Innocent

ÊTES-VOUS INNOCENT ?

30 janvier 2019

La semaine dernière, nous avons vu « Comment bien s’entourer ? » et que cela nécessitait avant tout d’avoir confiance dans les autres, les personnes qui nous entourent.

Car sans confiance, on parle alors de méfiance et aucune relation solide ne peut voir le jour.

Récemment, sur le forum de la Formation SuperPhysique où je forme chaque jour des pratiquants de musculation sans dopage à la méthodologie que j’ai développée après avoir coaché plusieurs milliers d’élèves à distance depuis 2006, nous avons parfois des discussions qui n’ont rien à avoir avec l’entraînement physique.

Cela est normal puisque lorsque l’on travaille sur soi physiquement, cela amène progressivement à d’autres réflexions, à condition de durer plus que quelques mois et que cela s’inscrive dans une hygiène de vie.

Ainsi, Jules nous a partagé une phrase qu’il a affiché dans sa salle de cours, lui qui est professeur, afin d’y sensibiliser ses élèves :

« Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme » de Winston Churchill.

On a beau entendre et lire de plus en plus que l’échec n’est pas grave, n’est pas fatal, que c’est une occasion d’apprendre pour faire mieux par la suite, je crois qu’il est important de définir quand cela est bel et bien le cas et quand cela ne l’est pas.

Je crois que la perception que l’on a de soi et du monde qui nous entoure compte plus qu’on ne le pense.

Dans le LeaderBook qui reprend les différentes étapes communes que font toutes les personnes qui atteignent leurs objectifs, nous avons discuté de la notion d’objectif.

Or, comment peut-on se fixer un objectif élevé, croire en ses capacités si l’on se pense coupable, si l’on pense que tout le monde est coupable, que l’on est méfiant envers tout et que l’on voit les obstacles comme des montagnes insurmontables avant de commencer ?

La perception que l’on a de soi-même détermine la façon avec laquelle on se traite. Si on a fait, d’après soi, de mauvaises choses dans son passé, d’après son propre jugement, il est difficile de croire que d’autres personnes font au mieux et que l’on peut leur faire confiance.

Par exemple, en musculation, si l’on n’est pas capable de suivre une alimentation stricte parce que l’on manque de rigueur, de discipline, de cadre ou tout simplement de motivation intrinsèque, il est difficile de croire que certains y arrivent et s’y tiennent pendant des années non-stop.

Si l’on est un voleur, on va avoir tendance à penser que tout le monde est un voleur.

Si l’on a tendance à tricher, on va généraliser son cas et croire avec certitudes que tous les gens que l’on croise sont des tricheurs.

Alors quand y réfléchissant un peu, on sait que cela est faux.

La première leçon à tirer de cela est qu’il ne faut pas généraliser son cas. Vous êtes vous, uniquement.

Vous avez peut être triché, vous avez peut être volé, vous ne faites peut être pas certaines choses correctement mais cela ne signifie pas que d’autres ne le font pas.

D’autre part, en tant qu’être humain et sans doute français, nous avons la particularité de ne pas accorder notre confiance facilement, d’accorder surtout notre méfiance.

Il suffit que quelqu’un nous ait trahi pour que tout le monde soit un traître, que l’on se méfie de tous.

Il suffit que quelqu’un ait eu un comportement qui ne nous a pas plu pour que l’on traite n’importe quelle personne, qui pourtant, ne nous a rien fait, de la même façon.

Et comme nous sommes bercés d’un climat d’abus en tout genre, forcément, nous nous imposons des limites.

Nous voyons tellement d’abus autour de nous que nous croyons que c’est la norme, que tout le monde abuse.

Un autre exemple, dans l’entreprenariat, si une de vos connaissances a tenté de lancer son business et qu’il a échoué, vous prendrez peut être cela comme l’impossibilité pour vous d’entreprendre avec succès.

Peut être parce que vous estimiez que cette personne était plus intelligente que vous, sans que cela soit jugée de manière objective.

J’ai d’ailleurs tendance à penser que chaque personne a sa propre intelligence, différente de celle du voisin et qu’en cela c’est une force et non une faiblesse.

La faiblesse serait de se comporter comme le voisin, en essayant de l’imiter alors que la bonne façon de faire pour soi, c’est de faire avec sa façon, en respectant quelques codes (Cf LeaderBook).

