’il atteignait des finales ? Voir des demi-finales ? Jamais.

Il n’était pas prédestiné selon les « experts » à devenir cette légende que tout le monde connaît aujourd’hui.

Parce que ces experts ne savaient pas ce qu’est vraiment le talent.

La semaine dernière, je suis tombé sur un Podcast réellement exceptionnel comme il m’arrive peu souvent.

Je me suis alors empressé de le partager à mes Patreotes car il met des mots sur ce que je pensais depuis longtemps.

C’est une interview de Yannick Noah que vous devez absolument écouter :

Alors le vrai talent, c’est quoi ?

Premièrement, le talent, c’est d’avoir envie.

Ce n’est pas d’être doué, d’être premier maintenant, de faire par nonchalance parce que l’on a des prédispositions.

Ce n’est pas se fouler juste le jour J.

C’est d’avoir envie qui rend attentif et qui rend alors plus performant par la suite.

Comme le dit si bien André Agassi, autre très grande légende du Tennis :

« Je ne suis pas devenu celui que je suis grâce au Tennis mais grâce à l’attention que j’ai vouée au Tennis. C’est le processus qui compte »

Alors dans un monde où l’un des problèmes est justement l’attention et la concentration, j’oserais dire que l’on manque d’envie.

Que l’on exprime des rêves qui n’ont à rien avec ce que l’on souhaite vraiment réaliser.

Que l’on affiche des ambitions sans mettre en place les actions pour les atteindre.

Comme le dit Yannick Noah dans son interview, tout le monde veut gagner Roland Garros, un Grand Chelem mais qui fait ce qu’il faut pour réellement ?

C’est pourquoi, deuxièmement, le talent, c’est la capacité de travailler.

De travailler dans l’ombre, quand personne ne vous regarde.

Comme le dit Michael Phelps : « De l’ombre naît la lumière ».

Ce n’est pas de procrastiner.

Ce n’est pas de changer d’avis tous les quatre matins.

De faire seulement quand on est dans un bon jour, qu’on a l’étincelle.

C’est de se lever à l’heure qu’on a décidé parce qu’on doit travailler.

Parce qu’on a envie.

C’est de bien comprendre que pendant que l’on se repose, d’autres font.

Que si, nos ambitions sont de gagner vis à vis d’autres personnes, que la seule façon de ne pas avoir de regret, c’est de faire tout son possible.

Même si personne ne peut savoir ce que font vos « adversaires », vous pouvez et devez décider de faire le maximum.

Yannick Noah l’explique très bien :

« « Je comptais mes heures d’entraînement par rapport aux autres. Je me disais : « Quand il se barrent en week-end, tous, ils ne s’entraînent pas beaucoup. Le matin, il se lèvent à 7 h 45, 8 h, quand le pion arrive. Je vais essayer de gratter des heures d’entraînement (par rapport à eux) ».

Donc, le matin j’allais servir tout seul. Et là, je me grattais 45 min de service tout seul. Tout seul ! J’y allais en « loucedé », je me planquais. Pendant la semaine, par exemple, on faisait deux footings. Moi, en « loucedé », quand l’entraînement était fini, j’allais courir. Je comptais mes heures d’entraînement comme ça. Et, à la fin, je calculais, ça me faisait des semaines avec 12 h d’entraînement de plus que les autres.(…)

En général on fait une grosse, grosse erreur quand on commence à recruter des jeunes par rapport à la notion de talent. Le talent, pour nous, c’est la technique. Un gamin qui a une espèce de fluidité avec la main, le bras.

Mais moi j’avais un autre talent, c’est que j’étais enragé. J’avais vraiment envie d’être très bon joueur de tennis. (…) Avec certains copains de ma génération, quand on faisait des séries de revers le long de la ligne, je n’en gagnais pas une. Coup droit le long de la ligne : pareil. Au service, par contre j’étais bon. Pourquoi j’étais bon ? Parce que je m’entraînais tout seul. Tous les autres coups, tu ne peux pas.

