Attention

Je crois que nous sommes dans un monde qui, de plus en plus, ne s’écoute pas.

Je crois que nous arrivons à une apothéose (je l’espère sincèrement) où chacun entend d’une oreille ce qu’il veut bien entendre et fait ses propres conclusions, son avis vis à vis de cette faible écoute.

Je crois que la majorité des gens fait une énorme erreur, constamment, sans s’en rendre compte et que cela nous plonge inexorablement vers le film prophétique « Idiocraty ».

Alors je vais me permettre, aujourd’hui, d’essayer de tout remettre en place.

Parce que rien ne sert d’entendre, rien ne sert d’être là pour ne pas être là.

Je suis sur, que tout comme moi, vous avez déjà essayé d’avoir une discussion, une conversation avec quelqu’un qui avait le nez scotché sur son téléphone, qui était « occupé » ailleurs.

Je mets occupé entre guillemets car comment pourrait-on être véritablement occupé à une chose en essayant d’en faire deux à la fois ?

On ne fait jamais deux choses correctement à la fois, jamais.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui, nous sommes hyper connectés par défaut.

Nous sommes sans arrêt à moitié là et à moitié absent.

Nos journées peuvent passer sans que nous n’ayons vraiment fait d’autres choses que de regarder ce que font d’autres personnes, sans avoir fait les voyeurs.

Nous recevons sans arrêt des informations de partout, des notifications de tout et de n’importe quoi.

Les réseaux sociaux, pensés à la base pour nous rapprocher malgré la distance, sont maintenant pensés pour nous garder un maximum dessus, pour exploiter notre voyeurisme.

Tout est fait pour que nous y restions un maximum à tel point que parfois, je me retrouve à avoir perdu quinze minutes de mon temps, si ce n’est plus.

Tout est fait pour avoir nos données, pour déterminer qui nous sommes, ce que nous aimons pour mieux nous cibler par des publicités, pour essayer de nous catégoriser, de nous faire consommer, de nous manipuler (la mauvaise manipulation).

De plus en plus, étant présent depuis plus d’une dizaine d’années dessus si je ne dis pas de conneries, je peux voir la tournure qu’ils prennent.

Alors qu’auparavant, quand quelqu’un s’abonnait à ce vous faisiez, il était sur de voir ce que vous partagiez, désormais, cela n’est plus le cas, quelque soit le réseau social d’ailleurs.

Tout cela est devenu une énorme machine à fric qui nous fait perdre progressivement une partie de ce que nous sommes, de ce que nous sommes censés être.

A recevoir des notifications, des messages, des appels en tout temps, nous sommes dans un monde où il faut être disponible en tout temps.

Si vous recevez un message et que vous répondez le lendemain, cela peut être mal pris.

Si on vous appelle, que vous êtes occupés à autre chose et que vous ne répondez pas, cela peut créer une dispute.

Que si, aujourd’hui, on n’est pas prêt à être là, là et là… C’est à dire partout à la fois, à la demande de chacun, cela ne va pas.

A vivre comme cela, que se passe-t-il ?

Nous perdons notre connexion avec les autres.

Comme j’en parlais dans ce Leadercast, nous sommes dans un monde où il est plus en plus difficile de nouer des relations, de s’entourer, de faire parti de quelque chose de plus grand que soi.

Or, le bonheur ne saurait se trouver seul mais est la résultante d’actions communes, de partages.

A ne pas savoir faire la part des choses entre ce qui est réellement important et ce qui est futile, nous ne savons plus être là, maintenant, tout de suite.

Il y a de nombreux livres sur le sujet du moment présent comme « le pouvoir du moment présent » ou mieux à mes yeux « Le guerrier pacifique » de Dan Millman dont un film était sorti au début des années 2000.

Si l’on ne sait pas être là, maintenant, alors découlent plusieurs problèmes, qui comme par hasard, sont sans arrêt remis sous nos yeux sans que rien ne change.

On nous parle régulièrement des problèmes d’attention et de concentrations des enfants à l’école.

Mais comment pourraient-ils ne pas en avoir si à 8 ou 10 ans, ils ont déjà leurs propres téléphones et/ou sont scotchés dessus à longueur de journée ?