L’entourage joue également énormément. Si l’on est dans un milieu où personne ne prend ses responsabilités et rejettent la faute sur les autres (Alors, qu’entre parenthèse, ce qui nous arrive, est presque toujours de notre faute), comment faire preuve d’innocence ?

Si la « norme » pour nous, c’est d’être médiocre, de se plaindre, comment ne pas se sentir coupable d’être différent, de vouloir autre chose ?

Comment ne pas se brider ? Comment faire preuve d’innocence si tout le monde est coupable ?

Je vais vous dire comment je fais.

Comme vous tous qui me lisez aujourd’hui, on m’a fait de sales coups, on m’a « volé » des idées, on m’a trahit. C’est la vie, personne ne vit sur un long fleuve tranquille où rien ne se passe. Je ne suis ni tout blanc, ni tout noir non plus.

La vie, ce sont des hauts et des bas.

Mais j’ai intégré plusieurs choses, peut être parce que j’ai grandi en lisant des tonnes de comics, en me basant sur le comportement de super héros tel Kal-El.

La première chose que je sais, c’est ce que ce n’est pas parce qu’on a mal agi que l’on va une nouvelle fois mal agir. Ca arrive à tout le monde faire des conneries plus ou moins importantes mais cela n’a pas à nous définir ou à définir quelqu’un pour la vie.

Dans le meilleur des cas, c’est à dire pour les personnes qui réfléchissent comme vous et moi, on change, on se remet en question, on évolue. On est capable de faire preuve d’intelligence sociale.

Quand j’avais 15-16 ans sur les premiers forums de musculation sur le net, je disais tout ce que je pensais dès que quelqu’un postait ses photos. Si une personne « manquait » de volume musculaire aux bras, je lui disais. Je ne faisais preuve d’aucune intelligence sociale à l’instar de Mike Mentzer dans le livre « Mr Amérique » qui lui est consacré et qui lui a valu de se mettre tout le milieu du culturisme professionnel à dos avec la fin tragique qu’il a vécu.

Heureusement, avec les années, j’ai appris à tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de commenter ou de répondre à quelqu’un sur internet. Le livre « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie m’y a énormément aidé d’ailleurs.

La deuxième chose, c’est qu’au lieu de catégoriser, de classer chaque individu dans la case bon ou mauvais, je pardonne.

Certains pourront penser que je suis un pigeon, que je me suis fait avoir mais je laisse mon ego de côté, la porte ouverte et je pardonne facilement.

J’ai toujours l’espoir que quelqu’un change sa façon d’agir, de penser, qu’il reviennent en parti sur ce qu’il croit savoir aujourd’hui.

Je le fais alors pourquoi d’autres personnes n’en seraient pas capables ?

Quand un comportement est bon, du moins que je le juge bon, je le généralise plutôt que de penser que c’est une exception. C’est peut être là une différence importance avec ce que font la majorité des gens ?

En troisième, je crois que chaque être humain est bon au fond de lui, que personne n’est mauvais, que personne ne veut réellement faire le mal autour de lui ou mal agir.

Cela signifie, à l’instar de la scène (attention petit spoiler) que comme San Goku dans le film « Dragon Ball Super – Broly » que je crois et que j’en suis même convaincu que même un « ennemi » n’est pas « mauvais ».

C’est pour cela que je parle plutôt de collègues que de concurrents pour les personnes qui font plus ou moins, aux yeux du grand public, les mêmes activités que moi.

Je vois l’entraide indirecte plutôt que l’opposition, parce que cela m’aide à m’améliorer, à faire mieux.

C’est peut être une vision angélique pour certains, j’en suis conscient mais pourquoi penser le pire quand on peut croire dans le meilleur ?

De base, je fais donc confiance à mon prochain, surtout à ceux qui font parti de mon entourage, de mes groupes parce qu’ils sont une extension de moi.

Si on donne sa confiance, on en reçoit en retour.

Si on donne sa méfiance, on en reçoit aussi en retour.

A se méfier de tout, on ne tisse aucun lien et on n’avance pas, on ne va nul part.

Sur le Club SuperPhysique qui est l’un de mes projets collaboratifs en musculation, des compétitions sont organisées en fonction des différents niveaux. Ainsi, nous avons trois catégories où en théorie, chaque participant se retrouve dans la bonne.