Physiquement, je m’entraînais tout seul aussi. Ce qui fait qu’à la fin, quand il a fallu faire les comptes, on a dit : « Yannick : super service, super physique ». C’est de là que c’est venu. J’étais doué pour le travail. Aujourd’hui, c’est important qu’on essaie de faire cette différence. Pour filer des bourses etc., il faut essayer de percevoir autre chose que la technique chez un gamin. Il faut avoir le mental, et le travailler. »

Troisièmement donc, le talent, c’est de s’acharner.

C’est de persévérer suffisamment longtemps que la différence se fasse, pour que les vrais progrès arrivent.

Il est, en effet, très très rare, sauf à s’appeler Ato Boldon (Qui reconnaîtra cette référence et qui connaîtra son histoire ?), que l’innée suffise à faire un champion.

Parce qu’évidemment, si vous n’êtes pas le plus doué du monde, vous allez devoir travailler et pas seulement quelques mois.

Vous allez devoir avoir envie pendant des années.

La loi du moindre effort n’existe pas.

Je le vois chaque jour devant le visage dépité de personnes qui me demandent combien de temps il faut pour perdre ce gras récalcitrant autour de la taille ou pour prendre 10 kg de muscle pour se métamorphoser, parce que la vérité, ce n’est pas qu’il faut quelque mois mais souvent quelques années et surtout revoir toutes ses habitudes de « vies » ou presque pour « rester » ensuite ainsi.

Ce qui signifie qu’il faut, encore une fois, avoir ENVIE !

C’est pourquoi vous ne devez pas être influençable, que vous ne devez pas être un mouton.

Que vous devez agir en connaissance de cause.

Pas par rapport à ce que la société ou d’autres essaient de vous faire faire.

Parce que personne ne devient bon dans un domaine sans en avoir envie, en comptant sur ses seules facultés héritées qui vont d’ailleurs devenir de moins en moins déterminantes à mesure que vous allez vieillir.

« A 20 ans, on a le corps qu’on hérite. A 40 ans, on a le corps que l’on mérite ».

Même si la vie est injuste comme nous l’avons vu dans ce Leadercast, il n’en reste pas moins vrai que le vrai talent aujourd’hui, c’est de se donner.

C’est de ne pas reculer devant l’adversité.

Ce n’est pas de se décourager avant même d’avoir commencé parce que tout semble trop lointain.

C’est d’avoir faim.

C’est d’être un guerrier dans la tête et de le prouver par ses actions.

Ce n’est pas d’attendre que ça tombe du ciel car cela tombe rarement du ciel (Je suis d’ailleurs contre les héritages mais on pourra en reparler).

C’est de se sortir les doigts, de continuer quand tout le monde ou presque abandonne.

C’est de travailler et d’être actif quand aujourd’hui, beaucoup pensent à tort que l’on n’a pas besoin de travailler.

Que de nombreuses personnes imaginent que l’on peut réussir, avec certes une fausse vision de la réussite tourné vers la célébrité et les possessions, en se tournant les pouces.

La vérité, c’est que le talent, c’est d’avoir vraiment envie.

A tel point que l’on ne pense pas aux inconvénients de travailler.

Que l’on ne pense pas que l’on fait des sacrifices.

Que l’on ne se plaint pas de sa situation car on sait, qu’avec envie et détermination, la situation va changer.

Il ne s’agit pas de s’apitoyer et de se dire que la vie est injuste, non.

Il s’agit d’avoir les actions de ses ambitions et de ne pas juste se dire « J’ai envie de… » et de ne rien faire pour.

Ca, c’est se mentir et on ne peut pas se mentir, surtout à soi-même.

« On peut tromper une fois mille personne mais pas mille fois une personne ».

Alors, avec le recul, quand j’analyse mon parcours, je me dis donc que je suis plutôt doué.

Je ne l’étais certes pas du point de vue de la définition de la plupart des gens mais je l’étais et le suis dans la meilleure des façons.

Parce que je n’ai jamais eu peur de travailler.

Parce que je ne me suis jamais plaint d’avoir à travailler parfois plus de 10 heures par jour.

Parce que quand j’ai un objectif, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour l’atteindre.

Je ne rechigne pas, je ne repousse pas au lendemain, je fais quand ça doit être ça.

Et vous savez quoi ?

C’est ce qui fait toute la différence, quand je me retourne et que je ne vois plus ceux qui me critiquaient, qui disaient que je n’y arriverais pas.