Comment quelqu’un en construction, même si on l’est durant toute sa vie, pourrait savoir quel degré d’attention accorder à quoi et quand ?

Comment pourrait-il savoir ce qui est important ?

Pour moi, le problème de la concentration n’en est pas vraiment un.

C’est un problème d’attention.

C’est un problème de priorité.

Nous ne pouvons pas faire deux choses à la fois et naturellement, l’être humain ira vers ce qui est le plus facile, le plus confortable.

Qu’est ce qui est le plus « difficile » (Notez les pincettes), écouter son professeur en cours, devoir réfléchir ou regarder les réseaux sociaux et jouer à des jeux débiles ?

Au choix, sans remise en question, que l’on soit enfant ou même adulte, la plupart ira vers le deuxième choix.

Entre lire un livre, regarder un documentaire ou faire défilé son fil d’actualité, lire les avis de tous qui ne valent rien parce qu’ils n’écoutent jamais, quel choix faites-vous ?

Parce que le deuxième problème est là.

Il y a une différence fondamentale entre entendre et écouter.

Entendre, on peut le faire d’une oreille, on peut le faire en étant absent.

Comment sait-on si on ne fait qu’entendre ?

C’est simple, deux minutes après, on ne sait même plus ce que l’on disait.

A ne faire qu’entendre, on n’est pas là, on ne vit pas vraiment, on ne « profite » pas du temps.

Alors qu’écouter, c’est un processus actif.

Ecouter, c’est être là.

C’est faire un « effort », le mot est fort, de compréhension, d’implication dans la discussion avec autrui.

C’est comme lire et survoler.

Combien de personnes survolent des discussions plutôt que de lire consciemment ?

On en arrive alors, comme je disais en préambule, à des personnes qui ont des avis sur tout et rien alors qu’elles ne devraient pas en avoir ou moins pas le donner.

On assiste à des discussions sur Facebook, Instagram et compagnies où chacun donne son avis sans lire ce qui a été écrit précédemment.

Pire, parfois, sans même lire le message de base, la publication.

Le problème, c’est qu’à choisir d’être distrait sans arrêt, nous perdons notre connexion entre nous.

Nous n’arrivons plus à nous intéresser à ce qui se passe dans la vraie vie.

A accorder de l’importance aux vrais gens.

Nous devenons individualistes, à ne penser qu’à soi en apparence mais surtout aux autres au final.

Nous sommes obnubilés par ce que disent des gens qui n’existent pas, qui s’inventent une ou plusieurs vies.

Nous oublions ceux qui sont autour de nous, comme s’ils étaient moins importants que des pseudos stars.

De cela, en découle et je le vois chaque jour, une diminution des capacités cognitives.

Je vois des gens qui n’ont plus de mémoires, qui ne retiennent rien parce qu’ils ne font d’entendre, parce qu’ils sont partout et nul part à la fois.

Je vois des gens qui n’ont plus de culture, qui comptent sur leurs téléphones pour leur dire tout ce qu’ils ne savent pas.

Imaginez si Internet se crashait demain ?

Mais peut être que c’est déjà ce qu’il se passe avec les réseaux sociaux où de plus en plus de personnes que je côtoie dans la vraie vie n’y sont plus, ont fuit.

Et si je ne devais pas faire preuve de présence et de visibilité, cela fait bien longtemps que je n’y serais plus non plus.

Certes, il y a des choses intéressantes mais encore faut-il arriver à faire le tri.

C’est drôle, mais à l’instant, je viens de recevoir une newsletter quotidienne économique à laquelle je suis abonné et qui parlent de l’explosion des coach détox aux Etats-Unis.

De quoi s’agit-il ?

De personnes qui aident les enfants à se désintoxiquer des écrans.

Plutôt que d’être aussi extrémistes, même si l’envie ne me manque pas, j’oserais dire qu’il appartient à chacun de faire les bons choix.

Voici ceux que j’ai fait personnellement et qui sont l’application pratique de cet épisode de Leadercast :

1 – Ne pas installer les Emails sur mon téléphone. Sinon, je suis sans arrêt déranger et j’ai envie d’y répondre.