Mais certains ne peuvent s’empêcher de voir le mal, d’imaginer que certains trichent, ne sont pas dans la bonne catégorie, qu’ils se limitent exprès pour ne pas être en division 2 ou en division 1.

La question est : « Pourquoi pensent-ils cela ? »

Parce qu’ils ont tendance à généraliser soit leur propre comportement soit celui de personnes qui ont ou qui trichent.

Alors que je choisis de donner ma confiance à tous ceux qui acceptent les règles du jeu et d’aviser si nécessaire lors de la prochaine saison.

Cela me rappelle quand nous avions créé la Team SuperPhysique afin de montrer aux pratiquants de musculation quel niveau il était possible d’atteindre sans prendre de produits dopants.

Combien de personnes, encore actuellement, crient au scandale, disent que ce n’est pas possible, se mettent des limites.

Si l’on imagine le mal partout autour de soi, on n’attaque jamais rien, on ne fait rien.

Si on a un projet qui nous tient à coeur, on doit justement avoir cette innocence, cet enthousiasme qui permet de continuer malgré les échecs, de ne pas se laisser abattre, de ne pas tirer de conclusions définitives.

Si avant même de lancer un nouveau site, je me fixe des limites par rapport à ce que je peux faire, si je me concentre sur les embûches, alors je ne ferais rien.

Si on part du principe que l’on fait du mieux que l’on peut, alors pourquoi voir le « mal » ?

Je vois cela chez beaucoup de personnes que je qualifierais à fort potentiel qui n’osent pas gagner leurs vies avec ce qu’ils font sur le web, comme si gagner de l’argent en échange de son travail n’était pas honnête, qui se sentent coupables et qui au final, ne se lancent jamais alors qu’ils pourraient accomplir bien plus avec de l’argent (qui est un démultiplicateur de possibilité et qui doit d’abord être vu ainsi).

Si vous commencez la musculation et que vous vous concentrez sur les difficultés, que vous ne faites pas preuve d’innocence, j’oserais même dire de crédulités (à tort ou à raison), jamais vous ne progresserez vraiment.

Au mieux, vous plafonnerez après avoir avancé un peu.

Mais si vous pensez que tout est possible comme un enfant, si vous pensez que vous pouvez sauver le monde, alors peut être bien que vous y arriverez.

Moi, je le crois, vraiment. Peut être suis-je fort en auto-persuasion aussi ? 😉

Mais si vous vous jugez coupable, incapable, mauvais, alors vous êtes coupable envers vous-même et envers le monde.

Parce que vous le privez de ce que vous pourriez faire pour l’améliorer, de faire votre part, quelle qu’elle soit.

Peut être qu’au lieu de parler d’innocence, il faudrait parler de positivité, de possibilité, de bienveillance.

Parce que si l’on en fait preuve, alors comment ne pas voir le bon partout ?

Vous n’aurez alors plus jamais peur d’échouer.

La vie est, de toute façon, plus belle en rose.

Rudy

Ps : Si cet article vous a aidé, merci de jeter un oeil à ceci.

 

2 réponses
  1. Pierre Bouttier
    Pierre Bouttier dit :

    Dans « The four », l’auteur nous parle pas d’innoncence, mais de courage allié à de la stupidité pour ne pas voir que les projets entrepris ont de grandes chances d’échouer. Il dit qu’un individu intelligent ne ce lancerai pas dans quelque chose avec si peu de chances de réussites !

    Dans les livres de Talleb, il dit que les américains ont cette tendance là, ils vont vite et ce crashent vitent, sans voir les problèmes, alors qu’en France, on y va à tatons et on avance très peu.

    Personellement je choisi le courage stupide, personne ne ce soucis des échecs, alors autant y aller franchement 😀

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  2. Adrien
    Adrien dit :

    Un grand homme a dit un jour que: « Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ».
    La réussite n’apporte rien en soi, franchir la ligne d’arrivée n’est pas grand chose, c’est le chemin parcouru que l’on retient, les doutes, les peurs, les blessures.
    Je crois que chaque chose négative qui nous arrive est une occasion; une occasion de prouver notre valeur face à la difficulté, la souffrance, c’est là que l’on reconnaît la véritable vertu d’un homme, une fois repoussé dans ses derniers retranchements.

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