Je le vois chaque jour avec mes élèves, avec ma Tribu, avec les personnes que je côtoie.

Il n’y a qu’une seule façon de réussir,

C’est d’être vraiment talentueux.

Je pourrais vous citer des noms mais ils se reconnaîtront.

On réussit parce qu’on le veut vraiment.

Sinon, c’est qu’on n’en avait pas envie.

Et alors, il ne faut pas se plaindre.

Il parait que 97% des gens n’atteignent jamais leurs objectifs.

Ferez-vous donc parti des 3% ?

Cela ne dépend que de vous.

Rudy

Ps : Si ce LeaderCast vous a apporté de la valeur, pensez-y. Merci d’avance.

3 réponses
  1. Adrien ANTHONY
    Adrien ANTHONY dit :

    Bonjour Rudy.
    Excellent podcast comme toujours, j’ai particulièrement ressenti de l’entrain sur celui-là, ces sujets te tenant sûrement plus à cœur.
    La citation sur la tromperie est utilisée dans « la cité de la peur ». Lesnuls 🙂

    Le travail acharné dans l’ombre, être l’ingénieur de sa propre destiné, sans l’héritage social..cela me parle, énormément.
    « Tout se joue à 6 ans », écrit par le psy américain Fitzhugh Dodson, est faux de mon avis, tout se rejoue perpétuellement rien n’est jamais joué d’avance. La seule chose qui empêchera celui qui veut, de faire, c’est la mort; que l’on soit handicapé, malade, pauvre, riche, laid, beau. Le mental est une force essentielle à notre survie.
    Je ne sais pas si cela va intéresser quelqu’un en parlant de ma vie, mais j’avais envie de dire cela:
    J’ai toujours été nul en sport, surtout critiqué dans les sports d’endurance dans mon enfance, asthmatique, aucun sport parce que mes parents n’avaient pas les moyens, je me faisais doubler et moqués par des 6° quand j’étais en 4°…30ans après je me suis prouvé que je pouvais finir l’HalfIronman de Doussard en moins de 5h30 (5h11) et le Triathlon de Rumilly en moins de 2h30 (2h21), il m’a fallu 8ans, 16h par semaine d’entraînement en moyenne jusqu’à 25h! mais je l’ai fait, je me suis battu contre moi-même, je pense avoir atteint mes limites. C’est sûr certains doués s’entraînent 6h-8h voir moins pour le même résultat, mais le chemin que j’ai parcouru personnellement, les sacrifices, les livres, les forums, les recherches, les recettes de boissons, le matériel, les heures passées en solo sur le vélo par tous les temps, le fractionné dans la neige, la technique de pied, le vent, la pluie, j’ai pris tout ça en retour, d’un bloc condensé en pleine gueule quand j’ai passé la ligne d’arrivée dans l’indifférence la plus totale certes; le petit garçon triste a pleuré à nouveau mais a repris confiance en lui, un peu.
    J’ai compris que tout est possible si l’on OSE. C’est mon défi maintenant, oser pour devenir celui que je suis. Jusqu’où cela va-t-il me mener?

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  2. Manocia
    Manocia dit :

    Quand tu dis que tu es contre les héritages, ça me rappelle le cas de Jackie Chan qui devrait te parler. Il prévoit de ne donner pas un seul centime à son fils. Il dit « Si il est capable, il pourra se faire son propre argent. Si il ne l’est pas, il ne fera que dépenser inutilement le miens. »

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  3. hugo
    hugo dit :

    Salut,
    tout d’abord merci pour tes podcast. Je voulais appuyer tes propos quand tu dis que le talent c’est du travail et de la
    persévérance. Je me suis fait la réflexion plusieurs fois par rapport aux footballeurs pro. Je me souviens avoir lu un article sur les joueurs de la génération 87 qui avait gagné l’euro espoir. Y ‘en avait que 3 ou 4 qui étais passé pro alors que c’étais censé être les meilleurs de leur génération. A l’inverse, je pense que bcp de joueurs ont pu passer pro parce qu’en partie ils avaient vécu des échecs qui les ont amené à travailler plus et à persévérer. Et cet exemple se retrouve dans bcp de discipline sportive où les meilleurs jeunes font rarement les meilleurs champions.

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