2 – Enlever toutes les notifications des réseaux et applications de celui-ci parce que, comme pour les emails, je vais avoir envie de regarder et de m’en occuper.

3 – Quand je fais quelque chose, j’éloigne mon téléphone. A l’instar de ce que faisait Antonin Archer qui a animé le Podcast Nouvelles Ecoles pendant plus d’une année, je ne le mets pas dans une boite mais je l’éloigne. Cela me fait d’ailleurs penser qu’une bonne façon de se lever quand son réveil sonne, c’est de mettre son réveil loin de soi, inaccessible. Ainsi, on sera forcé de se lever, au moins pour l’éteindre.

4 – Quand je parle à quelqu’un, je suis là. J’écoute activement. Cela surprend d’ailleurs beaucoup de personnes que je me souvienne autant de ce qu’ils m’ont dit. Mais quand on écoute, qu’on est impliqué, on retient les choses. Ce n’est pas une question de manger plus ou moins de poissons. Je m’intéresse vraiment à ce qui se dit parce que la question m’intéresse et la réponse (vice versa).

5 – Si je suis avec des gens, je ne regarde pas mon téléphone. Rien n’est urgent, n’est plus important, que ce que vous faites actuellement. C’est important de le comprendre.

Ainsi, si on fait le choix d’être connecté quand on l’a décidé et de ne pas subir l’hyper connexion, on ne profite que des avantages.

On peut avoir peur de passer à côté de certaines choses, de « louper » des trucs potentiellement intéressants mais il y a tellement d’informations que de toute façon, vous ne pourrez pas tout suivre et que, de toute façon, notre temps d’attention étant limité par jour, en moyenne à 4 heures par jour, rien ne sert de pousser le bouchon trop loin comme Maurice (Qui reconnaîtra la référence ? 🙂 ).

La vie, c’est une question de choix.

Qu’est ce qui vous intéresse réellement ?

Est-ce de vivre à travers les autres, de regarder tout ce qu’ils font et d’avoir peur de l’autre dans la vraie vie ?

De rêver de faire sans jamais faire parce que regarder la vie d’autres est plus intéressant que de vivre la vôtre ?

De vivre virtuellement ? D’être un Geek, un Nerd ? Ce qui n’est pas un compliment à la base, qui n’est pas connoté positivement.

Ou c’est de vivre dans la vraie vie, de faire, d’agir, d’être là, ici et maintenant comme Dan Millman dans le Guerrier Pacifique ?

Est-ce que c’est de passer à côté de tout parce qu’on a peur de louper la dernière connerie de tous les monsieurs patates du monde ?

Ou est ce que c’est d’avoir de vraies conversations, de vraies relations, au final, un vrai entourage ?

L’important, ce n’est pas ce qui se dit, c’est que vous dites et ce que l’on vous dit de manière directe, en face à face.

Ce n’est pas ce qui se passe dans votre dos et qui ne vous concerne pas directement.

C’est ce qui se passe quand vous êtes parti prenante, quand vous êtes votre propre acteur et pas seulement un spectateur.

J’ose croire que si vous êtes ici à me lire, c’est que vous ne désirez pas être seulement spectateur.

Alors agissez en connaissance de cause et priorisez votre temps comme vous l’entendez.

Vous découvrirez sans doute que vous avez bien plus de mémoire que vous ne le pensiez,

Bien que plus de temps que vous ne le croyiez,

Et qu’au final, vous serez bien plus heureux qu’à être dérangé par des inconnus qui font les pitres et jouent sur l’indignation pour attirer votre attention.

Votre attention, c’est tout ce que vous avez pour faire la différence.

Prêter son attention, c’est voter.

Votre attention détermine qui vous êtes et qui vous serez.

Alors comme le temps,

Apprenez à déterminer ceux qui la mérite.

Parce qu’à la laisser aux mains d’autrui,

Vous ne verrez pas votre vie défiler,

Et surtout vous ne vivrez pas.

Alors faites attention,

C’est important.

