Entourage

Dans la continuité de la semaine dernière, j’ai reçu un message qui m’a particulièrement interpellé il y a quelques semaines.

Je vous en ai d’ailleurs parlé la semaine dernière dans la version audio du précédent Leadercast.

Loris, âgé de 20 ans, a du mal à se construire un entourage de qualité.

Autour de lui, ne figure, d’après lui, qu’une immense majorité de personnes qui n’ont pas d’ambitions, pensent à faire la fête, à se laisser vivre quand lui veut entreprendre, veut être un Leader pour lui-même et vivre une vie par choix.

Il fait bien quelques rencontres en salle de sport mais c’est, selon lui encore une fois, loin d’être suffisant pour s’élever ensemble, pour reprendre la phrase que je répète en boucle pour ceux qui suivent mon travail sur les réseaux sociaux « Ensemble pour faire mieux que seul ».

Jim Rohn, un défunt entrepreneur américain disait que l’on était le reflet des 5 personnes que l’on côtoie le plus.

Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur cette généralité et vous expliquer ma vision de l’entourage.

Nous vivons dans un monde de plus en plus individualiste.

La montée en puissance de l’internet, des réseaux sociaux, des plaisirs personnels que l’on peut vivre seul dans son coin, sur son canapé, derrière un ordinateur sans jamais sortir de chez soi font croire, à tort, à une immense majorité de personnes, qu’ils n’ont besoin de personnes.

Qu’ils peuvent réussir sans les autres.

Qu’ils peuvent tout faire seul, chez eux.

Ils croient, via leurs éducations, qu’ils ne doivent rien à personne.

Que tout doit être du et leur ai du sans qu’il n’y ait besoin de faire d’effort.

J’existe et j’ai le droit, sans penser aux devoirs qui permettent de donner le droit.

Ils attendent le bec ouvert que quelque chose, si ce n’est tout, leur tombent dedans.

Dans la réalité, rien de bien n’arrive en attendant.

L’ordinateur individuel comme décrit par Steve Jobs et popularisé en 1976 a poussé les gens à s’expatrier chez eux, tout seul.

L’individualisme poussé à l’extrême, ce à quoi nous assistons par une grande partie de la population qui ne pense qu’à soi, par manque de réflexion sur les enjeux bien plus grands qu’eux de ce monde, pousse chacun ou presque à ne penser qu’à soi, à son petit plaisir personnel.

Et pire, à devenir asocial.

A croire que l’autre est son ennemi, que l’autre veut son propre bien au détriment de celui des autres.

Il suffit de voir dans des lieux « hostiles », dans certains quartiers de certaines villes, le climat pesant qu’il y a quand vous regardez quelqu’un sans mauvaises intentions aucunes. Pourtant, cela peut être pris pour une attaque, un défi et dégénérer sans véritable raison.

Comme si, regarder quelqu’un était un affront dans un monde où on l’on devient plus habitué à regarder son écran d’ordinateur ou de téléphone qu’un être humain.

Alors, bien évidemment, je comprends Loris et sa difficulté à se construire un entourage de qualité, surtout quand on n’est pas « encore » dans son milieu, que l’on est obligé d’être dans, en théorie, un milieu neutre pour se former et se lancer, par la suite, dans la vie active.

J’oserais traduire le mot « neutre » par « moyen » et autant dire, je pense que vous serez d’accord avec moi que personne n’a envie d’être dans la moyenne.

La moyenne, c’est être un mouton dans le troupeau, c’est faire comme tout le monde et ce n’est pas très glorieux, ni très épanouissant.

Ce n’est pas comme ca que l’on construit un entourage de qualité qui permet de s’élever.

Alors dans un monde où il devient de plus en plus difficile d’aborder les gens, de nouer des relations sociales et amicales, de discuter, comment faire pour se construire un entourage de qualité ?

Je pense que la première chose à comprendre est que ce n’est pas une question de « nombres ».

Quelque soit le domaine, l’importance, c’est la qualité.

Il vaut mieux avoir 2 ou 3 personnes sur qui compter, avec qui partager, avec qui on peut avancer qu’avoir 50 personnes vagabondes, indécises qui finalement ne tirent pas vers le haut mais vivotent.

En ce sens, Loris, tu ne dois pas chercher, à l’instar de ce que font beaucoup sur les réseaux sociaux, à avoir le plus nombre « d’amis » possible.

Cela n’a rien à avoir avec jusqu’où tu iras.

Le deuxième point, et même si je fais parti de ceux qui pensent que c’était mieux avant les réseaux sociaux, il n’empêche que ceux-ci ont des avantages indéniables afin de se rapprocher des gens dans un premier temps.