Rudy

Ps : Un petit bonheur en appelle un autre 😉

11 réponses
  1. Pierre BOUTTIER
    Pierre BOUTTIER dit :

    Salut,

    J’aimerais revenir sur plusieurs points:

    « Je crois que nous arrivons à une apothéose (je l’espère sincèrement) où chacun entend d’une oreille ce qu’il veut bien entendre et fait ses propres conclusions, son avis vis à vis de cette faible écoute. »
    Il y a pour moi deux problèmes distincts, le problème d’époque: le manque d’attention lié aux distractions toujours plus nombreuses, et un problème bien plus ancestral. Ce problème vieux comme le monde, c’est que les personnes n’entendent pas à moitié, mais entendent ce qu’ils ont envie d’entendre.
    Les personnes ont une sorte de filtre, fait de leurs opinions, de leurs croyances, etc qui fait qu’elles ne vont pas interpréter les paroles de façon factuelle, mais toujours en rapport avec leurs raisonnements. C’est un biais cognitif, une sorte de raccourci du cerveau pour optimiser le fil de pensée, qui est connu sous le phénomène d’abstraction sélective (pour en apprendre plus http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.1999.syao&part=9194). Je pense que ces sujets peuvent faire l’objet de plusieurs podcasts.

    Ensuite sur les divers mécanismes de demande d’attention, il faut revenir à la base. Pour cela, je citerais Albert Jacquard, dans son livre « mon utopie », « Le métier de TF1, dit son président, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible ; c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ».
    C’était vrai en 2006, c’est toujours le cas. Les réseaux, news, et autres n’ont pour but que de vous rendre receptif à des produits. Votre fil d’actualité n’est pas neutre, il est orienté et filtré de façon que la publicité est un impact maximal sur votre personne. Et pour avoir le plus de chance que vous y retourniez, on vous envoit constament des notifications, des alertes, des mails, etc. Pour revenir à cet esclavage mental et pouvoir vous vendre plus de chose inutile.
    Donc que faire ? Comme tu le dit Rudy, il faut éviter comme la peste les comportement par défaut, le mimétisme social. Si vous recevez des notifications, vous acceptez que ces entreprises vous accapare votre bien le plus précieux: votre temps.

    Pour revenir sur ce problème d’attention, si tu ne l’as pas vu, tu peux regarder l’épisode 3 de la saison 1 de black mirror  » Retour sur image ». Les gens vivent constamment dans l’interprétation du passé, en analysant les moindres détails, mais en oubliant complétement de vivre le moment présent.

    Sinon, comme d’habitude, super podcast, continu comme ça.

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  2. Grace
    Grace dit :

    Bonjour! Coach! Je pense que vous avez raison. Moi même il y a pas longtemps je me suis demandé pourquoi je me précipité pour publier mes photos sur les réseaux sociaux et je me suis rendu compte que je ne le faisais pas pour le plaisir mais plutôt pour prouver a quelques filles qui m’avaient rejeté que malgré leur réactions j’étais toujours a l’aise. Je pense que c’est vraiment une perte de temps, a la place je me suis rendu compte que j’avais pleine d’autre opportunité des rencontrer des filles dans la vraie vie et que dans la vie on est peut pas plaire a tous le monde. Je pense que nous le faisons aussi parfois pour prouver non pas seulement aux filles mais aussi a toute les personnes qui nous ont frustré directement ou indirectement

    Répondre
  3. Stephane
    Stephane dit :

    Bonjour Rudy, superbe podcast qui donne envie de s’ouvrir aux autres… Et de se fermer des réseaux également !
    Tout revient au fait que notre temps est précieux et qu’il faut vivre l’instant présent.

    J’ai une question qui n’a pas de rapport avec le podcast. Mais étant jeune entrepreneur, je veux créé mon site, j’envoie énormément de mails à des développeur, échange avec eux. Mais j’ai l’impression de me perdre un peu comme dans la musculation, dans une masse d’informations. J’ai déjà écouté ton podcast concernant la création de superphysique, mais pourrais tu en faire un sur la création d’un site Web (dans un précédent podcast tu parlais de ton ami Richard qui est webmaster). Donner tes conseils, erreurs que tu as faites ?

    Bonne soirée.
    Stéphane

    Répondre
  4. Barth
    Barth dit :

    Bonjour Rudy,

    Quel épisode complet et bien amené. Mon préféré de cet été !
    Tu y abordes des sujets cruciaux pour notre société : l’éducation des enfants, la guerre de l’attention, l’instant présent, le vote par la consommation.

    Je vais te rapporter mon expérience car elle pet ouvrir les yeux à certains :
    Il y a 3 ans, avec beaucoup d’ambition et 2 amis je créais une application, avec beaucoup de potentiel. Une startup comme on dit. Nous avons cherché des fonds pour les premiers frais.
    Alors que notre application avait pour but d’apporter de la valeur dans la vie réelle, nos investisseurs regardaient uniquement les chiffres d’utilisation et de captivation de nos utilisateurs.
    Ces chiffres ne montaient pas alors que notre valeur ajoutée réelle, augmentait fortement.
    Cela a failli tuer la boite car nos investisseurs étaient obnubilés par ces chiffres : le temps passé sur l’application, le nombre d’utilisateurs hebdomadaires récurrents etc.
    Aujourd’hui nos investisseurs ont complètement modifié la vision et la ligne directrice de l’entreprise à tel point que j’ai été viré de ma propre entreprise.

    J’irai même plus loin.
    Au travers de cette même aventure, j’ai eu la chance de visiter Facebook dans la Silicon Valley, dans le cadre d’une formation à la création d’application.
    On m’a alors présenté aux « experts produit » chez Facebook. Des centaines de mecs brillants qui travaillent tous les jours pour nous rendre accros à l’application. C’est même une science décrite dans certains livres brillants (et terrifiants) comme Hooked ou Facebook Effect.

    J’y ai tellement appris de choses effroyables. Car rien n’est laissé au hasard. La musique et la couleur des notifications sont étudiées cliniquement pour créer des stimulis de stress et de manque chez les utilisateurs.

    Donc oui, nous, qui sommes conscients de la nocivité des Réseaux, nous nous battons contre les meilleurs ingénieurs du monde. Nous devons refuser ce monde, où certains utilisent nos points faibles insconscients les pus profonds pour nous réduire à l’état de bétail.
    Mais il faut être aussi être fier de ce combat, car c’est déjà une victoire. Savoir dire non à ces entreprises qui vendent notre cerveau n’est pas si simple, et nous devons savourer les instants présents dans lequel nous leur tournons le dos et donner envie à d’autres de le faire !

    Les réseaux sociaux rendent profondément malheureux de plus en plus d’études le montrent alors pour en être heureux, restons loin d’eux.

    Merci pour ton temps de lecture si tu as lu ce message 😉

    Barth,

    Répondre
  5. Jeronimo
    Jeronimo dit :

    Très bon podcast, j’ai moi même pris des initiatives concernant mon téléphone, j’ai pris un forfait avec très peu d’internet, genre 100mo par mois, outre le prix ridiculement bas d’un tel forfait ça nous pousse à ne pas surfer quand on est de sortie, le téléphone reprend son utilité première : être un téléphone.
    Je me suis rendu il y a quelques jours à Orléans, avec du forfait j’aurais été tenté de m’asseoir sur un banc et ‘geeker du vide, consommer du rien ‘, hors là je suis parti découvrir le merveilleux centre ville historique.