Il est facile, si on est un tant soit peu intelligent, de contacter quelqu’un dont on souhaiterait se rapprocher en lui écrivant un email.

Alors, évidemment, il ne faut pas écrire n’importe quoi, il faut bien écrire.

Cela me rappelle qu’à mes débuts en musculation, j’avais contacté Joseph Ponnier, un champion de développé couché français, afin de lui poser des questions sur des articles qu’il avait écrit sur son site quant à sa méthode pour progresser sur cet exercice où il avait réalisé 200 kg en moins de 75 ou de 67.5 kg (ma mémoire me trahit sur ce coup).

Devant mon message, celui-ci m’avait répondu et j’avais été agréablement surpris qu’il le fasse.

Avec le recul, je comprends pourquoi il l’a fait et pourquoi je réponds à certains emails et pas à d’autres.

Lorsque l’on veut rentrer en contact avec quelqu’un, la première chose à faire, c’est de le faire parce que l’on a des points communs, que l’on s’intéresse vraiment à ce qu’entreprend et fait cette personne.

Si quelqu’un m’écrit pour me demander, par exemple, si je fais du coaching, cela démarre mal.

Maintenant, si une personne m’envoie un email et m’écrit en montrant bien qu’elle suit ce que je fais, déjà, je suis plus enclin à prendre de mon temps pour lui répondre.

Bien que cela ne suffise pas à faire parti de l’entourage de quelqu’un, cela permet d’y mettre un premier pied, d’avoir un premier contact.

Parce que pour faire parti de l’entourage de quelqu’un, pour créer son groupe, sa tribu, il faut ensuite comprendre que cela doit être d’égal à égal.

J’oserais presque dire « donnant-donnant » mais dans le sens où cela n’est pas calculé, dans le sens où il y a un échange.

Si l’on est fan d’une personne, jamais on ne pourra faire parti de son entourage.

Si on pose des questions auxquelles il a déjà répondu des centaines de fois, vous perdre des points.

Rappelez-vous, et cela est bien expliqué en psychologie, que la première impression est déterminante pour la plupart des gens et qu’il est très difficile d’y revenir, encore plus à distance.

Internet nous permet de nous rapprocher des gens, d’enclencher la première étape.

Il est évident que si quelqu’un participe, par exemple, au Club SuperPhysique, je vais avoir plus facilement de la sympathie et avoir l’envie d’échanger avec.

Que si la personne commente régulièrement ce que je partage et que j’y détecte de la sincérité, l’échange va se faire.

Mais comme je le disais, cela n’est qu’une première étape.

Car, et c’est peut être moi, je pense qu’il est impossible de construire un réel entourage sans rencontre physique, sans se déplacer dans la vraie.

Je sais d’expérience, qu’aujourd’hui, de moins en moins de personnes se déplacent, que la plupart préfère ne pas vivre en restant derrière les écrans mais il n’empêche que rien ne vaut les rencontres physiques, ne serait ce que par l’expression non-conscience des émotions, par la communication non-verbale, pour se rendre compte de ce qu’il en est vraiment.

Ce n’est pas pour rien que j’organise régulièrement des tournois à Annecy dans ma salle du SuperPhysique Gym, même si pour la cinquième saison consécutive, j’y suis de ma poche.

Parce que l’entourage se construit dans la vraie vie.

C’est pourquoi Loris, je ne peux que t’encourager à te déplacer, à bouger et à ne pas regretter de ne pas l’avoir fait.

En 2003, alors que je n’avais pas encore 16 ans, c’est ce que j’ai fait en me rendant aux rencontres qu’organisaient chaque samedi sur l’île de puteaux en région parisienne, les « putois », c’est à dire la bande d’irréductibles des forums de musculation Smart Weight Training qui sont devenus par la suite les forums SuperPhysique.

Il y avait des règles simples. Chaque semaine, un sujet était ouvert sur le forum et disait qui venait, à quelle heure et les règles qui étaient assez simples à savoir que chacun devait amener 20 kg de fontes et une corde pour se lester sur des exercices s’y prêtant (Dips et Tractions).

Cet entourage que j’ai construit à ce moment là est toujours présent malgré les années et je parle d’il y a 16 ans.

Fabrice, le fondateur de SWT, est devenu mon associé sur SuperPhysique.

J’ai revu plusieurs fois celui que l’on surnomme le Kowok cette année à Annecy.

J’ai revu Jérome, Fyang et j’ai même eux des nouvelles récentes de Jean Marc qui s’occupait du forum avant que je lui rachète et qui m’avait donné l’idée du passage de ceinture au moment de la transition durant l’été 2009.