    Répondre
  6. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    bon nous on t’écoute, tout n’est pas perdu! mais effectivement beaucoup de gens vivent aujourd’hui dans une excitation permanente, qu’ils recherchent, et qui les maintient dans l’état d’un gamin qui en prend plein les yeux au parc d’attractions. et fatalement le gamin sera soustrait à cette excitation à un moment où l’autre, après une heure ou cinq, tandis que les dits « adultes » sont autonomes pour se lancer à la poursuite permanente de nouveaux stimulis : après la nuit en boîte, « l’after », après le « buzz » sur petit écran, le scandale pour un rien en place publique, un petit jeu de hasard au passage, des soldes dans les vitrines, et une population entière d’adolescents éternels, hurlants, sautants, d’autant plus excités qu’ils sont nourris au sucre… tu voulais sans parler de paroxysme plus que « d’apothéose » mais malheureusement, je crains que nous ne soyons pas au bout de nos déceptions ou de nos cauchemars. THX1138 (Georges Lucas), Nous autres (Zamiatine), le meilleur des mondes (Huxley), les oeuvres d’anticipation annonçant l’horreur ne manquent pas, et le délitement de l’humanité se produit plus vite qu’ils ne le craignaient.
    concernant les réseaux sociaux c’est juste la même chose que les torchons des paparazzis (et ça existe encore : « le prince Williams a-t-il déclaré son amour a Sabrina? »), un business qui exploite les plus basses faiblesses de l’humanité. comme le dit Pierre ce sont donc deux problèmes, la nature humaine qui mérite d’amples développements, et l’exploitation qui en est faite aujourd’hui. il cite également le patron de TF1 qui se vantait de vendre « du temps de cerveau disponible », or les Gafa ne font rien d’autre que de bien plus sophistiqué et pervers grâce à toutes les informations et les moyens dont ils disposent, et aux algorythmes permettant de personnaliser leurs attaques. dans une certaine mesure j’apprécie de voir s’afficher des publicités qui me concernent plutôt que de la lingerie féminine, dans une certaine mesure tous ces nouveaux outils sont extrêmement pratiques et sympathiques (pour le business autant que pour partager les photos de vacances avec la famille éloignée, etc) …mais le danger est que les limites de la santé mentale sont invisibles. et ce n’est pas une éxagération puisque les américains sont de plus en plus nombreux à payer des spécialistes pour désintoxiquer leurs enfants de la dépendance aux multimédias. on ne possède pas encore de certitude sur la nocivité des téléphones portables ou ondes wifi mais les dégâts causés par ce que les médias officiels nomment hyprocritement « les écrans » sont établis, et les troubles de la personnalité s’ajoutent aux lésions cérébrales (et je considère qu’un abîme sépare les jeux vidéos ou le téléphone intelligent – à ta place – et l’écran de la télévision devant lequel chacun avait au moins conscience de ne rien foutre). je laisse chacun méditer sur ces dégâts et tous les bienfaits que pouvaient en retirer ceux qui comme moi ont eu encore la chance d’entretenir des relations épistolaires avec des relations lointaines (j’explique pour les jeunes : on pensait longuement aux gens, un soir on se mettait devant la feuille blanche, on rédigait, on pliait sous enveloppe, on timbrait et on déposait à la boîte jaune, sans espérer de réponse avant une bonne semaine au minimum).
    le plus inquiétant si l’on est honnête, est de s’apercevoir que nous-mêmes, les anciens qui nous sommes construits sans cela, ne sommes pas à l’abri des ces problèmes pour autant, si nous laissons s’installer de mauvaises habitudes. après je ne m’inquiète pas outre mesure de la perte de mémoire ou d’attention que tu illustres par le cas de ta propre mère, il suffit de se débrancher et laisser son esprit se reposer de cette excitation permanente par de saines activités, pour retrouver rapidement ses pleines facultés.
    en aparthé j’ajoute que parmi toutes mes fréquentations j’observe un rapport quasi parfait entre le temps passé sur les réseaux sociaux et le niveau social… plus les gens sont instruits moins ils s’en servent.
    les jeunes devraient donc être encore plus solidement formés que nous l’étions, or ils ne le sont plus du tout, littéralement abandonnés à ces dangers par des irresponsables qui mériteraient d’être dénoncés à la Protection de l’Enfance (et qui pousseraient certainement des hurlements si on leur suggérait de laisser leur enfant seul deux heures dans la forêt ou dans un pâturage avec les vaches…)
    tu l’as sans doute entendu toi-même, ce n’est pas un hasard si tous les enfants des gérants de ces sociétés, dont Apple et Facebook, donc Jobs et Zuckerberg en tête, mettent leurs propres enfants dans des écoles fonctionnant à l’ancienne, à la craie sur le tableau noir. quand on sait qu’en France l’éducation nationale elle-même instaure l’usage des tablettes dans ses établissements, là encore on peut rire jaune en se rappelant des débats des années 90 sur l’utilisation de la simple « calculatrice » dans les sections scientifiques. en tant que père d’un petit garçon je m’interroge chaque jour sur la manière dont je pourrai le protéger de ces technologies, la privation totale étant bien évidemment le meilleur moyen de créer un manque et une addiction future ; mais je me pose comme critère d’une éducation réussie de l’entendre un jour répondre au copain qui lui proposerait une partie de jeu sur écran qu’il n’en a pas envie ou pas le temps, parce qu’il veut aller jouer dans le ruisseau avec son chien, s’entraîner à la salle d’escalade ou simplement finir le livre commencé. et si cela peut renforcer ou en réconforter certains, je ne parle pas dans le vide, c’est un combat de tous les jours qui n’est jamais facile, y compris et en particulier en famille, puisque l’on est toujours plus faible dans la sphère affective. concrètement j’ai pourtant été jusqu’à ramasser un cadeau de mon beau-père, lui mettre dans les mains et le foutre dehors avec. j’ai l’impression qu’on n’est plus très copains, mais mon fils ne me demandera pas pourquoi je voyais, je savais, et malgré tout je n’ai rien fait.