Tout cela pour dire que le bon entourage se construit à force de travail.

On a souvent, à tort, d’après moi, l’impression que le travail est quelque chose de forcer, de négatif.

Pour moi, cela signifie faire des efforts sous couvert qu’on n’a pas l’impression d’en faire.

A 16 ans, je me levais à 7 heure le samedi matin, pour prendre le train à 8 heure pour arriver à 9 heure à notre rendez-vous hebdomadaire qu’il pleuve, qu’il neige, que le temps soit pourri ou pas.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que le moindre petit effort, ne serait-ce que de se lever de son canapé ou de derrière son ordinateur est devenu un effort monumental quand ce n’est rien.

De nos jours, tout est facilité pour bouger, se déplacer.

De Paris, en 5 heures, on est à Annecy par exemple en prenant sa voiture.

Si on n’a pas de voiture ? On met 4h en TGV et à peine 1 heure en avion jusqu’à Genève qui se trouve à 35 minutes d’Annecy ensuite en voiture (Il y a aussi des bus pas cher).

Si l’on est intéressé par un domaine ou même plusieurs, il ne faut pas hésiter à se déplacer. Il y a forcément des événements, des organisations pas si loin de chez soi, vraiment.

Peut être qu’aujourd’hui, comme nous sommes étouffés par une énorme vague d’informations, nous ne le voyons pas mais il ne se passe pas un jour, surtout si vous habitez dans une grande ville où des événements en rapport avec les thématiques qui vous intéressent sont organisés.

Quoi de mieux que de se déplacer pour aller voir ce qui se dit et rencontrer des personnes qui partagent la même passion ?

Qu’est ce que cela vous coûte concrètement, à part du temps, que vous auriez sans doute pris pour ne rien faire ?

Si vous faites de la musculation chez vous, pourquoi ne pas aller en salle vous entraîner si vous manquez d’interactions sociales et d’un entourage ?

Enfin, parce qu’on m’a posé la question récemment dans une interview qui sortira prochainement, comment faire pour attirer les bonnes personnes à soi ?

Je pense que tout se résume à une chose : L’authenticité.

Autrement dit, prendre le temps comme j’en parlais dans ce LeaderCast, de définir ce que l’on souhaite et surtout qui on est.

Parce qu’à partir du moment où l’on est sincère dans sa démarche, cela se sent.

Parce qu’à partir du moment où on sait qui l’on est, on n’est pas là faire des concessions, à ne pas dire ce que l’on pense, à être complaisant, à être faux.

Quand quelqu’un est faux, cela se sent et n’encourage pas à faire partir de son entourage, sauf peut être sur le net, mais pour moi, cela n’est qu’apparence et n’est pas un vrai entourage.

C’est bon pour les personnes qui sont également fausses, qui ne savent pas qui elles sont, qui sont des moutons ou qui peut être ne prennent pas le temps de vraiment réfléchir à la « merde » qu’on leur déverse.

La vérité, c’est que si vous souhaitez nouer de vraie relation, vous devez être sincère.

Vous devez être qui vous êtes et selon la loi de l’attraction, qui est assez exagérée, je vous l’accorde, vous attirerez les personnes qui vous ressemblent.

Si, par exemple, je souris à une personne et que celle-ci ne me sourit pas en retour, on ne va pas finir copain, du moins il y a peu de chances.

Mais si cette personne me sourit, alors le premier contact est concluant et cela peut déboucher sur quelque chose de constructif.

Après, je pense qu’il ne faut pas absolument vouloir se construire un entourage, tout comme il ne faut pas vouloir être absolument en couple pour prendre un exemple qui parlera peut être à plus de personnes.

Les choses se font quand on est aligné avec soi-même, naturellement.

Si je veux aller sur la lune, cela se sent, ,s’entend, se voit et ceux qui veulent aller sur la lune finiront par entendre parler de moi comme j’entendrais parler d’eux et alors nous nous rapprocherons.

Je pense aussi, comme je l’ai entendu de trop nombreuses fois, que tout ne doit pas qu’être intérêt dans la vie, du moins pour ses propres intérêts.

J’ai connu des personnes qui disaient ne parler qu’aux gens par intérêt.

C’est, selon moi, la meilleure façon de ne pas se construire un entourage et surtout de finir seul.

Et comme nous n’existons qu’à travers les autres (Cf Albert Jacquard), cela n’a aucun intérêt.

J’oserais donc dire que lorsque l’on est authentique, que l’on est soi-même et surtout que l’on est ouvert, respectueux des autres et que l’on est prêt à se bouger le cul, alors on fini par se construire un bon entourage, un tribu sur laquelle compter, une deuxième et vraie famille.

Alors Loris, si tu souhaites mieux réussir, effectivement, il te faudra un entourage.

Mais ce n’est pas une question de chiffre.

C’est une question de sincérité et d’authenticité tout en comprenant, et peut être que nous en reparlerons si vous m’écrivez pour me poser la question, qu’il ne faut pas avoir peur d’être jugé parce qu’on est différent.

Ce sont nos différences qui font notre force, qui on est.

Et je suis convaincu que cela plaira à certains. Je crois d’ailleurs qu’un site de rencontre avait utilisé une formulation de ce style pour sa promotion dans le sens où il y aura bien quelqu’un qui aimera vos imperfections ?

Le tout étant de les trouver en prenant les choses en main.

Et tant pis si ça déplaît à certains.

Vous n’existez pas pour plaire à tous mais pour vivre comme vous l’entendez.

Alors raison de plus pour côtoyer les bonnes personnes,

Car Jim Rohn avait partiellement raison :

Nous sommes le reflet des personnes que nous côtoyons.

En espérant t’avoir aidé à y voir plus clair,

Rudy

PS : Si cet article vous a plu, merci de participer ! 🙂

3 réponses
  1. Jérémy CORON
    Jérémy CORON dit :

    Tu peux compter sur moi Rudy 🙂

    Bien s’entourer est effectivement une problématique de plus en plus présente aujourd’hui.

    Le plus gros problème auquel nous sommes confrontés est de rester accroché à ses relations « d’enfance ».
    De resté accroché à ces amis avec lesquels nous avons grandi mais qui, pour la plus part, n’empruntent plus le même chemin que nous.

    Qui ne partagent pas nos nouvelles valeurs, notre vision de la vie et nos projets.

    Il est ainsi important de savoir faire la part des choses et de garder ces amis là pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils nous apportent : de bons moments passés ensemble, des soirées à rire de souvenirs en commun et j’en passe.

    Mais il faut que ça s’arrête là.

    Espérer les rallier nos nouvelles valeurs et à nos aspirations est souvent peine perdue.

    Pour développer son réseau il faut aller au charbon, il faut chercher activement de nouvelles relations.
    Il faut être actif et non passif.

    Je vais à nouveau parler de mon cas perso et de mon fameux groupe immo.

    J’ai donc créé ce groupe FB privé pour me rapprocher de personnes qui, comme moi, ont une vision entrepreneuriale et une envie d’indépendance financière.

    Aujourd’hui j’ai déjà noué de véritables relation avec certains membres de mon groupe. Nous partageons régulièrement des soirées, des activités et nous nous projetons sur des investissements et des projets communs.

    S’entourer des « bonnes » personnes demande donc de sortir de sa zone de confort, d’entreprendre toutes les démarches nécessaires pour se rapprocher de ces dernières. C’est un véritable travail de fond mais les efforts en valent la peine.

    Echanger librement avec des gens qui nous comprennent et qui nous tirent vers le haut n’a pas de prix.

    Ce n’est pas en restant au contact de personnes qui ne partagent pas nos valeurs et notre vision de la vie que nous allons progresser.

    Au contraire.

    Parfois une seule rencontre peut changer notre vie.

    Il est alors important de se donner les moyens de provoquer cette rencontre.

    Et pour conclure… un petit smiley burger rien que pour toi Rudy 🍔

    Répondre
  2. michel VARIN
    michel VARIN dit :

    merci encore pour ces réflexions, encore une fois je ne peux que surenchérir. à propos de la rupture du lien social, pour bien mesurer les dégâts causés par l’ordinateur personnel puis le téléphone intelligent – qui n’est qu’un ordinateur de poche – un sociologue disait que déjà les toilettes dans les appartements avaient changé plus de chose qu’un truc « majeur » comme… l’Europe. parce qu’avant les voisins se trouvaient à papoter en attendant que le chiotte de palier se libère. si tu connais Paris ou le vieux Lyon, imagine qu’au début du siècle il y avait deux fois plus de bistrots ; les femmes se retrouvaient au lavoir ou pour une partie de tricot, les hommes se retrouvaient au café après le boulot pour refaire le monde.
    j’allais le dire comme tu le dis, les relations ne se cherchent pas. aide-toi et le ciel t’aidera ; quand tu es motivé tu t’inscris dans une salle et forcément tu vas rencontrer des gens de la même veine plus facilement, mais parmi eux-mêmes tu ne sais pas lequel fera un bon ami. et tu dois commencer par donner, sans attente de contrepartie, et si tu es sain, avec bienveillance et humilité. et déjà tu vois que la plupart des gens n’y croient pas (les filles voient déjà de la drague), il leur faut plusieurs fois pour admettre que tu échanges pour apprendre, et alors ils t’accueillent dès ce jour comme si tu leur avais filé cent balles.