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  7. ABDELKADER GAALICHE
    ABDELKADER GAALICHE dit :

    Salut Rudy les réseaux sociaux peuvent être d’énorme utilité comme à l’envers sujet de tous les malheurs.Tout réside dans la façon dont on en se sert .Tu sais Rudy qu’en Tunisie une grande révolution s’est déclenché en 2011 et a fini par renverser le régime en place du dictateur Ben Ali grâce aux réseaux sociaux .D’ailleurs on qualifiait cette révolution de révolution numérique

    Répondre
  8. Insaf
    Insaf dit :

    Comme la plupart, j’ai horreur d’être « sifflée » par mon téléphone et je déteste cette addiction que j’ai d’avoir systématiquement le téléphone dans les mains pour être la plus réactive possible mais une phrase que tu as prononcée m’a interpellée « mettre mon téléphone en mode avion »… C’est un luxe aujourd’hui Rudy ! Lol ! Pouvoir se coucher sans être « connecté(e) » relève de l’utopie pour moi. J’ai une situation professionnelle et personnelle qui m’obligent à être joignable H24 7/7J, je le regrette mais si je ne le choisis pas (comme pour le boulot) et bien il m’est imposé (situation personnelle) donc je fais avec malheureusement. Je rêve de vivre sur une île déserte isolée et auto dépendante mais c’est un rêve et la réalité est toute autre.
    Le temps est la chose la plus précieuse que l’on ait, tu l’avais déjà mentionné dans un autre podcast et je confirme, c’est la seule chose qu’on ne peut acheter aujourd’hui, ce qui est perdu, l’est définitivement. Il faut donc s’astreindre à faire des choix, définir des priorités pour le consacrer à des choses qui ont une valeur ajoutée dans notre quotidien, où l’on se dit qu’aujourd’hui nous avons appris qqch. Disperser son temps sur les réseaux sociaux ce n’est pas mon délire mais je peux comprendre que l’activité de certains les oblige à y consacrer bcp de leur temps pour se promouvoir. Que faut-il faire aujourd’hui : s’isoler, se couper de tout et prendre le risque d’être à la traîne ? Ou suivre la tendance générale, être « up-to-date » en permanence au risque de mettre de côté ses convictions ? Mon choix est fait personnellement ! 🙂 #RingardeMaisAlignéeAvecMesValeurs

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  9. Nathalie Flamant
    Nathalie Flamant dit :

    Tu évoques un sujet très important pour moi car justement je me plains constamment de ne pas avoir de mémoire ! Mes proches me font la remarque que je n’écoute pas ! Et oui ils ont raison, tu as raison !!!
    Je suis persuadée de pouvoir faire plusieurs choses à la fois mais je me perds et au final il n’en reste rien !!
    J’avais pris l’habitude d’écouter tes podcasts en voiture … c’est ridicule !! Je ne peux pas conduire et être suffisamment attentionnée pour entendre ce que tu dis. Donc maintenant je t’écoute quand je suis au repos.
    J’ai fait l’expérience de couper tous les réseaux pendant une semaine lors de mes vacances et quel bonheur !
    Je vais travailler là dessus parce que c’est important pour moi de me recentrer sur des choses vraies et avancer mes projets dans la vraie vie et non à travers les réseaux sociaux
    Merci à toi pour tes réflexions pleines de bon sens et inspirantes

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