    d’ailleurs dans la petite salle de fitness qui a l’incommensurable avantage d’être en face de chez moi, je m’amuse à parler de toi, à placer tes conseils en renvoyant à tes vidéos ; jusqu’à maintenant personne ne te connaissait déjà, mais du coup nous sommes déjà trois à nous échanger des trucs, nous retrouver, nous charrier sur nos progrès, et ça suffit pour mettre de la vie et de l’enthousiasme là où les gens ne se disent même pas bonjour, parce que c’est encore un autre niveau, ils arrivent direct avec le casque et ne saluent même pas le personnel… mais on voit que les gens sont en attente de lien, tous ceux avec qui j’ai échangé ne serait-ce qu’une fois reviennent au moins me saluer, et pourtant la communication n’est vraiment pas mon truc. l’autre jour un petit gars bien avait oublié ses mitaines, je lui ai spontanément laissé les miennes en partant, j’ai cru qu’il allait m’embrasser. c’est ça aujourd’hui la société : tu vois un gars qui livre chez ta voisine, tu réceptionnes pour elle, elle se sent obligé de te ramener une boîte de chocolats parce que t’as fait un truc complètement dingue. et t’as une chance sur deux qu’elle t’évite par la suite, parce qu’elle ne peut y voir qu’une tentative d’approche.

    nous qui sommes de vieux cons, nous avons vu nos parents traverser toute la vie entourés des mêmes relations, toujours courtoises, mais souvent de convenance uniquement, et du coup très superficielles. je me suis moi-même senti obligé de demander des nouvelles de mon ami d’enfance, avant que d’un ultime accord nous arrêtions de nous appeler. je n’avais pas encore lu cette phrase de Montherlant mais je la vivais déjà :
    La plupart des affections ne sont que des habitudes ou des devoirs qu’on n’a pas le courage de briser.
    depuis j’ai poussé le bouchon un peu loin, j’ai coupé les ponts avec mon cousin puis mon frère, je vivais donc coupé de ma famille considérant que cela vaut mieux que se foutre sur la gueule chaque fois qu’on se voit, quand tout nous sépare. cela n’est pas forcément souhaitable mais quand tant de gens vivent comme des moutons dans le troupeau qui les a vus naître, ça me paraît préférable à ces vies « où l’a eu peu, si peu à choisir » (Goldman). ayant fait notre chemin personnel chacun de notre côté nous avons maintenant plus grand plaisir à nous retrouver, et même à évoquer notre enfance avec nos femmes et enfants. certains ont toujours leurs « ex » qui leur tourne autour, c’est même la première façon dont les gens trompent leur conjoint je crois… le passé est mort, je ne garde rien si cela n’a de valeur usuelle. les souvenirs sont dans ma tête ou celle de mes amis, qui s’approchent ou s’éloignent. à voir toujours les mêmes têtes on se colle une étiquette « moi c’est ça, et lui c’est ça » qui bloque l’évolution. parfois ça pique parce que c’est l’autre qui s’éloigne, mais s’il ne le sent pas, il a raison. mieux vaut être seul que mal accompagné, et « j’aime la solitude assez pour l’aimer même quand je suis seul ». mais bien sûr, pour une sortie à vélo, pour se mettre à la diète, pour faire quelque chose on est plus forts à deux, et plus en groupe. et à tout âge, il n’y a rien d’aussi vivifiant que de laisser aux autres le soin de nous montrer qui l’on est en intégrant un nouveau groupe pour une nouvelle activité. j’aimais assez ça dans le vélo, on pouvait faire des dizaines de sortie avec des gars sans rien savoir que ce qu’ils étaient à vélo, ni même leur métier, on ne partageait que la route. le tout est de savoir mettre des limites, choisir avec qui l’on fait quoi, sans être machiavélique ou calculateur, et laisser de côté ceux qui ne veulent pas avancer.
    pour changer je te laisse avec Motorhead ça te fera travailler l’anglais 🙂
    Sacrifice, pay the price, blood like ice, sacrifice.
    The pain is on you now,
    Do not consider flight for gain,
    In you the poison breeds,
    Crawling with the mark of Cain,
    And no-one shall,
    Set you free,
    Again.
    Sacrifice

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